LES INSTITUTIONS
« Recherches de tendresse », mol charmant dont s'enrichissait chez nous la langue du cœur, dans le temps même que celle qu'on appelait TAutrichienne croyait proche Tévénement qui devait la faire Française. Par malheur, à cette date, il était encore très éloigné.
Trois mois après, Mercy commençait à s'étonner du c peu de durée des impressions que le voyage de l'empereur avait faites sur l'esprit de sa sœur :i. Joseph II avait laissé à la reine un règlement de conduite écrit. Elle avait promis de le suivre en tous points, et, pour l'avoir toujours présent, de l'apprendre par cœur. Or Mercy croyait qu'il avait été jeté au feu. Toujours pressant dans ses observations et ses conseils, s'il y trouvait l'oreille de la reine toujours attentive, il ne lui semblait pas qu'ils allassent jusqu'à son cœur. Sur la nécessité de ne pas faire lit à part, il note de nombreuses omissions de la reine. Si elle écrit que le roi n'a pas de goût à coucher deux : « C'est, dit Mercy une échappatoire. » Le vrai,c'est que, dans les inégalités de la reine sur ce point, Louis XVI avait recommencé à se coucher et à se lever selon ses habitudes, sans l'attendre. Marie-Antoinette ne se refusait pas à faire des petits mensonges à sa mère, en vraie pensionnaire, qui ment pour échapper à une réprimande. Elle ne disait pas non plus la vérité sur l'article du jeu. A. l'en croire, elle ne jouait que chez elle; le vrai, c'est qu elle avait repris l'habitude d'aller
jouer chez une de ses plus dangereuses amies, la princesse de Guémenée. Ce qui fâît dire à Marie-Thérèse, écrivant à son ministre : « Cette conduite répond à son caractère, je le connais à fond... Elle est d'ailleurs très adroite à pallier ses actions (3 novembre 1777). > A cette date pourtant, Mercy écrivait : « Voilà enfin les dispositions physiques et morales du roi qui se sont manifestées d'une manière aussi désirable qu'inattendue. 1^ C'est de la reine elle-même qu'il en avait reçu la confidence, et il en avait pris occasion de redoubler ses conseils, a II n*y a pas désormais à quitter le roi, ni le jour ni la nuit. Il ne faut s'occuper que des moyens de lui plaire, de l'intéresser, de l'amuser; 'sans cela, il pourrait prendre le goût de la galanterie comme ses aïeux. » Sur ce genre de péril, la reine se montrait incrédule. « Le roi, disait-elle, est trop apathique pour supposer qu'il en pût jamais venir là. :» Et, soit indifférence sur ce point, soit qu'il ne lui déplût pas de laisser àd'autres la charge de dégrossir un si étrange mari : <{ Je ne serais pas fâchée, disait-elle, ni en peine qu'il prit quelque inclination passagère, vu qu'il pourrait acquérir par là plus de ressort et d'énergie. » Mercy était tout près de se scandaliser. Il prenait un ton grondeur, disant que, sur ce chapitre, il n'y avait pas à badiner* En attendant, les dissipations continuaient. Jamais la reine n'avait plus joué. Ce qu'elle ôtait aux autres distractions, comme contraires à « la possi*