‹ Nouveaux mélangesChapitre 75 sur 107 · ÉDUCATION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

ÉDUCATION PUBLIQUE

A l'époque où le système dont nous TOjons chaque jour les tristes déyeloppements commençoit à menacer la France , quelques hommes d'un zèle éprouvé s'unirent pour défendre toutes les doctrines sur lesquelles repose l'ordre social. Pressés par eux de concourir à un but si noble et si saint , nous rentrAmes de nouveau dans l'arène des discussions publiques ; après la grande question de l'Espagne nous ne vîmes rien de plus important que de faire connoitre le funeste esprit et tous les abus que les per* «onues les mieux instruites de l'état des choses observoient avec douleur dans un grand nombre d'établissements de l'université.

«Parmi les objets, disions-nous , dont nous aurons à nous occuper, l'éducation publique devra tenir un des premiers rangs. Il sera nécessaire d'en signaler les vices, et' d'appeler l'attention de M. le grand-maiire «ur les désordres trop peu connus , et à peine croyables, qui régnent dans beaucoup d'écoles. Éclairer les pères de famille sur les dangers que présentent certains établissements » c'est un devoir

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•acvé ) et zKKis le remjrfirôea avec «Pantattt plui de zèle , qoe toutes nos espmncespotirraye^ nir reposent but la jeunesse qui s'ëlèf e.

» Qu'elle reçoive une instruclmi forte, éten^ due , rien de mieux , et nou» applaudiront aincèrem^at à toute amétioratioâ de ce genre , pourvu qu'un e^rit religieux préside à l'ensei"* gneEuent, el que , soua le prétexVe'de ftfre des savants, on ne prépare pas une gënératioff effrayante d/hoDidn)es aana principes et sand momtB , incapables de supporter l'ordre , et q«M , après avoir boulei^eraé l'Etat pour satfs- £aife leur» ardentes passions , ou pour réaliser des tiiéories imaginaires, flniroient par a*entre« dévorer sur ses débris. H seroit temps que le^ dépositaires de Tautorité comprissent leurs oMigatîoas à cet égard, et s'efforçassent de prévenir les jfistes reproches que l'avenir aura peut-être le droit de leur adresser.

«Là règle de leur conduitts, par rapport U l'éducation des jeunes gens confiés à leur soU lieitude, se trouve dans cette parole du roi : Paiies'ên de bon$ chrétiens , et voue en ferez de Iwnt Franfoie. Maia point de christianisme , point de religion sau)» pratique ; et la foi a bc*aoin d'être soutenue non seulement par l'exercice des devoirs rigoureux du culte 9 oùûa en-

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core por une certaine solennité dans le culte xnéme. On ne peut donc que s'aflftiger en voyant peu à peu abolir dans plusieurs écoles les pomt>es touchant^ du culte catholique , qu'aujourd'hui les protestants paême.nous envient.

9 L'éeole polytechnique fournit un exemple de çjes tristes réformes q.ui ôtent à la religion une partie de son influence sur Thommie , en lui ôtant f pour ainsi parler , son charme extérieur. L'école elle-méiBe ayant sollicité avec de vives instances la permission de placer dan^ la chapelle un orgue, qu'elle offroit de payer, M. le ministre de l'intérieur, par des motifs que nous ignorons , a cru deV-oir refuser sou.consentement. On est fâché qu^il aitufouté que c'était a$$ez. d'une mené bane. Nous ne voulons pas douter des sentiments religieux de M. de Corbière , mais ne seroit-il pas possible qu'il les manifestât , comme ministre , d'une manière

' plus conforme à Tesprit de la religion catholique, ^lui, après tout, est h religion de l'État '.» De tous côtés nous recevions les détails les

' plus affligeante sur la situation religieuse et morale des écoles. Nous savions qu'en particulier M. le grand-maitre gémissoit sur l'état du collège de Louis-le-Grand , qui ne lui lai$$oit

« Drapttut htime dn aa anil iSaS.

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pas 9 di90it*il dans rintiraité, an fnameni de sotmneil tranquille. Quelle fut donc notre surprise tt apprendre par les journaux que Monsd* gneur d'Hermopolis', ^visitant ce collège, où Ton a établi un prêche calviniste , n'avoit pas trouvé de termes assez forts pour exprimer sa satisfaction aux maîtres et aux élèves , parmi lesquels on sait qu^une révolte ne tarda pas i éclater ! Nous crûmes devoir essayer de prévenir l'effet que ces louanges imprudentes pouvoient produire sur des parents crédules. Ce fut Tobjet delà note suivante, qui fut insérée dans te Drapeau blanc.

« Le Drapeau btanc rendit compte avanthier , dans un article communiqué, d'une cérémonie religieuse qui a eu lieu le |3 )uin au collège de Louis-le-firand , et sur laquelle ta Quotidienne a donné des détails plus étendus.

» Trois élèves , représentant la philosophie, la rhétorique et la seconde , ont successivement , dit ce journal , récité à sa grandeur des vers latins de leur composition. Monseigneur a paru les écouter avec plaisir , et a daigné leur dire : t Bien que je ne sois pas étranger à la • langue déVii^Ue, je nesauréis m'en servir aussi •bien que vous , mais je la coonois assex pour » applaudir à vos heureux essais. Je jouis d'au-

3Ad saoGftxioif

• ttntplttf 4e vos succès et de ros sentiments , •que Lottîs-le*-Graod est aussi ma patrie ; et si , »ea visitant un autre coUége de cette capitale, >j'ti pu dire avec plaisir : f^ù)$ le coUége nBtnrilf^^ je dis maintenant avec plus d'en- » thousiasme : Vive le cûilége LouU^Mh^and. • . «

• Après avoir accordé deux jours de congé , •sa grandeur s'est retirée en témoignant à »M. le proviseur ^ à M. l'aumADier , et à MM. les •professeurs» toute sa satisfaction, et l'espoir •qu'il concevoit pour la religion, le roi et la

• France, d'une jeunesse tenue sous une aussi

• sage discipline, et qui paroit animée de si

• louables sentiments» •

« Nous nous occupons de rassembler des renseignements authentiques sur l'état des écoles de l'université , état trop ignoré généralement, et qu'il importe de faire connoStre povr l'ilUtélél des pères de famille. Comme il est impossible de penser que M. le grandnnattre veuille leur inspirer une sécurité qu'Une partage certainement pas , et doMt il sait mieux que personne combien- les suites poul*roient âtte funestes , nous n'hésitons pas à croire que la re« iation de k Quotidienne est inexacte sur beaucoup de points; Lorsque Ton a la preuve , tt nocif V»onz ^ que le c<dlége de Louis4e4}rtnd

et dlitiiigod entre tous les autrM pur rirrélk glon des tièveë , et par tout ce qui est uoe am* séquence naturelle de l'Irréligion , il n'est assurément pas possible que Monseigneur Tévêque d'Hermopolis se soit écrié avêc enthow* HOsme e f^ivê te colUge de LouU^le^rand ! Il n'est pas possible qu'il ait parlé de la sage dis* eipline sous la^ueik est tenue cette malheureuse jeunesse , qui , dans les trois jours de retraite qui ont précédé la première Gommunion^ n'a pas même été dispensée des classes y et à qui , dans la retraite de Pâquea'', on ne peraiettoit de lire aucun livre de piété hors des heures consacrées aux exercices religieux. 11 n'est pae possible enfin qu'un évèque justement respecté ait témoigné toute sa satisfaction aux chefe d'un établissement composé de cinq cents* élèves parnû lesquels à peine s'en est^il trouvé une cinquantaine qui aient rempli le devoir pascal. Mous ne voyons pas trop quel^i^otr Monseigneur d'Hermopolis pourroit concevoir de là pour U religion , le roi et la France , ni ce qui auroil pu exciter son enthousiasme poUr une jeunesse animée de si louables sentimente.

• Au lieu de chercher à jeter un tcmIc sur de» désordres portés à Textréme , mirax vaudroit s'occuper de les réfomer, Noos ne dootopa

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pas que ce ne eoit le désir de M. le pand» maître ;'iDais ud désir n'est pas une volonté. Qu'il TeuUlè fortement, et le bien se fera'. »

Cependant M. l'aumônier du collège de Louis-le-Grand , blessé des révélations que Tin* ' térét des familles nous avoit forcé de faire, essaya de justifier l'établissement auquel il ap« partenoit. Le silence eût mieux valu ; il préféra recevoir cette réponse :

>M. l'abbé N. J. G. nous écrit pour réclamer en faveurdu collège de Louis-le-Grand , qui $e

diêtmgue entre ioue tes autres , avions-nous dit » par l'irréligion des élèves , et par tout ce qui est une conséquence naturelle de l'irréligion. Il est tout-à-fait dans Tordre que le premier aumônier de cet établissement , et de plus , comme il nous rapprend dantf sa lettre , chanoine honoraire de Notre-Damcy professeur d'éloquence sacrée dans ta Faculté de théologie de Paris^ prédicateur or^ dinaire du roi, ait été sensible à un reproche, si grave , et nous l'en félicitons sincèrement. U me su0it , dit-il , d'attester que le reproche d'ir^ religion ne peut être fait aux élèves de celte mai^ son sans la plus insigne fausseté. Mais non , en vérité 9 cela ne suffit pas , et nous n'en croirons pas plus M. Taumônier sur sa parolCf que nous ne

* PffêÊM hUmc da 17 jain iSaSi

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demandons ù être crus suf la nôtre. Les faits padeiit : est-il vrai quesurciaq cents élèves, a peine cinquante aient fuît leurs piques ? Nous l'affirmons , et M. le professeur d'éloquence ne le nie pas, et nous le défîoùs de le uien Or, que M. le prédicateur ordinaire du Rolnous dise si l'on peut sans irréligion violer une des lois les plus sacrées de la cëligion.

Nous pourrions entrer à ce sujet dans des détails plus étendus, que nous voulons bien lui épargner, persuadés que nous sommes qu'il s'en afflige autant que nous ; nous youloas Uen même ne pas faire remarquer qu'il se tait prudeo^ment sur ce que nous avions dit de9 conséquences naturelles de l'irréligion parmi les élèves du collège de Louis-le-Grand ; il nous répugneroit d'être contraints de nous expliquer, là-dessus davantage. Quant, aux deux allégations que M. Taumônier déclare être absolument controàvées , savoir , que < dans les trois

• jours de retraite qui ont précédé la solea- »nité , les jeunes gens qui dévoient être admis » à la Sainte-Table n'ont pas même été dis-

• pensés.des classes; et que, durant la retraita

• de Pâques , . il ne leur étoît permis de lice . » aucun livre de piété hors des heures consa- » crées aux exercices religieux; » nous affir^

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iMns à notre tour , sur la prtmiètt. dtUgaiim ^ que les jeûnes gens qui dévoient être admis à la Sainte-Table^ n'ont clé dispensés des classes que dans raprès-midi des .4eux derniers jours, parcequ^ealîn falloit-il bien qu'on leur permît de se confesser; et sut la seconde, qu'elJe est fondée sur des témoignages auxquels AI. l'abbé G*** nous permettra d'ajouter autant de confiance qu'au àien , d'autant plus que le« faits dont il s'agit ont pu et ont dû même se passer à son insu. Après tout, ce ne sont là que des circonstances assez légères en comparaison du reste , et il faut se sentir bien foible pou^; les relever avec tant de chaleur et d'ostentation.

« Cependant , pour être ^uste , nous devons •.'avouer que le Constitutionnel n'a pas été Qiqin^ empressé que M. l'aumôniei^de Louis-le-Grand, d'attester que le reproche d'irréligion ne peut être fait aux élèves de cette maison y sans la plus insigne fauBseié; c'est un po^nt sur lequel ils sont parfaitement d'accord, et nous tious plaisons à reronnoître tout ce qp'a d'imposant Tunion de ces deux autorités. Le Constitutionnel embrasse dans une même justification , et les anciens lycées et les collèges royaux, qui représentent , dit-il , l'enseignement mutuel à

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