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UNE FILLE

donc, avant ce temps, aimée moins? Est-ce que, n'ayant pas donné un héritier au trône, et sentant qu'elle n'était mère qu'à demi, elle gardait, pour le jour où elle le serait tout à fait, quelque chose de Tamour maternel ?

Une autre fois, parlant à sa mère du travail de la dentition qui donne la fièvre à la petite fille :

<c Je suis touchée, dit-elle, de la douceur et de la patience de cette pauvre petite au milieu de ses souffrances. »

Touchée ne semble-t-il pas un peu froid ? Qu'aurait dit de moins toute personne des entours témoin de ces souffrances ?

Un soir, la reine veut rester auprès de sa fille et se priver de spectacle; mais, sur l'avis du médecin qu'il n'y a pas^ s'inquiéter de l'état de la petite malade, et le roi tout le premier l'y engageant, la reine va au spectacle.

Paroles et conduite, combien tout eût été différent, si, au lieu d'une fille, il se fût agi d'un fils!

Les premiers effets satisfaisants du changement d'état de la reine, jeu plus rare, plus de soin de sa santé, suppression des exercices dangereux, plus de réserve avec les favoris et les favorites, n'avaient pas eu la suite qu'on espérait. Dès le milieu de mars 1780, tous les amusements avaient recommencé de plus belle; on y avait ajouté des c divertissements con-

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Iraires aox usages >; par exemple, les jeux de Colin- Maillardy avec des gages à racheter et des pénitences bizarres, 16 toat darant fort avant dans la nuit. Les bals de nuit se prolongeaient fort avant dans la matinée dn lendemain. Enfin, oubliant ce que lui avait coûté, étant dauphine, le danger des favorites, elle s*y jetait de nouveau, et, pour comble, elle y entraînait le roi. La seule des dames de la cour chez laquelle allait Louis XVI était la favorite en titre, la comtesse de Polignac. Chose triste à dire, cet odieux mot de favorite qui, après la mort de Louis XY, était sorti du langage de la politique et du monde, y rentrait par une jeune reine restée, en dépit de tout, honnête Temme, et coupable seulement d'une amitié inconsidérée !

Cependant, sur le point si important de Tintimité conjugale, le changement favorable paraissait définitif. On se souvient que la reine s'était trop peu inquiétée du premier complot formé contre la vertu de son mari et que, soit confiance en elle, soit désir obscur d'arriver, fût-ce à ce prix, à être de nouveau mère, elle avait paru en prendre gaiement son parti.

Elle s'émut à la nouvelle qu'on en renouvelait la tentative. Le roi qui l'en vit préoccupée dut s'en ouvrir à elle. Il lui dit « qu'il l'aimait bien de tout son cœur, et qu'il pouvait lui jurer qu'il n'avait jamais éprouvé

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