‹ Nouveaux mélangesChapitre 81 sur 107 · DANS LES TEMPS ACTUELS · texte numérisé non relu

DANS LES TEMPS ACTUELS

, SupermurostaosJerasalemcoastitoicasto^efl, tolé die et totâ noctc in perpetniim non Ucebant. Qui reminiaciaioi Domini, ne taceaiîs, cf ne detu'ei lilentium ,' donee 8tabiU«t»et donec po^t Jefn«tlein la^dem ia terrA.

Toutes les fois que de grands intérêts, principalement de rordre spirituel , sont attaqués et défendus ; lorsqu'on, dispute ^ux hommes leurs croyances , la règle de leurs pensées et de leurs actions , eu on mot , les vérités dont se nourrissoît leur intelligence , et leur conscience même, une prodigieuse agitation règne dans la société- Des partis se forment, il s eta- . Mit une guerre terrible au sein des peuples ; et ce n'est pas seulement^un combat de doctrines^ car les doctrines ne peuvent être ébran< lées que totit nfe s'ébranle, institutions , lois , mçBurs. Dans ces crises effrayantes, il ne manque jamais de se trouver im certain nombre

4l8 Dtr DEVOIR

de ces 'gens d'enire'^eux dont parle Pascal , indécis par timidité , iodulgents par calcul , qpi ne savent lii ce qu'ils pensent , ni ce qu'ils veulent, parcequ'ils n'ont pas la tnoindre idée de ce qu'on doit penser et vouloir. La foib'iesse de leur caractère et le peu d étendue de leur esprit les inclinent à croire qu'en toute contestation la sagesse consiste à se tenir également éloigné des opinions et des prétentions opposées , et qne toute lutte , quel qu'^n soit l'objet , doit se terminer par des concessions mutuelles; ce qui sjoppesé qu'on ne dispute jamais que des choses arbitraires', ou dont lliomme , en tout <)as , a le diroit de disposer comnae il lui plait.

Cette sorte de gens» la plus dangereuse peufr itre quand il lui arrive d'être en pouvoir dans les temps difficiles , ne sert qu'à oonduire avec moins de bruit les nations à letnr ruioe. EQe ne détruit pas , mais elle laisse clétruire ; elle ne fondé rien, mais elle empêche de rieo fdn- .der et de rien réparer- Essentidlemebt inexta, ce qu'elle oraim surtout i c'est l'action , pateequ'il n'y a poiût d'action, sans résistance- Elle a peur du moui^ement^ peur et la force , peur d9 la vie ; et, eherehant un repos qui n'existe point , ou qui n'éxisfis que dups le

DAKS US flSPS JLCTC218. 4ig

tombeau » eUe ne Teut poar doctrine que l'iu* différence, pour ordre que ce qui est, le mal comme le bien; pour justice qu'une égale pro* tection de. cp bien et de oe mal , pour paix que le fiUence.

Bt qu'on ne s'étonne point de Tasceùdant q[ue cette espèce d'hommoê parvient quelque* fbis à obtenir da%s ia société. Lorsqu'un peu* pie, «près de grands désastres , tarde A rentrer dans les Tdies d'où fl étoit sorti , il jperd peu i peu Tespérance, et jusqu'au souvenir d'un état] meilleur. Lesuocès desjiiécbantsencou* rage leur audace et fait illusion sur leurs prineipei même. Les bons , toofowrs sacrifiés , se lassent de combattre inutilement, et saisissent %vee joie le premier prétexte qui leur est of* fert d'abandonner, sans trop de hoBte, une cause long-temps malheureuse. L'intését personnel multiplie les défections^ Toutes les pas* dons viles se réveillent. Les uns supputent ce que peut vdoir ce qui leur reste d'honneur et de conscience; les autres s'endorment entre les débris de Tédiftce social rentersé, et s'jr* ritent quand on essaie de les tirer de leur som* veil. .

Ainsi tout va se corrompant : la raisoti pu« blif«e s'affoiblit, les cesun Bt dégradent i on

Page 1