M LA TOLÉRANCE
SOUS des peines très graves Texercice de la religion prétendue réformée : voilà l'intolérance civile; et quant on connoit l'esprit démocratique du calvinisme ; quand on se rappelle que ses sectateurs avoient formé le projet de diviser le royaume en cercles et d'y établir le gouvernement républicain ; lorsqu'on lit dans les mémoires du temps les plus authentiques , que les principaux chefs calvinistes disoient hautement dans la chambre dufeune roi François II : Nouê dânnerons le fouet à cet enfant, et nous l'en-verrons apprendre un métier pour gagner sa vie^ on est peu surpris que les souverains de la plus ancienne monarchie de l'Europe n'aient pas vQulu consentir à se laisser donner le fouet par quelques sectaires. , et se soient opposés à ce qu'on chabgeât leur royaume en république.
D'un autre côté, partotit où la réforme triompha , elle fit supporter à l'ancienne Eglise et même aux sectes protestantes séparées de* celle qui avoit prévalu dans chaque pays, tout le poids de l'intolérance civile. Qui ne connoit les lois pénales de la Suède, du Danemarck, de l'Angleterre, de Genève et des Provinces-Unies, contre les catholiques? Si la vingtième partie des persécutions ordonnées
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par ces loi» l'ayojeat été par lès lois d'un élal catholique , , trouyeroit^on des termes asseï forts pour esprimer Thorreur qu'elles inspireroient?
Fille du protestantisme , la philosophie hérita du sombre géoîe de sou pèi*e. Au nom de la tolérance , elle proscrivit la royauté et ses déienseurs, la religion et ses ministpes ; elle pro^ scrivit Dieu même. Alors sur les murailles de nos cités 9 muettes de terieuirs^ et sur le fiKm» iLspice des temples profanés , on lut ^ ea caracN tères sanglants : Liberté l igqÀiié ! fraiermié ^ OU LA MORT!
Mais , sans aller ehercher des exemples hors du libéralisme actuel y quelle est donc sa tx>lé« rance pour les doctrines opposées aux siennes? Lisez les journaux qui sont ses organes, et voyez comme on y traite les partisans de Tordre légitime d^ns tous les états , d'un ordre religieux et politique qui, après tout, apoor lui une possession de tant de sijècles* Et quand les réyolutionnaires espagnols , sans procès , sans forme légale , ou plutôt en violant toutes les formes et toutes les lois j emprisonnent r dépouillent de leurs biens , et massacrent left^ Espagnols fidèles ; quand , pour ranimer la rébellion et sauver Tanaïchie » ik annoncent
dans lenn «troees pipclamàtioiis ^ , qoe « toute »per$O0De agissant directement ou indiie<yvtemBBt contre ie système constitutionnel;, iMc fraptige^nf des idées subi9€r$ive$ de ce sy«* t fème, et îendani à te ehêngfr, sera punie de la • peine capitale ;• que disent nos cnielleux prédicateurs de tolérance, ces hommes si doux qui irémfaseat au seul nom d'inquisition ? Ils jusiifient , ils approuvent hautement ces meêuree ^nergi^uee > comme ils les appellent. Tout oe qu'ils croient utile au succès de leur cause est juste , est sacré pour eux : funiqqe «rime c'est de la conAattre.
Or, nous le demandons à quiconque n'est p^s areuglé par la prévention , m ies royalistes et les chrétiens d'Espagne 9 c'est-ànlire l'io^ mense majorité du peu pf}eespagQol,féclamoient à leur tour , non pas le droit d'user de représailles , mais l'érection d'un tribunal chargé de protéger légalement leur foi, leurs propriétés,' leurs vies , qu'y auroit-H donc en cela de eî extraordinaire? En v^ertu de quel privilège les ^ennemis de Dieu et des Rois pourroient"4}s Tcnveraer les instiitutioqf établies , incendiet,
> Voyez la proclamation de Qairoga , dan» le Drapeau blanc du
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piller vr éf^rger, bans qu'il fût pennis de se dé- ^ fendre contre eux? Suffit-il d'attaquer Tctat et La religion pour devenir inviolable? Est-ce là ce qu'on prétend ? Il 7 a eu certes assez et trop de déclamations; qu'on s'explique enfin nettement , qu'on nous dise depuis quand la société est privée du droit ou dispensée du devoir de veiller à sa conservation ei à celle de ses membres ; depuis quand Tordre n'est que les intérêts des révolutionnaires y et la justice que leurs passions.
Il est temps de repQusser, avec le mépris et Tindignation qu'elles doivent inspirer aux Ames honnêtes , ces funestes théories du crime , qui sont elles-mêmes des crimes, ^ous ne provoquons point les rigueurs de l'autorité , nulle pensée n'est plus loin de nous. Qui le sait mieux que le chrétien? Tout homme a besoin . de clémence , et notre joie seroit que le pardon fût partout près du repentir. Mais, lorsqu'iiu lieu d'accepter ce pardon , on le repoussera comme un outrage» lorsqu'avec l'insolente opi- ' niâtreté de l'erreur qui se croit asset forte pour établir sa dominatiop sur les ruines des éternelles maximes qui régissent et conservent la société , on voudra légitimer la révolte et créer un droit des forfaits , nous ne cesserons d'op*
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poser i ce droit moDstrueux les droits im« muables de-l^ justice , et Tittriocible puissance de la yérité.
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