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LA POLITIQUE

désapprobation ne se tournât en condescendance pour l'ambition prussienne. C'est pour éviter ce danger que rimpératrice, d'abord plus m'ére que souveraine, qui ne voulait pas qu'on rendît sa fille « importune au roi, odieuse à la nation, par une .indiscrète ingérence », devenue, le péril croissant, plus souveraine que mère, la faisait obséder par son ministre, et lui écrivait à elle-même ces mots que la jeune reine ne pouvait lire « sans pâlir », dit Mercy, que la « rupture de Talliance serait sa mort ».

On lui dictait ce qu'elle avait à répondre au roi. La leçon apprise par cœur, au moment voulu, elle la récitait. Les entretiens avec le roi étaient longs, et non sans larmes. Pour les ministres, la pauvre femme était bien empêchée. Quoiqu'elle se fît donner par Mercy des notes qu'elle copiait de sa main, et dont elle brûlait les minutes, il lui eût été difficile de les soutenir contre des personnages rompus aux équivoques et aux finesses du langage politique. Moitié par légèreté de nature et de jeunesse, moitié par la volonté de sa mère, à laquelle Mercy avait dû écrire un jour : « qu'il serait bon qu'elle daignât ne pas trop recommander à sa fille de s'abstenir d'affaires », celle-ci avait si longtemps tardé à s'en oecuper, que la langue même lui en faisait défaut. Le mot propre lui manquait pour exprimer ce qu'elle en entrevoyait. Son instinct seul devinait, dans les cir-

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conlocutions et les euphémismes des explications des ministres, ce qui importait à la conservation de Talliancoy et tantôt par des caresses, tantôt par des menaces, elle réussissait soit à les y maintenir, soit à les y ramener.

Ce fut au plus fort de ces préoccupations, parmi ces intrigues qui s'agitaient pour ôter le pouvoir au ministre dirigeant^ Maurepas, et le rendre au ministre tombé, Choiseul, que la reine accoucha, le 20 décembre 1778, d'une fille. On espérait un fils; le désappointement fut grand. La pauvre enfant ne fut reçue que comme le gage d'un autre accouchement. Deux mois s'étaient à peine écoulés que, déjà impa-* tiente, la grand'mère écrivait :

« Je ne serais guère flattée si le premier début du roi en sa qualité de mari, après les couches de ma fille, devait nous annoncer une nouvelle grossesse, encore pendant huit mois (28 février 1779). >

Au mois de juin suivant, on commençait à perdre de nouveau patience, et, comme on croyait en voir la

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cause dans quelque retour de la c nonchalance » du roi, les mêmes gens qui aTaient pensé une première fois à lui donner des goûte de galanterie revenaient à l'idée de lui faire prendre une maîtresse, c'est-àdire de le débaucher pour le rendre plus mari.

Ce que Marie-Thérèse craignait de sa fille, c'est qu'elle ne retombât dans ses négligences envers lui. Marie-Antoinette essaye de la rassurer. Elle sent trop la nécessité d'avoir des enfants c pour rien négliger pour cela >• En même temps, faisant un retour sur ce qu'on avait pu lui reprocher : c Si j'ai eu anciennement des torts, disait-elle, c'était enfance et légèreté. Mais, à cette heure, ma tête est bien plus posée. ^

Aveu touchant, qui aurait pu donner à réfléchir à Marie-Thérèse, si la politique de la souveraine n'eût caché à la mère que le tort « d'enfance et de légèreté » n'était imputable qu'aux auteurs du mariage. De la petite fille nouvellement née, la grand'mère et la reine se parlaient peu; l'une lui en voulant sans se l'avouer d'être venue au monde au lieu du petitfils dont elle avait si grand besoin, l'autre s'en taisant, peut-être parce qu'elle n'en avait pas toute la joie qu'en toute autre condition une mère en aurait eue. Écrivant à Marie-Thérèse que < sa fille a marqué reconnaître sa mère pour la première fois, et qu'elle est venue lui tendre les bras > : « Je crois, dit-elle, que je l'en aime mieux depuis ce temps. > L'avait-elie

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