Iliade, IX
besoin, sanâ doute bien grande qui les amène chez un homme qu'ils savent irrité, il les introduit dans sa tente et il les fait asseoir sur des sièges couverts de tapis de pourpre. Puis, s'adressant à Patrocle: € Fils de Menœlius, lui dit-il, apporte une amphore plus grande, mèles-y avec Teau du vin plus fort, et prépare une coupe pour chacun; car ce sont des hommes très chers que j'ai sous mon toit. >
Ou ces instructions n'ont pas de sens, ou elles signifient ces trois choses :
!<" Qu'Achille buvait à son ordinaire un mélange où le vin était plus trempé, ce qui témoigne de ses habitudes de sobriété ; 2° qu'en homme qui sait les lois de l'hospitalité, il veut qu'on serve à ses hôtes un vin plus fort, ou comme on dirait familièrement, un vin d'extra; 3* qu'en désignant, non Tamphore la plus grande, mais seulement une amphore plus grande (^tÇova) que celle dont il usait d'habitude, il écartait toute idée de festin, devançant en cela et peut-être devinant la réflexion que fera, vingt vers plus bas, Ulysse, « que ce n'est pas le moment de songer aux joies du festin >.
Tout, dans la conduite d'Achille, est vrai de la vérité des temps héroïques et de la vérité de tous les temps, tout est délicat, et je dirai volontiers en style diplomatique, puisqu'il s'agit d'une ambassade, tout est correct.
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Ce n'est pas Tavis de Zoîle. Selon lui, c Achille avait fait en cela quelque erreur et commis quelque inconvenance ». Plutarque, qui mentionne cette critique ^j ne nous dit pas ce qu'il en pense ni quelles raisons en donnait Zoîle. Quelles que fussent ces raisonSy la critique de Zoîle, avait eu des partisans; car on la retrouve, moins le nom de Zoîle, dansles Scholies de Venise j antérieures de peu d'années seulement aux Propos de table de Plutarque. « Il est inconvenant (àîcpeirfç)? Y est-il dit, qu'Achilfe fasse servir du vin plus fort à ses trois hôtes, comme s'ils venaient à un festin. » Si c*est cela qu'a dit Zoîle, il n'y a d'inconvenant que sa critique.
Tels sont, outre les € petits cochons larmoyants :s> cités par Longin, les seuls échantillons qu'on ait conservé de la volumineuse critique. Qu'étaient ces « petits cochons larmoyants »? C'est le nom dont Zoîle qualifiait les compagnons d'Ulysse changés en pourceaux par Circé, et qui, pourceaux de tête, de corps, de grognement et,' de soie, versent des larmes. Longin prend cette critique à son compte et donne la fiction du poète comme un exemple « des défaillances auxquelles n'échappe pas le génie vieillissant* ». Si l'on ne se résigne pas au fabuleux dans VOdyssée, il faut aller plus loin que Zoîle et que Longin. Ce n'est pas assez