‹ Nouveaux fragments philosophiquesChapitre 32 sur 50 · SA · texte numérisé non relu

SA

EUNAPK.

le spectacle de l’étal déplorable oh était tombée Athènes privée de tout intérêt sérieux , réduite à assister à des jeux de bel esprit , à applaudir des exordesel des péroraisons , et des traits d’éloquence , tels que ceux qu'Eunape nous rapporte avec un enthousiasme ridicule. Quand on voit à découvert la misère d’une pareille civilisation , on est moins tenté d'accuser les invasions des barbares , et l’on ne sait en vérité ce que serait devenu le monde sans le christianisme. La philosophie seule sollicite encore et soutient l'attention de l'ami de l’humanité , parce que , dans ses aberrations mômes , il y a encore un peu de grandeur et de vie ; mais partout où elle n'est pas , le paganisme ne présente que le spectacle d’une dégradation complète et les signes d’une dissolution inévitable. Nous parcourrons donc rapidement toutes ces biographies de rhéteurs , y signalant seulement les points qui ne seront pas tout à fait dépourvus d'intérêt. Dans la vie de Proærésius, il faut lire attentivement un passage' sur le mode d’élection des professeurs de rhétorique à Athènes, et la répartition des élèves entre les différents professeurs , selon leur pays. Déjà Godefroy a tiré un assez grand parti de cet endroit dans sou commentaire sur le code de Théodose (i). 11 ne faut pas

(i) Ibid., p. 79. Godefroy, sur Io Code de Théodose, !iv. xm , litre m, p. 37-47. Cresoll., in Thcatr. rhetor. , iv, 1, p. 370; Olcarius ad Philost. , p. 506; voyez aussi Lefèvre (Nouvelle Athènes, p. 4), cité dans la note de

Digitizëd by Coogk

El'NAPE.

iir.

négliger non plus quelques lignes où il est question d’un jurisconsulte nommé Anatolius , né à Béryte , ville qu’Eunapc (t) appelle la mère de la jurisprudence. Il parait que cet Anatolius (s) jouit d’un grand crédit à la cour de l’empereur , et fut nommé préfet du prétoire. Dans une tournée qu’il fit en Grèce , Anatolius vint à Athènes assister aux exercices littéraires , et il protégea puissamment Proærésius. Celui-ci , étendant de jour en jour sa réputation, fut appelé dans les Gaules par Constance Cæsar , puis envoyé à Rome , où on lui éleva une statue d’airain de grandeur naturelle , avec cette inscription qui dit tout sur l’esprit de ces temps : Borne , reine du monde , au roi de l'éloquence (s). A la fin l’empereur le laissa retourner à Athènes, en lui conférant de hautes dignités ; mais Rome , ne pouvant se passer de rhéteurs , redemanda Proærésius ou du moins un de scs disciples , et Proærésius lui envoya Eusèbe d’Alexandrie (i) , homme qui était fait pour

M. Boisson n a cl e , p. 361 . Sur l’admission au titre d’étudiant, voyez Wyttenbach, 280.

(t) Ihid., p. 85; Bach., llitt. jur., un, c. 11, 45; Villoison, Acad, des inscripl.,i . xlvii ; Wolf, sur la lettre 274 de Libanius, cl Spanheim sur Julien, p. 120 ; Godef., Cod. Theod., t. vi, p. 113.

(*) Ibid., 85. Voyez, sur Anatolius, Godefroy, Cod. Théodos., t. vi, part. 2, p. 358; Valois, sur Amm. Marc., p. 243; WerusdoriT, sur Himerius, p. 206.

(5) Ibid., p. 90; Libanius, Episl. 278 ad Maxim.

(4) Ibid., 91. Là finit le commentaire de Wyttenbach. M. Boissonnade ne dit rien sur cet Eusèbe. Fabricius,

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