‹ Nouveaux mélanges d'histoire et de littératureChapitre 26 sur 76 · TRIANON · texte numérisé non relu

TRIANON

saisons, promenades le soir, bals d'Opéra, spectacles, le jeu en toute saison, un jeu immodéré, et tout ce qu'un tel jeu engendrait de friponneries. Puis, par mobilité de goût, ou peut-être lassitude momentanée et regrets des ruineux amusements du jeu, Marie- Antoinette organisa sur le théâtre de Trianon des petits spectacles où elle jouait en personne. Mercy l'y vit et l'admira dans le rôle de Colette du Devin de village. Telle était la succession des plaisirs par lesquels Marie-Antoinette se défendait des affaires ou se dédommageait de l'ennui d'y avoir touché. Plaisirs dont les moins innocents n'étaient qu'imprudents, et dont on blâmait moins le genre que l'excès.

De toutes les habitudes fâcheuses de la reine, celle qui persista le plus longtemps, et, comme il arrive, en s'aggravant, ce fut sa faiblesse dans ses amitiés pour certaines femmes de la cour. On qualifia celte faiblesse en donnant le nom de favorites à celles qui en étaient l'objet. Deux d'entre elles se partagèrent la faveur de Marie-Antoinette, et, pendant quelque temps, se la disputèrent par des condescendances intéressées pour ses dissipations, la princesse de Lamballe et la comtesse Julie de Polignac.

On veut croire que ce qui fit rechercher d'abord à ces deux femmes, diversement aimables et brillantes, l'amitié de Marie-Antoinette, ce fut l'attrait de ses qualités charmantes. Mais, une fois en possession de cette amitié, il n'est que trop vrai qu'au lieu d'en

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