‹ Nouveaux fragments philosophiquesChapitre 38 sur 50 · SOI · texte numérisé non relu

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ncral l'identité de toute la sagesse antique. Mais le vers d'Orphée qu'il cite (t) est un de ceux que nous a déjà

donnés le commentaire de Proclus. Olympiodore cite encore le vers célèbre de Jupiter à Saturne (*) , qui se trouve aussi dans les commentaires de Proclus sur Y Alcibiade , le Cralyle et le Timée. Voici la dernière citation d'Orphée (s) que donne Olympiodore :

La matière du ciel, de* autres, de 1a mer.

‘Tfijjî oùpavirii xai imptrif xai àBùisov ,

vers qui ne parait sc trouver que dans ce commentaire , d'où Gcssner l'a transporté dans ses fragments orphiques. Mais Lydus (s) le donne aussi , et avec d'autres vers importants qu'llermann n'a pas connus ou a négligés, peut-être parce que Lydus les rapporte comme chaldaïques et non comme orphiques.

Nous sommes plus heureux en sentences pythagoriciennes. Le commentaire de Proclus nous en avait déjà donné de très-belles ; celles que nous offre ici Olympiodore se distinguent des autres en ce qu'elles sont plus particulièrement du genre moral. Nous les parcourrons rapidement.

L'amitié (s) est égalité ; maxime qui rappelle cette autre , xoivà ri rüv , et qui a inspiré ce noble mot d'Aristote , ju‘Ao< a AA êyû , un ami est un autre moi-même (a).

Les pythagoriciens admiraient ceux qui avaient

(!) P. 22. no«jmaixM», etc. — (s) P. 15. * OpOov i\ etc. — (3) P. 19. — (4) L. Lydus, de Ment.— (3) P. 5.— (a) P. 95.

OLYMPIODORE.

le* premier* trouvé le* nombre* ; car, comme il* appelaient nombre* le* idée* , et que le* idées sont dan* l’intelligence, ceux qui trouvèrent le* premier* le secret des nombres, leur paraissaient avoir découvert celui de l'intelligence. Ils admiraient aussi ceux qui les premiers avaient trouvé les nom* , mais beaucoup moins ; car, selon eux , le* vérité* des nombres «ont absolues, tandis que celle* de* noms sont purement relatives. Les nombres sont du domaine de l’intelligence , qui est en rapport avec l’essence des chose* ; les noms sont seulement du domaine de l’àme, c’està-dire de l’intelligence tombée dans la matière, servie , mais limitée par des organes , laquelle alors n’est plus en rapport qu’avec ce qui est variable; et les noms le sont. C'est ainsi du moins que nous entendons la théorie indiquée dan* la phrase d’Olympiodore (i).

Les pythagoricien* renvoyaient de leur institut celui qu’ils jugeaient indigne de leur société, avec tout ce qu’il possédait : iis lui élevaient un cénotaphe , le pleuraient et en parlaient comme d'un mort. Ce passage nous aide à comprendre ce qu'ajoute Olympiodore (a) , qu'une telle émulation de vertu et une telle crainte d’élre jugé indigne s'étaient établies dans l’association pythagoricienne , qu’un pythagoricien ayant été réprimandé par son maître se donna la mort. Cependant il ne semble pas que le fondateur du pytha-

OLTMPIODORE.

gorismc ait été préoccupé (l'aucun fanatisme moral,

et qu'il ail manqué de sagesse cl d'indulgence pour la faiblesse humaine ; car c’est une maxime de l'école de l'y thagorc , qu'il csl impossible de guérir la passion dans le moment de la crise, et qu'alors il faut lui accorder quelque chose (t). Olympiodore admet trois manières de se délivrer des passions (t) : celle des socratiques, celle des pythagoriciens, celle des péri patéliciens ou stoïciens qui sont ici confondus ensemble ; ensuite (3), se développant davantage, il admet cinq modes de purification. Le premier consiste à chercher du secours dans les temples auprès des prêtres , ou dans les écoles sous la discipline d'un maître ; le second à s’exhorter soi-même, à s'éclairer, etc.; le troisième , celui des pythagoriciens, à céder jusqu'à un certain point, à goûter un peu de la passion, à y loucher du bout du doigt, itepu <txKrûXu , comme font les sages médecins qui attendent que la maladie soit mûre pour l'attaquer. Le quatrième est le mode aristotélique ou stoïque , savoir , le combat , comme en médecine le système qui agit par les contraires. Le cinquième et le plus utile est celui de l’école de Socrate , qui agit par les scmplahles : il n’oppose pas le contraire au contraire; il ne dit point à l’homme qui veut du bonheur : Souffre ; mais il lui enseigne quel est le vrai bonheur : ni à l'ambitieux : Obéis ; mais il lui euseigne en quoi consiste le vrai pouvoir :

(I) P. 6. — (s) P. 54 et 55. — (s) P. 1 15.

OLYMPIODORE.

ni à celui qui aime le repos : Travaille ; mais quel est le

repos des dieux.

Le dernier passage pythagoricien que renferme ce commentaire se rapporte à un point que touchait déjà le commentaire de Proclus. Olympiodore dit aussi (i) que les pythagoriciens appelaient ts'AjImc la dualité, comme osant la première se séparer de l’unité ; et, en cll'el , aussitôt que la puissance éternelle et absolue se manifeste et sort d’elle-même (et c’est là le sens que Proclus donne à rcX/aa), il y a nécessairement dualité : mais Olympiodore, au lieu de chercher la raison de la signification de dualité attribuée à re A pu. dans le sens primitif de ce mot, emprunte à son sens ultérieur et vulgaire une interprétation tirée des passions de l'homme, c’est-à-dire incompatible avec la divinité.

Nous ne quitterons pas la première époque de la philosophie grecque, sans constater qu'il est aussi question dans ce commentaire de Phérécyde, comme maître de Pylhagore, et comme auteur d'un livre célèbre de théologie (a). Anaxagore y est mentionné deux fois (s). Parménide y est appelé le maître de Platon , et il ne faut pas entendre par là que Platon ail reçu des leçons de Parménide, ce qui est impossible ,

(s) P. 164, 3u xai ptêXot 6toXi-/ot fipccat. Diog. XI, 17. Suidas, GtptxûSrii. Plotin, Ennead. i, 9. Sturz, Pherecydes, p. 29 sqq. Le titre de l’ouvrage de Phérécyde était OeoXoyta ou Otr/ovla ou Siox/sa-rta.

(3) T. I , p. 137-638. — Il , p. 214. üàma iv n3a et.

OLYMPIODORE.

mais qu'il a beaucoup emprunté à l’école d’Élée, et à Parménide ; ou peut-être est-ce une allusion à l'enseignement que Platon reçut d'IIermogène, disciple de Parménide (i). Zenon aussi est cité par Olympiodore, et le passage qui le regarde n'est pas sans intérêt. Olympiodore y déclare que Zenon ne se contredisait pas, comme on le croit , mais qu'il en avait l'air : l'apparence était toujours contre lui. Olympiodore se perd ici en explications plus subtiles les unes que les autres, pour prouver que ce n'était pas par cupidité que Zéuon faisait payer ses leçons ; il Unit pourtant par cette raisou toute simple qu'apfès tout il n'y a pas de mal qu'un philosophe lire un salaire honnête des soins qu'il prend pour instruire lesautres, comme le médecin et les autres artistes. C’est là qu'est le passage sur le priucipc platonicien d'enseigner gratuitement, principe qui s'était conservé jusqu'au temps d'Olympiodore, fiéxpi rcü xapévroi, malgré les confiscations qui dépouillaient les professeurs (t).

Seconde époque. — C’est sur la seeonde époque , et particulièrement sur Platon , que ce commentaire nous fournil les documents les plus nouveaux. Nous avions deux biographies de Platon , l'une de Diogène deLaërte, l’autre d’Apulée, visiblement faite d'après celle de Diogène de Laërte. En voici une nouvelle qui

(i) C’est encore ainsi qu’il faut entendre la jlhrase de Pboliu8, Exccrpl. vit. Pythagor. éd. Bekk. p. 439 : rijï Sk

Xoytxfif enipiia.ro. xaraêaXùv aurai Ziivaiva xai üupixtviàriv tous 'EXtàrctf. — (l) P. 140.

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