COMMENTAIRE SUR LE PREMIER ALCIBIADE
Initia philosophie ac theologi.c ex Plalonicis fontibus duc la , sivc Procli cl Olympiodori in Platonis Alcibiadem commcnlarii; ex codé, manuscr. nuncprimum edidil Fried. Creuzer.., Francofurli ad Mœnum; pars prima 1820, pars secunda 1821.
Quoiqu’on ait, clans ces derniers temps, attaqué avec des raisons assez spécieuses l'authenticité du premier Alcibiade (i), l’élolc platonicienne a toujours régardé ce dialogue comme appartenant à Platon et comme un de ses meilleurs ouvrages, et même comme celui qui sert d’introduction à tous les autres, et, pour ainsi dire, de degré pour arriver jusqu’au sanctuaire de sa philosophie. En effet, V Alcibiade traite de la nature humaine; or, c'est avec nous-mêmes et les
(i) Voyez contre l'authenticité de YAcibiade , Boeckh, dans l'édition de Buttmann, p. 210; Schleicrmacher, Platon’ s IVerke Einleilung zu Alcibiades, t. i*': Ast, Platon s Leben und Schrijjlcn, p. 435; et, en faveur de raulhcnlicité de ce dialogue, Thiersch, M'ien-Jarbuecher, 1818, vol. ni, p. 59; Socher, V per Platon’ s Sclirifflen, p. 112-118 ; et notre Argument de l'Alcibiade, trad. française de Platon, t. v.
PROCLÜS.
facultés dont nous sommes doués que nous étudions et connaissons toutes choses. S’ignorer soi-même, c’est ignorer le seul instrument dont on puisse se servir; c’est ignorer la mesure de ses forces, par conséquent se condamner à les employer aveuglément et s’exposer à mille aberrations. La connaissance de nous-mêmes est donc la condition de toute connaissance régulière. 11 y a plus : nous ne pouvons nous faire aucune idée ni de la cause première ni de la substance infinie, si nous ne nous faisons une idée claire de ce que c’est qu'une cause et une substance ; et celle idée, rien ne peut d’abord nous la donner que nous-mêmes. C’est en nous, c'est dans le sentiment de notre activité volontaire et libre, et dans le sentiment de l’existence une et permanente que cette activité constitue, que nous puisons les notions de substance et de cause qu’une induction sublime, fondée sur une observation d’autant plus sûre qu’elle nous est plus intime, transporte immédiatement et au monde extérieur dont elle nous révèle les forces limitées mais réelles, et à celui au delà duquel il n’y a plus rien à chercher en fait de cause et en fait «le substance, et qui est l’existence et l’activité éternelle et absolue. Ainsi, soit quand on entre dans le fond des choses, soit quand on s’arrête à la question préliminaire de toute sage philosophie, celle «le la méthode, on reconnaît que l’étude de la nature humaine est la préparation necessaire à toute connaissance légitime, et que la psychologie sert de base à l’ontologie et à la théolo gie elle-même. Voilà ce qui peut expliquer comment
M. Creuzer a donné à une édition de deux commentaires sur le premier Alcibiade le titre d' Initia philosophiœ ac theologiœ.
Nous ne nous occuperons ici que de la première partie de cette édition, c'est-à-dire du commentaire de Proclus. Marcile Ficin avait traduit en partie ce commentaire (i); Bentley («), Fabricius (») et Gessner(i) en citent quelques passages. M. Creuzer en avait donné un fragment considérable à la suite de son édition du chapitre de Plotin sur la beauté (s). Enfin l'auteur de cet article le publia tout entier dans sa collection complète des œuvres inédites de Proclus d’après les manuscrits de la bibliothèque royale de Paris (e). Mais heureusement pour Proclus, presque simultanément l'édition de Francfort, en comblant les vœux des amis de la philosophie ancienne, exprimés par l'éditeur français lui-même, vint répandre sur les pages obscures du philosophe alexandrin toutes les lumières de l’érudition allemande et d’une expérience consommée. Un peu plus avancés dans la connaissance de la philosophie grecque que nous ne l'étions à celte époque, c’est aujourd'hui pour nous une récompense suffisante de nos premiers efforts, d’avoir pu nous rencon-
(t) Venise, 1497, 1303, 1316. Lngduni, 1349.
(*) Epist. ad Mill. p. 3. sq. Oxon. — (s) Sext. Empiric. p. 397.
(4) Fragmenta Orph., p. 407 ; ed. Hermann, p. 307.
(5) Heidelberg, 1814, p. 77-126.
(o) Paris, 6 vol. 1820-1827.
trer, à noire début, dans la même pensée cl sur la même roule que M. Creuzer, el d'avoir fail nos premières armes avec un vétéran couvert de gloire. Et certes nous ne croyons pas faire ici un grand acte de modestie, en cédant l'honneur de cette première journée à lin pareil adversaire, el en avouant loyalement que l'édition de Paris ne vaut pas celle que nous annonçons.
M. Creuzer a eu à sa disposition dix manuscrits, trois de la bibliothèque de Munich ( i), un de Venise (s), un de Hambourg (a), un du Vatican (»), un de Levde(s), avec trois fragments tirés d’un manuscrit de Darmstadt (o) et de deux manuscrits du Vatican ( 7 ). Malheureusement tous ces manuscrits ensemble ne complètent pas le commentaire de Proclus , qui , dans les plus étendus , ne va guère que jusqu'à la moitié de YAlci-
(t) N” 433, du xv* siècle; n° 307, du xvi* siècle; n” 403, du xv* siècle. Ilardt, dans son Catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque royale de Munich, t. iv, parle d'un manuscrit, n" 98, qui n’y est [dus.
(s) M. Creuzer ne donne sur ce manuscrit de Venise aucun détail, ni le numéro, ni l'àge.
(Sj N* C. 13, apporté à Hambourg par I.. Holstcnius, copié de sa main sur les manuscrits du cardinal Itarbcrini, et collationné sur un manuscrit de Peiresc.
(4) N" 1032 C'est le plus ancien de tous les manuscrits de Proclus sur V Alcibiade.
(5) K* 24, récent.
(o) Du xm* ou xiv* siècle, dit M. Creuzer dans sa préparation au chap. de Plolin sur la beauté, p. 138.
(7) Vaticano-Palatin, n° 03. Valicano-Otlobonien, u“2H.
PKOCLUS.
biade ( i). De plus, tous ces manuscrits soûl défectueux; tous sont remplis de lacunes , peu considérables, il est vrai , mais très- fréquentes , surtout sur la lia ; et ceux qui ont un peu moins de lacunes que les autres ont des leçons plus vicieuses. 11 semble donc que la raison et la nécessité demandaient que le texte fût constitué , non sur un seul manuscrit , mais sur la collation de tous , de sorte que les lacunes des uns étant comblées par les autres , et les mauvaises leçons de ceux-ci réparées par les meilleures de ceux-là , la totalité des manuscrits donnât ce qu'on aurait pu tirer du meilleur pris isolément , savoir le vrai texte , ou le texte probable de l'roclus. En effet , telle doit être une édition vraiment critique ; et nous regrettons que M. Creuzer se soit contenté de publier les matériaux d’une édition définitive , au lieu de la faire lui-mème, et que, pouvant tirer un excellent texte de tous ses manuscrits réunis et comparés , il sc soit résigné à prendre pour base celui de Leydc , qui est très-défectueux , sauf à le rectifier dans les notes par les variantes des autres manuscrits. Il en résulte qu'à moins de faire sur l'ouvrage de 11. Creuzer, sur son texte et sur ses notes, précisément le travail d'un homme qui voudrait luimême donner une édition nouvelle de ce commentaire de Proclus , on est réduit à un texte perpétuellement vicieux et qui peut induire dans toute sorte d'erreurs.
(l) O’uôiv âpa. ffiv xotifiiv, xaôôao* y.aXh * , xaxàv, oùoè t«5v xiaxpû » , xaOàaov airxpbv , àyavOiv. Où fctlvtreu. Bckk. p. 328.
M. Oeuzer prétend que c'est l'usage de toute édition princcps d'être ainsi fondée sur un seul manuscrit; mais d'abord nous avons bien quelques raisons pour ne pas regarder l'édition de Francfort comme la vraie édition princeps, puisque celle édition en cite une autre; ensuite, si les premiers éditeurs ne donnent souvent qu'un seul manuscrit , c'est qu'ils n'en ont pas davantage. Enfin , ou peut , à la rigueur, concevoir ce procédé quand il y a un manuscrit célèbre, supérieur à tous les autres , cl par son antiquité et par la bonté de ses leçons , et dont on croit devoir reproduire jusqu'aux défauts , parce qu'ils sont extrêmement rares ; ou lorsqu'il s'agit d'un auteur classique dont la diction inspire un respect si religieux qu’on se contente de donner le texte ordinaire etde rapporteren note les leçons diverses les plus minutieuses, sans oser se prononcer entre elles, ou du moins sans oser introduire dans le texte celles qui paraissent préférables. Mais ici nous avons affaire à un philosophe du v e siècle, dont le style est excellent sans doute pour le temps , mais ne peut imposer à la critique aucun scrupule superstitieux. D'autre part , le manuscrit de Leyde n'est ni plus célèbre , ni plus ancien que les autres ; il est même inférieur à celui du Vatican, car s'il présente un peu moins de lacunes, ses leçons sont généralement beaucoup plus défectueuses, et , au lieu du petit nombre de secours que possède ordinairement un premier éditeur, M. Creuzer avait en sa main ce qu'un dernier éditeur se trouverait trop heureux d’avoir pu recueillir, une collation de dix ma-
nuscrils. Si M. Creuzcr cherche des exemples autour
de lui , il n’en trouvera pas (pii le justifient : car si M. Ast (i) et M. Stallhatlin, les seuls qui, dans ces derniers temps en Allemagne, avec M. Creuzer, aient publié des manuscrits grecs philosophiques, ont pris pour hase de leur texte un seul manuscrit , c'est faute d'en avoir plusieurs. Eu Italie, M. Mai peut donner la même excuse ; mais quiconque a pu faire autrement n’a certainement pas manqué de le faire , et n'a pas abandonné à un futur éditeur la tâche qu'il pouvait remplir lui-même et l'honneur d'une édition critique et définitive* Nous ne citerons pas à M. Creuzer notre propre exemple pour le commentaire de l'roclus sur le Panne nidc , où , n'ayant que les quatre manuscrits de la bibliothèque royale de Paris , nous n'avons pas hésité à choisir entre les levons de ces quatre manuscrits, et à essayer d'en tirer le meilleur texte possible. Mais nous lui proposerons un exemple qu'il ne récusera pas sans doute, celui de M. lioissouuade , qui, dans sou édition princep» du commentaire de l'roclus sur le Cralyle (*) , a , malgré sa circonspection ordinaire, employé librement les deux manuscrits qui étaient à sa disposition , et , sans s’assujettir à aucun d’eux , les a fait concouru à rétablissement du seul texte légitime.
(t) Dans son édition du Phèdre, Leipzig, 1810, M. Ast a public le Commentaire inédit d’Hermias sur le Phèdre; et M. Stallhaum a publié celui d’OIympiodore sur le Plnlèbe, dans son édition de ce dialogue, Leipzig, 1821.
(«> Procli Scholiain Cralylum, Leipzig, 1820.
Au reste , nous laisserons ici de côté les discussions philologiques qui se rapporteraient plus à lediteur ou aux éditeurs de Proclus qu'à Proclus lui-même, et ne seraient guère à leur place, quand il s’agit d’un ouvrage très-célèhre, mais très-peu connu , et sur lequel l'attente du monde savant , depuis longtemps excitée , a besoin d’être satisfaite. On veut savoir ce que renferme ce vieux monument, soit sur les idées philosophiques de Proclus cl de l'école à laquelle il appartient, soit sur le système mythologique que les Alexandrins mêlaient sans cesse à leurs spéculations , soit enfin sur toute l'histoire de la philosophie grecque , où il y a encore tant de lacunes, tant d’époques obscures , tant de noms et même d'écoles dont la célébrité est restée purement traditionnelle , faute de monuments qui aient traversé les âges. C’est sous ce dernier rapport que nous étudierons spécialement ce commentaire de Proclus sur V Alcibiuile . Nous rechercherons soigneusement toutes les données historiques qu'il peut contenir, toutes les lumières nouvelles qu’il peut jeter sur les systèmes philosophiques antérieurs et contemporains.
De toutes les époques de la philosophie ancienne, celle qui manque le plus de monuments positifs, est et devait être la première , qui s’étend jusqu'à Socrate ; cette époque, où l'esprit grec, sortant peu à peu des liens de l’Orient, et des mythes étrangers qui entourent son berceau, se cherche, pour ainsi dire lui-même, et marche à travers les routes les plus diverses , et par
rnocujs.
toute sorte de tentatives plus ou moins heureuses , à cette pureté et à cette sévérité qui le caractérise , lorsqu'il est arrivé enfin à sa véritable forme dans la seconde époque de la philosophie, sous les auspices de Platon et surtout d'Aristote. La première est un pénible enfantement de la seconde , une période de tâtonnements dont les monuments rares et fragiles n'étaient pas de nature à traverser les siècles. En effet, c’étaient la plupart du temps des poèmes que leur auteur confiait à la mémoire de quelques amis , ou renfermait dans le secret d'un temple ou d'une école. Les Ioniens seuls se distinguent déjà par le goût de la liberté; ils aiment la publicité, font des expériences, imaginent des hypothèses , et , sans abandonner la poésie , commencent la prose. Mais la gravité dorienne s'enveloppe encore de mystères, n’écrit qu’en vers , et retient les habitudes de l'esprit sacerdotal et oriental. C'est par là précisément que l’école pythagoricienne était chère aux Alexandrins, qui dans leur prétention de réunir la philosophie et la mythologie, la Grèce et l'Asie, devaient surtout porter leurs regards vers le système et le temps où elles n’étaient pas encore nettement séparées. Aussi est-ce à eux que l'on doit d’avoir sauvé beaucoup de fragments précieux de ces premiers âges; on les accuse même d’en avoir fait eux-mêmes , quand ils n'en trouvaient pas , ou d'avoir arrangé , développé cl systématisé à leur manière le petit nombre de sentences ou de vers échappés au naufrage, Initie accusation porte particulièrement sur une partie des poésies
— - D f gmgCTTby^G oo^le
ses
orphiques , et sur « es autres poésies sacrées , attribuées à Zoroastre et nommées oracles chaldmques , parce qu'elles ont la forme d'oracles, qu'elles passaient pour être venues originairement de l'Orient, et représentaient aux Grecs ce qu'ils appelaient la sagesse étrangère. Quoi qu'il en soit, à la rigueur, de l'authenticité de ces poésies, il n'est pas moins vrai que, pures ou altérées, arrangées en partie ou même totalement controuvées, les idées fondamentalesqu'ellcs expriment n'appartiennent point à leurs rédacteurs alexandrins, et remontent traditionnellement à la plus liante antiquité. La forme peut en être plus ou moins récente , même dans ses archaïsmes alfectés , mais le fond est certainement antique. Aussi la critique moderne, qu'on n'accusera pas de complicité avec les Alexandrins , a-t-elle recueilli les moindres parcelles de ces débris curieux ; et même, à défaut de fragments nouveaux , elle a rassemblé avec le scrupule le plus minutieux toutes les variantes de quelque intérêt qui pouvaient la conduire à mieux comprendre ces textes obscurs et à les bien constituer. Nous citerons donc ici tous les fragments orphiques que contient ce commentaire de Proclus.
Pages GA et G5. Le Théologien des Grecs appelle • l'Amour aveugle :
Nourrissant dans son cœur l’aveugle , l'indomptable Amour.
Uot/iuivuv ■apanliianv àtû/i/ia tov, ûxùv "Epaira.
se*
Page 74. Dans Orphée, Jupiter dit à son père Kronos :
Guide notre race, illustre démon.
M OpBoo vifiirépvi'* yevrJjv, àptitixtrt £at/*ov.
Page 66. Le Théologien dit :
Le mol amour et Inintelligence funeste.
'A%pbç “Epoiç (ç^joiv) xai fJY t Ttç àr zaOscXoi.
El ailleurs :
Onx auxquels s'attache ce puissant démon , il les poursuit sans cesse. OZotv STTS/iêjëaùs «ai/iwv piyat; àiiv in' Î^vï).
Et ailleurs :
L'intelligence, la première puissance productive, cl le charmant A mour . Kai p?,x «ç ixpûxo; yevixup /.ai ipu; ixoXoxepTtfit-
Ailleurs encore :
Tne seule puissance, un seul démon, maître souverain de toutes choses.
”Ev xpxxot, tTç Sxlp oiv yivixo pi-/ a? xp/bç âitâvTMv.
Page 83. El comme Orphée représente Bacchus sous la direction cF Apollon qui le détourne de se mêler aux Titans et l'empéclie (F être détrôné , de même...
Kai pot SoxtX, xxOxntp'Qpfii t; iyiorijot xü fSxnXeT AiovÙom nijv povxàa r>jv ’Airoiiomaxijv» ànoxpinoutav aùx'ov x f,( tif xb Tsravixàv xzXf.Boi irpoéoou xxi x iÇxvxa xioihi; xoü fixai- Xstov Bpovou xai fpovpovaav aùràv aypxvxo-J i* t?, ivûatt, xxrx xx au xx St i xxi i Xutxpxzovç Sxipuv mptxyuv uiv aùràv ri< Tj)V votpixv nipianb* cnl%av Si xüv npbi xoù; TroXXoùf owcv- «Sv. Kai y itp àviXoyov i ait Sxlpotv iaxl rû ’AitoAAosvt, oit xSot wv aùroû, i Si Swxpxxovf Xoyot tü àioniao).
MS
Page 219-220. La loi est le conseiller de Jupiter, comme dit Orphée.
H -rptSpos yh-p i và/io; t oj Ac 6{, S>ç friitv ô
Ruhnken , dans ses recherches sur les commentateurs de Platon , avait déjà trouvé ces fragments orphiques dans ce commentaire alors inédit de Proclus ; des mains de Ruhnken ils passèrent dans celles d'Ernesli , puis dans celles d'Hainherger, qui les ajouta à l’édition deGcssner. Hermann les a reproduits dans la sienne, pages 507-508, Fragment. Orph. inédit. Bentley , Epist. ad MUL, en avait, de son côté, cité quelques vers. De ces passages, les deux derniers, le premier et deux vers du troisième ne nous ont été conservés que par ce commentaire ; les autres vers , savoir, r O pôou d' ifpuTt'p^v... (i) K ai /xijrit... (s) "Ev xpxroi (s) se rencontrent aussi dans d'autres ouvrages de Proclus , et dans plusieurs autres auteurs. Nous remarquerons seulement que la leçon ir’ïxn 1 , au lieu de i’r/<r%vÿ , donnée par Gessner et Bentley , est ici confirmée par le manuscrit du Vatican , D., et les deux manuscrits de Munich, A. B.; et la leçon êxip&Cx&i, que donnent Bentley et le manuscrit de Paris , par les manuscrits G. E. de M. Crcuzcr.
Pour épuiser les documents orphiques que fournit
(t) Proclus, sur le Tinue, u* part., p. 63.
(s) Ibid., p. 102 , in» part. , p. 156. Eusébe, Præparat. evangel., m , 9.
( 3 ) Proclus, in Timamm, ni* part., p. 171. Eusèbe, Præparat. evangel., m, 9. Clem. Alex., Stromat.
26b PROCLCS,
le commentaire de Proclus , il faut encore faire connaître ici un fragment qui ressemble beaucoup, il est vrai , à un des fragments précédents , mais qui contient un demi-vers remarquable ;
P. 233. 1 A c»t Jupiter qui voit tout cl le mol Amour.
Kai y kp p 7 t rn ss ri ixpûrot yevérup xai "E put TtoXvrtpiziit , xai b "Epo>( npitusix ix toù Aiô{ xai suvuirtsrjj rû Ait rtp&rui cv TOt( -.OjjTOÎf ixeî ykp b Zsù; b Ttavinri is sari xai àêpbç "E put, 015 'Opftbf ÿnjsiv.
L’expression Zeit c ravoir rt/ç ne se trouve guère que là et dans le commentaire de Proclus sur le Timce , II® part., p. 102.
Quant aux oracles cbaldaïques, voici ceux qui sont cités dans ce commentaire sur V Alcibiade :
P. 20. Le Père a mis dans toute chose le lien enflammé de l'Amour.
Jlâoi ykp, w( ri Aéyia f>î»iv, iviantipn b nariip Str/ibv •nvpiGptdr, "Epurât.
P. 40. Ne regarde» pas les dieux que le corps uc soit purifié.
Aii) xai ot flsoi rrapaxeisûovTai /i'o itpônpov tlt «xttvou* pXixtfJ, itplv Taïj ànb TéSv tsAstüv fpotxOüptv ouvà/staix,
Où y kp xpè xsivouj si jiXintiv, rtpiv aüfia rei:rBf,t.
Kai Stk roCro rk Adyia npoaridritriv Sri ràj âiJyovres
àti tû» TtisTÛv âüàycustv.
P. SI. IA est l'onile paternelle...
"Oirov itarpixii poiât i art, rb Ao’yid» y»jsi*
P. 32. Cette trinilé gouverne et constitue toutes choses.
Uixra y kp »» rpirt toÎsJ*, çrjoi rb Ao'yiov, xuêt^vÎTat rc
ton
xxl tari, xxl Six -roïnoxal rot; ùiovp/oï( cl Btci itxpxxiXtvovxxt Six rf,( xpixSo; Taûr nif éauroù» rû Otù euxiirri i».
P. 0-1. Il pénètre tout cl unit (oui.
Tovtoï yi/s ri» Ôcow cvjStxtx'ov nxvrciv ini&rixopx xxl rot Adyca xa/«".
P. 03. Il t'élança II- premier de l'intelligence revêtu de feu , cl comme un feu qui unit tout.
*0{ ix voeu UOops npiixo;
Errxuuc; itvpl rtï/p cvvSiaptov’
P. 117. LMtoiifloir du véritable amour.
OÔtm yxp aùràv & ix x'Z QxlSpia Suxpirrj; Inuvb/ixctv, Sianip oîpxi , xxi xx Arfyta, itvtypbv “Epure; iXrjOcO;.
I*. 138. Le dernier vêlement qu'il faut dépouiller, c’est l’ambition , afin qu'étant à nu , comme disent les oracles...
‘Er/xrci Xirùv «»T<v xnoSvxioi i tiit çt/or ipix; îvx yujuvijrt{, W{ frtci rà Kiyiov, yr/ovoxi; iaoTOÙj rü Otü npoeiS piicofitv, Xôyo; xxBxpb ; xxi tlXtxptvr,; y i-n/iivci, xxl nivxx xxxxXixiivnt r'x jt xOri nipl y^v, ixOv rttp irx^Oti , xat ralç Otixt { Çwatî ixvroùi i(optoiCüexvres.
P. 177. Sauvée* par ta force...
SaÇâ/ttvxt SC if,; x/xf,ç.
P. 180. Jusqu'à ce qu'étant à nu, comme disent les oracles....
. . . ici; xv yapjf,rt; yucphn , xxxx xb Aoyio» , aùroîs owxfOfj xoîi àiXoïi lïSiu xxl %optvxoii.
P. 243. Il faut fuir la foule des hommes qui marchent en troupeaux , nous disent les oracles... KixctOtv oûv xpyopboi; ftvxxiov xb itX^ûos xüv àvBpiirxav
PItOCLUS.
Tüv à-/tXr)ààv iôy twv, St{ f >jti to Aoyio», xai e&TI TaΣ Ça)cn; «ûtûv oüt£ rats tc(dr>îir( xojvawjTto*.
Quelques-uns de ces fragments étaient déjà connus sans doute , mais d’abord ils suggèrent ou confirment d'excellentes leçons. Le premier , pag. 26 , donne xuptGsiôij , avec Palricius, Leclerc et Hermann , contre irepiGpiôÿ de Gessner ; le second , page 40 , veXe <rôjî contre reXeaûf de Leclerc. Ensuite le quatrième fragment , page 52 , est tout nouveau et ne se trouve ni dans Stanley, ni dans Patricius, ni dans Leclerc (i). Le cinquième fragment, page 64, ne semble pas non plus se trouver ailleurs , ni les sixième , septième et huitième, pages 117, 158, 177, ni le dixième et dernier, page 245. Ainsi se montre déjà futilité de la publication de ce commentaire sur LMicibiade. ' ' ,
11 renferme aussi plusieurs passages importants relatifs aux pythagoriciens ; mais comme ce ne sont point des fragments , mais d’assez longues allusions , au lieu de citer le texte grec , il nofis sulhra de donner en français une idée de chacun de ces passages.
Placé entre l’Orient et la Grèce , ne pouvant résister à l’esprit nouveau qui décomposait peu à peu les mythes, et ne voulant pas non plus y céder entièrement , Pythagore eut le courage de ne pas consentir
(i) SI. Creuzer, à l’occasion de ce quatrième fragment, cite en note un autre oracle qui, dans le manuscrit de Darmstadt, est rapporté à la marge et opposé à celui que Proclus nous a conservé.
PRori.cs.