‹ Nouveaux mélanges d'histoire et de littératureChapitre 19 sur 76 · VOYAGE DK JOSEPH II · texte numérisé non relu

VOYAGE DK JOSEPH II

d'aimer ; mais il la craint autant qu'il Taîme* > On comptait beaucoup sur le voyage que devait faire en France le frère de Marie-Antoinette, Joseph IL C'était un prince de grand mérite, instruit, honnête, aimant beaucoup sa sœur, qui le lui rendait. On attendait de lui qu'il éclairât ce qui, pour tout le monde, restait encore obscur dans l'état physique du roi, et qu'un arbitre si en crédit auprès des deux parties, et si imposant, finirait par les mettre d'accord. Joseph II arrivait à Paris le 48 avril 1777. Le 7 mai, il était encore impossible de juger de Teffet produit par sa présence. Mercy en donnait pour raison « que les dispositions morales du roi étaient trop peu préparées, pour que les objets, quelque frappants qu'ils fussent, agissent sur lui avec une certaine promptitude et énergie ». L'influence de Joseph II sur sa sœur avait eu pour résultat immédiat de la convaincre, plus fortement qu'on ne l'avait fait jusqu'alors, de la nécessité de se rapprocher du roi, et elle s'y était prêtée tout de suite de la meilleure grâce. L'amitié de la jeune reine pour son frère était d'autant plus vive qu'elle avait le cœur plus inoccupé du côté de son mari. Joseph II rendait à sa sœur tendresse pour tendresse, et Mercy donnait cet échange d'amitié comme « un rare et aimable exemple en toutes les conditions 1».

Aux sentiments de Joseph II pour sa charmante

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sœur se mêlait un peu de galanterie gauche et à l'allemande, mais qui n'en rendait que plus vive l'expression, c Si vous n'étiez pas ma sœur, lui disait-ily dans la première entrevue, et que je pusse vous être uni, je ne balancerais pas à me remarier pour me donner une compagne aussi charmante. » Dans les entretiens qui avaient suivi, la question des conjonctures relatives à l'intimité matrimoniale avait été agitée entre le frère et la sœur. Quelles étaient les confidences faites par la reine à Joseph II, et de quelle nature devaient être les éclaircissements qu'au dire de Mercy Marie-Thérèse allait bientôt recevoir de l'empereur? S'était-il produit un état de choses nouveau?

Ce qui parait certain, c'est qu'en dépit d'intermittences qui se reproduiront plus d'une fois, le voyage de l'empereur avait fait faire un grand pas à la question du rapprochement physique et moral des deux époux. J'en vois une preuve touchante dans le passage suivant d'une lettre de Marie-Antoinette à sa mère. Elle y parle du départ de son frère,qui, de son côté, écrivait qu'il avait eu besoin de toute sa force pour trouver des jambes pour s'en aller, c Dans le moment de ce départ, dit-elle, où j'étais le plus au désespoir, le roi a eu des attentions et des recherches de tendresse pour moi que je n'oublierai de ma vie, et qui m'y attacheraient, si je ne letais déjà (14 juin 1777). »

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