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FROIDEUR DU ROI

chambre de l'accouchée, c II est inutile de dire à ma chère maman, écrit-elle, combien j'ai souffert de voir un héritier qui n'est pas de moi (12 août 1775). » Et, deux ans après, une nouvelle grossesse, la troisième, de cette môme belle-sœur lui fait dire : « C'est un coup d'œil assez désagréable pour moi, après plus de sept ans de mariage... Je ne suis pas sans espérance (16 juin 1777). »

Toutes ces grossesses étaient autant d'occasions de retours douloureux sur la stérilité de son mariage, et je ne m'étonne pas qu'à la nouyelle d'un second accouchement de la reine de Naples, elle ne dise : c Je ne demanderais pas mieux que de recevoir les compliments que la reine de Naples a si bien mérités ; mais il n'y a pas d'apparence, el j'aime mieux qu'on ne m'en parle pas. ^ Elle envie jusqu'à la douleur de la mère qui a mis au monde un enfant mort. La duchesse de Chartres, sa cousine, venait d'avoir cette douleur : « Quoique ce soit terrible, écrit-elle, je voudrais pourtant en être là (13 octobre 1771). >

Au commencement de l'année 1777, quoique tous les intéressés voulussent s'y tromper, les choses en étaient encore à l'état dont Marie-Antoinette disait à sa mère, deux ans auparavant : « Je suis bien fâchée de ne pouvoir rien apprendre de nouveau à ma chère maman. » Et, avec une nuance de douce raillerie : « La nonchalance n'est sûrement pas de mon côté (12 no-

yembre 1775). » En tout eas, sa bonne volonté n'avait pas été bien forte. En dépit de tous les conseils de Mercy, pour qu'elle prît soin « de se rapprocher du roi, de penser à tout ce qui pourrait établir l'intimité du mariage :i, on notait les nuits où le roi allait chez la reine. Et le pas dont il y allait était celui d'un homme qu'on n'eût pas trop contrarié, en lui apprenant que la reine n'était pas rentrée. Celle-ci, de son côté, allait chez le roi plus volontiers le matin que le soir. Encore était-ce moins pour lui rendre ces soins et lui témoigner cet empressement affectueux qui lui étaient si fort recommandés, que pour le porter ou le contraindre à des résolutions auxquelles il répugnait. L'impatience de cet état de mariage sans femme ni mari gagnait tout le monde ; Marie-Thérèse était découragée. Ce fut alors que des gens de la domesticité du roi, croyant que la cause de tout le mal était la timidité de Louis XYI, méditèrent sourdement de l'induire à la galanterie. On osa lui parler de mademoiselle Comtat. Mercy traite ces gens de misérables. Le mot est bien dur pour des gens qui croyaient travailler au € grand objet » dont il parle si souvent. On s'y prenait fort mal, j'en conviens, et Mercy rend justice au jeune prince en disant qu'ils n'y réussiraient pas. Mais que ne trouvait-il mieux, lui qui, vers le même temps, écrivait du même prince : c II aime sa femme autant qu'il est capable

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