‹ Nouveaux mélangesChapitre 47 sur 107 · DE SAINT-JOSEPH · texte numérisé non relu

DE SAINT-JOSEPH

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La puissance du christianisme et sa beauté ne se montrent jamais avec plus d'éclat que dans les temps de désordre, car alors il supplée tout , et le pouvoir même. Au milieu de la nuit qui enyeloppe la société , sa lumière , toujours pure, paroît plus brillante et plus douce. Dans la corruption générale , il décou- Tre et développe des germes de bien. Au doute , il oppose une foi plus vive ; aux vices qui se multiplient, de plus sublimes yertus. A mesure que Terreur monte et se déborde , la vérité s'élève comme l'arche sur les flots , et promet encore le salut au monde.

Certes, on doit savoir aujourd'hui ce que c'est que la religion chrétienne. Contemplez l'Europe entière , et voyez ce que devient l'homme quand il cesse d'être chrétien. Les crimes de la terre ne lui suffisent plus , il <ippelle, il évoque l'enfer comme pour obtenir de

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lui une pleine révélation du mal. Alors toutes les colonnes des États sont ébranlées , tes royaumes penchent j et c'est en vain quelquefois que la religion étend la main pour les soutenir g car il y a de terribles catastrophes que Dieu doit à sa justice , à l'instruction du genre humain. Mais lorsqu'une société tombe , le chris* tianisme , que n'étonne aucune vicissitude du temps 9 ne s'éloigne point de ses ruines ; il sait' qu'elles peuvent être relevées , et que l'espérance est partout où il reste assez de place pour y planter une croix.

Yoilà, n'en doutez point, la raison de la 'haine qu'ont vouée aux. missions certains hommes que l'espérance épouvante. Us défendent contre la croix les ruines de l'ordre , au seiù desquelles ils se sont retranchés pour en sortir au premier signal , et marcher à de nouvelles conquêtes, c'est-à-dire à de nouvelles destructions. Les gouvernement assoupis , et qui se réveillent seulement pour prier qu'oa ne trouble pas leur sommeil, inquiètent moins ces hommes de révolutions que quelques pauvres missionnaires , à qui l'Église éternelle a dit : jillez et enseignez. Les missionnaires prêchent la paix, rétablissent la concorde, et les révolutionoaires n'ont de force que par la dî-

sA% àMùcuTim

tiftion. Iab nuMionnairei ordonnent d'obéir ; les réfolutionnaires commandent la rérolte. , Lea miaaionnaires proacriyent la calomnie , le faux témoignage, l'imposture ; et les ré?olutionnaires y exhortent leurs satellites comme à des defoirs. Les 'missionnaires répètent ces paroles de la loi divine i!Tune tmra$ point: tu ne déroberai point le bien d' autrui ; et les rétolutionnaires offrent au meurtre le vol pour salaire. Les missionnaires provoquent au repentir; et le repentir est la mort du crime , la mort des révolutions. Enfin les missionnaires élèvent la croix au milieu des peuples , et les peuples se prosternent , et promettent au pied de cette croix de réformer leurs mœurs ^ de réparer les torts dont ils peuvent être coupa* blés» de pardonner à leurs ennemis» d'être justes» compatissants 9 fidèles à leur Dieu» à leur Roi: comment les révolutionnaires nefrémiroient-ils pas de terreur et de rage ? cooh* ment supporteroient^ils la vue du signe auguste de notre salut? leur croix à eux , c'est le poignard.

Après avoir rappelé en peu de mots ce que la France'et la société doivent aux missionnai« res 9 qu'il nous soit permis de parler avec plus de détail* d'une ouvre particulière » mais très

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importante, qu'on doit aus^i à leur zèle nod moins actif qu'éclairé. .

Dans sa vaste population ^ Paris renferma! une multitude d'ouvriers de tous états : les uns 7 sont établis dune uianière fiie; d'autres^ viennent du dehors y exercer momentanéiâent leur industrie; enfin beaucoup déjeunes gens j arrivent des provinces fiour apprendre un métier , ou pour se perfectionner dans celui qu'ils ont embrassé.

Autrefois de sages règlements , résultat d'une longue expérience , concouroieiit , avec des' institutions véritablement sociales i à mainte^ nir l'ordre dans cette classe nombreuse, à f conserve^ de bonnes mœurs et d'heureuses^ habitudes de régularité. Pas un seul individu n'étoit abandonné à lui-même^ Tous appartenoient à un corps qui répondoit d'eux , et à qui ils répondoiént euxHoaémes de leur conduite. Chacun de ces corps de métier avcrft son organisation propre et ses statuts autorisés du gouvernement. Les officiers de la corporation, élus par ses membres , veillotent à l'exécution des lois de cette petite société , et y entrete* noient une police exacte, au moyen d'une subordination graduée. L'honneur d'exercer ces fonctions, en quelque sorte publiques, fou^

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et ib ont dit qu'au-delà il n'j ayoit rien. Les progrès eu politique ne sont pas moins merreilleux. Là comme ailleurs on a commencé par anéantir ce qui étoit , ce qui atoit même toujours été , et jusqu'aux notions que les peuples s'étoient constamment formées du pouvoir, des lois , et des institutions nécessaires à Texistence des états. Ensuite on a fait des théories, et surtout des expériences. Dans Jeur simplicité nos ancêtres avoiênt jfondé.une monarchie qui a duré quatorze cents ans. Nous pouvons les en plaindre : cependant ils trouvcroient peut-être des raisons pour excuser une faute qui les a privés de l'inappréciable avantage de^voir comme nous sept ou huit constitutions en trente années, et de vivre sous les douces lois delà Convention et de l'Empire. La stabilité «a aussi son prix. Mais pour que quelque chose soit stable dans la société , il faut des principes fixes , des idées arrêtées, desmaximes immuables ; il faut enfin que les esprits soient réglés et contenus par des croyances générales. Jadis il n'y avoit rien d'incertain , ni dans les droits ni dans les devoirs, non plus que dans leur fondement Chacun savoit ce qu'il étoit , ce qu'il devoit être. On s'est lassé de cela : vingt«cinq millions d'hommes placés dans les divers degrés de la hiérar-

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