Iliade, XXIV
guerre sont égales pour tous? On n'est pas bien venu à regarder la mort comme un mal ; il faut laisser le désespoir et les lamentations aux femmes. Une nourrice barbare n'eût point poussé la douleur au même excès qu'Achille, » Singulier juge d'Homère, il ne lui manque que l'intelligence des temps héroïques. II ne paraît rien savoir des amitiés fameuses de ces tenaps, celle d'Oreste et de Pylade, celle de Thésée et dé Pyrithoûs, alors que la perte de l'un était pour Tautre le suprême malheur, Patrocle mort, Achille se sentait frappé dans la plus chère passion de sa vie; il ne lui restait plus, pour nourrir ses pensées, que la sombre et stérile satisfaction de sa colère»
Voici d'autres exemples des chicanes que Zoïle fait à Homère :
Au chant I, 50, de VIliade, Apollon, voulant venger l'affront de son prêtre Chrysès, lance ses flèches sur les Grecs. Il atteint d'abord les mulets et les chiens. « C'est, selon Zoïle, un acte déraisonnable chez un dieu qui ne devait pas même connaître la colère. »
, Au chant V, 4, Minerve allume un feu qui jaillit de la tête et des épaules de Diomède. « Voici qui est par trop ridicule, s'écrie Zoïle. Que va devenir Diomède? Il court le risque d'être réduit en cendres. »
Au chant X, 277, au moment où Ulysse et Nestor, voulant surprendre de nuit Rhésus, quittent leur
tente et s'avancent dans l'ombre, un oiseau de proie envoyé par Minerve, fait entendre un cri. Ulysse y voit un augure favorable. <r L'augure est plutôt défavorable, remarque Zoile; car ce cri va déceler leur approche et donner l'éveil à Rhésus. » — Oui, s'ils étaient près de son camp; mais, partis à peine, ils en sont trop loin pour que le cri qui présage sa perte arrive à ses oreilles.
Au chant V, 20, Idée et son frère Phégée, guerriers troyens, combattent du haut d'un char contre Diomède. Un trait lancé par celui-ci traverse la poitrine de Phégée et le fait tomber du char. Idée, qui n'est pas brave et qui craint le même sort, saute à terre et s'enfuit, abandonnant le corps de son frère. — Est-ce de celte fuite honteuse que Zoïle s'en prend à Homère ? Non, c'est du moyen : « Ceci passe la mesure du ridicule, dit-il d'un air de triomphe. Idée ne se fût-il pas mieux sauvé avec son attelage? »
Un dernier exemple de cette sophisterie, qui n'est pas, comme on le voit, exempte d'impertinence :
Les Grecs ont député au fils de Pelée, pour le conjurer d'oublier sa colère, Phœnîx, Ulysse et Ajax • Ceux-ci le trouvent « charmant son esprit en chantant, sur un luth harmonieux, les gloires des hommes >. Après quelques paroles légèrement ironiques sur le