‹ Nouveaux mélangesChapitre 48 sur 107 · DANS NOTRE SIÈCLE · texte numérisé non relu

DANS NOTRE SIÈCLE

chie sociale se sont demandé mutuellement leurs titres 9 puis ils se sont mis à raisonner, et bientôt après à égorger, confisquer, proscrire au nom de la raison. On écrivit sur les murs liberté f égatiié, et jamais aucune nation ne subit un plus abject esclavage et une plus affreuse oppression.

Jusqu'ici je ne vois pas clairement ce qui justifie Torgueil du siècle , en ce qui tient à la perfection de Tordre social- S'agit-il des doctrines? est-ce par ses lumières en ce genre qu'il se croit supérieur aux siècles précédents ? Alors quVl nous dise quelles sont les vérités qu'il a découvertes. Il a rejeté les maximes anciennes ; en a-t*il d'autres à leur substituer? Je ne parle pas dès vagues opinions, des inconstantes idées de chaque individu : je demande qu'on m'indique la doctrine du siècle. Qu'est-ce que le pouvoir ? le sait-il ? Sait-il ce que c'est que la loi , ce que c'est qu'un droit , ce que c'est qu'un devoir, ce que c'est que la propriété? Ne fera-t-on qu'une réponse à ces questions? Est-on d'accord sur ce qui constitue un gou- Ternemenf légitime , sur les lois fondamentales, sur 'les principes d'administration , sur quelque chose enfin ? Non , tout est en question , tout

est en doute , jusqu'à la souveraineté. . I. 17

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plus d*é6prit de famille f plus de récompense pour Ift rertu, plus de frein pour le tice, plus de discipline, plus de surteillance pour là classe nombreuse qui fit chaque jour du traràil du jour.

Et qu'a-t^lle gagné à ce changement? E^t** elle plus heureuse? a<^t-elle plus d'aisance? Livrés à leurs passions , que rien ne contient plus, beaucoup d'ouvriers de la capitale^ qui jadis auroient eu une existence honorable , se ruinent dans une débauche crapuleuse. Sans souci de l'avenir, sans principes de morale, ils donnent le double exemple d'une impré^ tojrance.stupîde et d'une effrayante dissolution de mœurs. Hommes, femmes, enfants même, passent quelquefois plusieurs jours consécutifs dans ces funestes lieux qui avoisinent les bar-^ riéres de Paris, et où on leur vend au plus bas prix l'abrutissement et la misère , qu'ils vont en foule y chercher. Le soir, se soutenant à peine, il» regagnent la ville en hurlant des chants obscènes. Un grand nombre d'entre eux,, appesantis par l'ivresse, tombent et en-* combrent. la voie publique. Des agents de la police , chargés de ce soin , les jettent dans les fossés qui prolongent la route. Que veut-oo de inieux> et que peut faire de plos u» gou-

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ternetnent , dans le siècle de la raison , pour la liberté ^ la sûreté et le bien-être de ses su« jets ?

Des désordres de plusieurs autres genres accompagnent ce honteux désordre. La mésintelligence dans les familles , le libertinage iT^x* position des enfants, la corruption précoce de ceux que leurs parents élèvent, le jeu , les que-* relies , les vols ; telles sont les suites du perfectionnement introduit dans nos lois et nos institutions. Et qui ne gémiroit sur le sort de tant de jeunes gens honnêtes , que le besoin d'apprendre un métier amène chaque année à Paris , pour y être témoins de cette licence malheureusement trop contagieuse ? Privés d'appui, de surveillance, de conseils; environnés de séductions ; perdus , pour ainsi parler, dans cette foule de vices qui les pressent et les sollicitent de toutes parts, comment pourroient-iis ne pas succomber? Comment conserveroient-ils , et les sentiments de religion, et les. bonnes mœurs, et les habitudes simples et régulières que la plupart d'entre eux apportent de leurs provinces? Il est prèsque impossible ; l'expérience ne le prouve que trop«

Emus de pitié à la vue de cette infortunée

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jeunesse 9 les missionnaires ont 'conçu le désir et l'espérance de la sauver de la corruption dç Paris. Secondés par le zèle de deux cents chefs d'atelier , ils ont établi une maison où tout apprenti qui arrive muni d'une lettre de son curé est logé gratuitement pendant plusieurs jours. On le place ensuite, selon l'état qu'il veut embrasser , chez des [Personnes sûres , où il n'entend que de bons discours , où il ne reçoit que de bons exemples et d'utiles conseils , où le repos du jour saint est observé in viola-, blement. Ce n'est pas assez , il faut encore qu'après les heures du travail les jeunes apprentis soient préservés des dangers qu'ils rencontreroient dans les lieux où ils logent et où ils prennent leurs repas. On j parvient en leur désignant , dans les différents quartiers de Faris , des auberges tenues par des gens religieux, et d'où l'exactitude même avec laquelle on y garde des lois de l'église , et spécialement celle de l'abstinence , «carte les ouvriers dont la fréquentation seroit à craindre. Enfin , M. le préfet de Paris , empressé de concourir à une œuvre si importante , a mis à la disposition des missionnaires un vaste local , dans lequel les jeunes gens qui sont l'objet de leur sollicitude se réunissent les dimanches et les fêtes , et as-

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