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UN PREMIER ARRANGEMENT

parler à la favorite, mais elle y veut un petit arrangement, « nécessaire, disait-elle, pour la rassurer contre la peur qu'elle en avait ^. Le mot peur en cachait un autre. D'après l'arrangement convenu, Mercy devait parler lui-même à la comtesse, à la fin du jeu. A ce moment, la dauphine, faisant sa tournée, s'arrêterait auprès de lui, et, comme par occasion, parlerait à la comtesse. Mercy, à son tour, y mit une condition : c'est qu'elle ne dirait rien de l'arrangement à ses tantes. Elle le promit.

Le moment venu, tandis que Mercy, fidèle aux conventions, liait conversation avec la comtesse, quand tous les yeux étaient tournés vers lui, madame Adélaïde' dit à haute voix qu'il était temps de s'en aller. La dauphine obéissante se retira, et voilà les tantes, à qui, en dépit de sa promesse, elle n'avait pas fait mystère de l'arrangement, faisant des reproches à Mercy, dont le dauphin prend honnêtement la défense. Si les tantes l'emportaient sur Mercy, c'est que Mercy conseillait la nièce contre son sentiment, au lieu que ses tantes ne lui défendaient que ce qu'elle était fermement résolue à ne pas faire.

La comtesse de Provence, sa belle-sœur, n'y mettait pas tant de scrupules. Elle parlait sans embarras à la favorite, elle la recevait à dîner, complaisance l»late et intéressée, que Mercy ne craignait pas de pré-

senter à la dauphine comme un avantage de conduite que sa belle-sœur avait sur elle.

Si l'ambassadeur de Marie-Thérèse joue dans celte affaire un assez fâcheux rôle, et même par moments un sot rôle, il faut s'en prendre aux instructions qu'il recevait de sa souveraine. C'était au temps de l'odieuse iniquité qui se consommait, sous le nom de partage de la Pologne. Marie-Thérèse, dès Torigine et dans toute la suite des négociations, bien que copartageante, ne s'était point trompée sur la moralité de la chose. Elle avait pourtant fini par se laisser faire sa part, et même par la trouver trop petite, et, si elle continuait à juger le partage « inique », c'était surtout parce qu'il était « inégal ». Mais, quoiqu'elle eût à la fois du scrupule sur le principe et du mécontentement de l'exécution, il fallait assurer l'état de choses intervenu, et bien garder, quoique « inégale », sa part de la proie. Pour cela la bonne volonté de la France était nécessaire. Choiseul tombé, ou, comme on disait alors, chassé, il fallait empêcher que le nouveau cabinet n'abandonnât la politique qui avait fait l'alliance des deux nations et le mariage de Marie- Antoinette. Où le roi était tout et la du Barry la maîtresse du roi, il fallait prendre garde de mécontenter l'un en donnant de trop grands déplaisirs à l'autre. Telle était la conduite que Marie-Thérèse voulait de sa fille, la rendant ainsi responsable du maintien de

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