‹ Nouveaux mélanges d'histoire et de littératureChapitre 73 sur 76 · Iliade, III · texte numérisé non relu

Iliade, III

La seule chose que j'entende inférer de cette apparence de comparaison entre quelques explications d'Aristote, qu'à mes risques et périls je crois erronées, et toute la critique de Zoïle, c'est qu'elles ont pour origine commune l'esprit de sophistique propre à la race grecque. Seulement, la subtilité, chez Aristote, est un léger défaut venu du dehors dans un esprit merveilleusement sain et juste; chez Zoïle, elle est tout l'esprit et tout l'homme. La subtilité d'Aristote excite la pensée, celle de Zoïle n'excite que l'impatience.

Cependant, si tout le délit littéraire de Zoïle se réduisait aux citations que j'en ai données, eût-il récidivé durant neuf livres ou discours, je ne verrais en lui qu'un ancêtre de notre Perrault. Pas plus que

Zolle, Perrault ne s'accommodait du merveilleux dont le monde d'Homère est rempli. Zoîle, à son tour, avait, comme Perrault, des délicatesses de grand seigneur sur de prétendus défauts de convenance dans Homère. Est-ce Zoïle ou Perrault qui reproche à Homère, comme une énormité, d'avoir fait vivre vingt ans le chien d'Ulysse? Est-ce Perrault ou Zoïle qui plaisante sur la comparaison c à longue queue > de la cuisse de Ménélas blessé, avec de l'ivoire teint en pourpre par une femme de Méonie ou de Carie ? Dans le délicieux épisode d'Ulysse recueilli du naufrage par Nausicaa ^, celle-ci, reprenant le chemin de la ville, engage Ulysse à n'y pas entrer avec elle, c pour ne pas donner prise, dit-elle, aux méchants discours, et parce qu'elle désapprouverait une ûlle qui, sans la permission de ses parents, fréquenterait des hommes avant d'être mariée ». Est-ce Perrault ou Zoïle qui, le premier, contre le sentiment de tous les critiques et contre toute convenance, non pas mondaine, mais humaine, a interprété l'innocent mot de fréquenter par coucher aveç^f Au chant XX, 25, Ulysse, à la veille du meurtre des prétendants, s'agitant et se tournant dansr son lit, est comparé a kun homme aifamé qui fait rôtir au plus vite le ventre d'un animal :». Est-ce Perrault

i. Odyssée, VI.

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