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Si cela ne $i(fjp.tpas, le gouvernement pourra

SUR LSS COIïGKÉGATIONS , .etC 627

lorsqu'il le trouvera bon^ supprimer d'un trait de , plume toutes les communautés religieuses et cha-cune d'elles.

Que dit en effet l'article 6?

« L'autorisation des congrégations ou maiê sons religieuses de femmes ne pourra être rc- » voquée que dans ks formes prescrites parles * • articles a et 3 de la présente loi , pour leur > autorisation; »

Donc , toutes les fois que l'évêque et le conseil municipal s'accorderont pour demander leur suppression, ellee pourront être supprimées.

Quand l'évêque et le conseil municipal ne seront pas d'accord, il y aura opposition, et l'opposition sera jugée en assemblée générale du conseil d'état.

Or , le jugement du conseil d'état ne diffère pas , dans ie fait , du jugement des ministres , qui nomment et réroquent à volonté les cpnseillers d'état.

Il suffit donc , pour détruire toutes les communautés et chacune d'elles, d'en faire demander la suppression par le conseil municipal.

Et de qui dépend la nomination du conseil municipal? Encore des ministres*

Le sort des congrégations religieuses est

5il8 DU PltOnST DE LOI

donc entièrement entre leurs ntiains :U loi les leur abandonne ; ih peuvent ^ quand il» le yoq- ' dront , les faire disparoitre de la France , sans a?oir pour cela besoin d'un nouvel aete de législation. .

Et qu'on ne dise pas que les ministres n'auront jamais une semblable yolooté ; car, d'ali)ord , ce n*est donc plus la protection de la \oi, mai» la protection des ministres qoe vous accordez apx congrégatiooa religieuses ; et de plus, qui vous assure de Téternité des ministres actuels? N'en peut*il venir qui aient des idées différentes ? Y a-t-il dans nos institutions , dans

nos loiii dans rèsprit du iUcU i dans tes précédents^ comme on les appelle consthirtionnelle^ ment , à ce que je crois > quelque garantie contre la foiblesse , contre rineptie , contre Tin justice, Contre l'impiété ministérieile? Je ' ne vois pa» très clairement sur quoi l'on se tran* quilliseroit/à moins que ce ne fuit peut-être sur le projet de loi que nous discutons , et sur Vt^osé des moiifr.

On ne nous apprend pas si l'un de ces motifs est d'ébranler et de bouleverser la plupart des cotkimupautés déjà existantes.; mais c'est encore un des effets que la h^i auroit certaine*ai6nt. L'aitkte S est Ainsi cotnçu t

SUR LES CONGREGATIONS , etc. Sag

€ Toutes les dispositions de la présente loi , » autres que celles qui sont relatives à l'autori- «sation, sont applicables aux congrégations et » maisons religieuses de femmes autorisées anitérieurementà la publication de la loi du 2 » janvier 1817. »

Gomme la loi s etoît abstenue jusqu'à présent d'étendre sa protection sur les congrégations religieuses, les membres de ces congrégations avoient conservé la jouissance de leurs* droits civils. En vertu de ces droits , beaucoup de religieuses ont disposé ou de la totalité de leur fortune , ou d'une portion plus considérable que ne le permet le projet de loi, en faveur des congrégations à qui elles doivent , comme le dit si bien M. Tévêque d'Hermopolis , leur bonheur dans ta vie présente , et leurs plus douces espérances en la quittant. Les congrégations elles-mêmes ont fait des acquêts, contracté des engagements , d'après ces ressources que la loi leur assuroit. Que feront-elles maintenant? que vont-elles devenir ? Vous les dépouillez de ce qui devoit légitimement leur appartenir, vous ne leur laissez que leurs dettes, au moment même où un ministre déclare, devant les pairs assemblés; , quelles n*ont pas seulement le nécessaire : et c'est là ce que vous

53o DI^ nOIXT DE LOI

appelez ne faite pour elles ni trop , ni trop peu \ ^ Monseigneur, pour vous mettre à lieu d'apprécier vou8-même votre projet de loi, nous ne TOUS renterrons pas à des temps où la reli^on fut trop florissante ; dai((nez seulement iretoonter avec nous jusqu'à Buonaparte. Relises, dans le Moniteur j ce rapport de 1 808 , où Ton rend un témoignage si honorable et si vrai aux ulUes associations qui« se vouent, avec cette charité •que notre sainte religion peut seule inspirer , » au service des hôpitaux et des malheureux. 1 Comparez ensuite , dans l'ensemble des dispositions légales , ce que faisoit Napoléon , et ce que vous proposez de faire* Ainsi que votre* projet, il ne réconnoissdit point de vœux» car cet homme ne vouloit pas de législation catholique ; mais , conséquent au moins et juste dans l'erreur, il laissoit aux religieuses la jouis -

» si Ton esiayoît de s'appoycr sxu Tancicone législation firan-

çoîie pour fustiBer le projet de loi, nova répondrioM que, par

UDC luite des prè)vg«# parlementairvf , et i pliu tard , par le pio«

grès toujouif croissant des idées philosoplûi|aesn cette législation

tendoit à devenir oppressive; et qne d'ailleurs elle ne resaembloit

en aucnne manière , dans son ensemble, à la loi que nous discn-

toqs. C'est ce qu'il sei#it aisé de montrer ; et » par exemple, lee

▼ceux perpétuels étoient reconnus ; l'état des personnes étoit fixé

immuablement ; l'autorité civile ne prononçoit pas seule la sup-

pression; eaôas de suppression ou d'extinction » les biens ne

fiuioiwt pasHrttour «M Uitateait, doMteiut , eiic, , ctd

StIR*tXS CONORÉGATIOm , ctc. 53 1

saoce de leurs droits civils, ou, s'il y portoit atteinte » c'étoit , comme tous nous l'apprenez, en faveur des communautés, parceque, les ayant une fois jugées utiles , il compïenoit qu'elles dévoient avoir au moins le nécessaire. Après le^ avoir établies, il ne provoquoit pas contre elles les plus viles passions du cœur humain. U n'appeloit pas d'avides héritiers , les communes, les départements, au partage de leurs dépouilles. Que si quelque sœur éga-* rée essayoit de romprp ses engagement^ et scandalisoit le siècle par sa présence , une administration vigilante arrètoit , vous le savez , ce désordre aussitôt. Vous , Monseigneur, vous lui rendez , à Tinstant où elle viole ses vœux , les droits que vous lui ôtez au moment de sa profession. Nous ne pousserons pas plus loin le parallèle.

Non , non , Monseigneur, vous rCêiespas de ceux qui se précipitent dans Je bien; ne craignez pas qu'on vous on accuse , vous vous êtes mis à l'abri de ce reproche ; votre loi suffiroit seule pour confondre à jamais quiconque oseroit vous l'adresser. Mais quoi I seroit-ce parceque tant de pieuses filles se précipitent dans le bien , y consacrent leur vie entière, sans réserve comme sans relâche , que vous provoquez contre elles

53a D13 PKOJBT DE LOI , CtC.

des dispositions si rigoureuses? Les avez-vous,^ à cause de ce déTOuement même , si plein , si complet , si désintéressé , si simple à la fois et si magnanime , les avez-vous condamnées sans retour et sans espérance? Ne peut-on vous demander grâce au moinspqur l'humble religieuse qui attire elle-même les grâces du ciel sur l'É- • glise , sur la France , sur vous-même, Monseigneiur, par ses saintes austérités et par ses prières ? au moins pour la fille charitable dont la vie modeste et cachée se partage entre le soliji de l'enfance et les œuvres de miséricorde envers Tindigent? au moins pour la sœur hospitalière, qui, au moment peut-être où vous invitiez la Chambre à prononcer , contre Vinstitut où elle puisa l'esprit de sacrifice qui l'anime 9 une sorte de sentence de mort, soulageoit sans doute , dans un hôpital , quelque malade délaissé du monde, abandonné'des siens , ou , comme un ange, de consolation , adoucissoit le dernier passage à un agonisant ? Monseigneur, craignez plus encore les larmes €t les regrets de l'enfance, les gémissements, de la misère désormais écoutés de Dieu seul , les plaintes solitaires des mourants , le silence des cellules où la prière cessera , que de vou$ précipiter dans le bien!

NAZON.

Nazoû a psu d'esprit , mais il use toujours de tout l'esprit qu'il a. Il est incapable d'uu&haute peusée, mais il a une pensée cODstaute, qui est lui-même : laissez le faire ; il a résolu d'arriver , il arrivera. 11 est propre aux petites choses, c'est déjà beaucoup; il n'est pas propre aux grandes, c'est encore plus. Qui oseroit lui contester d'être supérieur à ce qui n'est rien? Ne sait-il pas lire , calculer , parler , et surtout ae taire ? Entre le oui et le non , le vrai et le faux, il y a toujours pour lui un milieu sûr: le silence. 11 a trouvé un autre milieu entre le bien et le mal , entre les intérêts de la société et les intérêts de ceux qui l'attaquent , et ce milieu , c'est sa conscience ; sa conscience est donc également utile à la société et aux ennemis de la société; sa conscience parviendra donc. D'ailleurs, comment douter qu'il soit nécessaire au salut de l'État, lorsqu'il l'a dit et redit tant de fois, et qu'il le croit peut-être.? Ses talents, qui les ignore? Ne s'est-il pas fait applaudir alternativement par tous les partis? N'a-t-il pas plus d'uae fois Dég;ocié aTec avan-

534 NIZON.

tage rhonneur et le bon sens du sien? Qui saif mieux que lui s'alléger d'une promesse gê«nante, et glisser entre deux engagements? S'il étoit lié, comment pourroit-il excuser tout et concilier tout? Sa bienveillance est unÎTerselle : il a des paroles douces pour les i-oyalistes ; i) en a de consolantes pour la réfolation , qu'on a Yue s'attendrir en les écoutant; aussi Vai-« dera-t-il au besoin. Ce n'est pas pour cela qu'il abandonne la royauté ni la religion ; le ciel l'en préserre ! il fera même quelque cliose pour Dieu 9 s'il 7 pense , et s'il en a le temps. C'est un homme étonnant que Naion» en fait de reconnoissance. II sait tout ce qu'il lui en a coûté pour devenir ce qu'il est, tout te qu'i\ se doit à lui-même; soyex tranquille, il ne négligera rien pour s'acquitter.

On ne lui connoit que deux ennemis: lé passé et le présent II assure être bien arec l'avenir; il se réfugie dans son sein : «c'est là , idit-il, qu'il faut le contempler ; car les hdm- >mes comme les choses ont leur point de • vue. » Les royalistes cherchent celui de Naxon; les révolutionnaires Tout déjà trouvé; ' ils le regardent du haut des Pyrénées '. Écoutez Btê admirateurs , car il en a , et ils ont la

* »Sa3.

NAZON? 535

plupart de fort bonnes raisons pour Têtre : ils TOUS diront qu'à la vérité ils ne savent trop que dire ; qu'on est aussi Jbien pressé ; qu'on fasse comme lui, qu'on attende; qu'il y a dans Na* zon un. génie caché qui surprendra tout le monde en se découvrant. Et comme l'ont-ils aperçu ce génie? Nazou s'est tu devant eux; ou bien il a parlé, et ils ne l'ont pas compris. Or, cela donne à penser; il est clair qu'il y a quelque chose là-dessous. Au reste, les détracteurs même de Nazon , s'il en a, 'ne sauroient s'empêcher de reconnoitre au morns en lui une qualité éminente , et c'est la force de caractère^ En aucune circonstance, s*est-il jamais rebuté ? Quand a-t-il perdu le désir d*ar« river et désespéré de lui-même? Quelle est la porte qu'il n'ait pas fléchie par sa persévérance ? Il vouloit entrer , elles.se s.ont ouvertes ; espérons qu'elles ne seront pas plus inflexibles si quelque jour il souhaite sortir. .

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PHYSGON \

C'est bien le meilleur des hommes que Physcon ; il n*â rien à lui , pas même sa conscience : tout est à ses amis , et il a constamment eu le bonheur de compter patmi eux tous les gens en pouvoir. On le trouve dans leur cabinet , à ]eur table 9 d'où il sort le dernier, plein d'admiration pour ce qu'ils ont dit, et pour ce qu^ils diront. Ce n'est pas qu'il soit flatteur , Dieu l'en garde ! il hasardera même quelquefols de montrer une opinion , ne fût-ce que pour Tabandonner ensuite à propos. Un je me trompois a souvent tant de grâce, et peut conduire un homme si loin ! Ne croyez pas cependant que Pbyscon désire les emplois ; seulement il les accepte , car enfin l'on doit se rendre utile. Qui en est plus persuadé que lui , et qui le dissimule moins? Membre d*un corps de l'état , il y parle peu , mais il vote ; et avec quelle défiance de son esprit ! Il sait que les apparences trompent , qu'il n'est rien de sta-

' Il j a en on rot d'igypte de ce nott , Plolémée Pbytcon , on té FentTM, Il est probable qti« ce n'cf t pas de lai qo'on a Toala tracer le portrait.

PHYSGON. 537

ble sous le soleil ; au lieu donc de s^ayenturer h penser encore ce qu'il aroit toujours pensé jusque là , ce qui étoit certain pour lui comme pour tout le monde , il s'approche modestement du fégulateur de s;i raison législative , se penche à sou oreille , puis dresse les siennes pour recueillir, sans en rien perdre, la réponse à cette question profonde et délicate : Monseigneur , qu^est-cequi est vrai aujourd'hui ? Monseigneur le lui dit, le voilà tranquille; qu'on parle maintenant , qu'on discute , sa conriction est formée , on ne l'ébranlera pas ; s'il en change jamais , ce ne sera du moins qu'après que cei:tain hôtel aura changé de maître ; alors il écoutera , il verra. Il est bon d'être ferme , il le sait ; mais il sait aussi qu'on ne doit pas êtrç sottement opiniâtre : tout en ce monde a sa mesure, ses bornes; et encore faut-il diner.

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