DO MlfOIR
s'étourditr^ar le présent^ on oublie Ta^venir; et »éanvioiiis il reste au fond des âmes une jn* quiétude vl^gue et comme un sinUtre pressenr timent. Seuls tranquilles. et inébranlables, les chrétiens trouvent dans leur doctrine. ($ I*ex* pficatjon de ce qu'ils voient , et la consçlafion de ce qu'ils craignent, et là. garantie àe ce qu^ils espèrent. Trop éclairé^snr les causi^'et la gravité du mal pour slmaginer, à Texeitiple de quelques h omme$. aveuglés; qu'on i^ta^dira l'ordre et qu*on sauvera le monde par. les ehétiyes combipaisons d'une politique aus^ fausse qu'étroite 5 par des pactes avec lés passions «les opitûons,- les intérêts*, et . le ciime mêûoie» ils n'attendent de toutc^la que de, plus grandes .calamités , maïs ils les attendent saas trouble; car ils savent que leur vraie.patrfe, la ' société religieuse dont ils sont membres, subsistera au miliçu de ces vastes bouleversements , et demeurera éternellement ^ble au milieu de ces ruines : ils savent qiie sa beauté ne sera que plus. éclajtante parle contraste des sociétés difformes qui naîtront incessamment et se dissoudront autour d'elle; ils savent en^- "fin que le désordre , {larvenu au terme fixé 9 y rencontrera la barrière qu'il lui est défendu de ftanobir. Alors unira le fiègne de l'homme^
DANS lEâ TEMPS ACTUELS. /^2\
et commencera le règne de Dieu ; et tempus amnts rei tune erit.
Soutenus par ces hautespensées de la foi, les cErétiefis ne se laissent ni séduire par les vélines espérances que les hommes mettent dans d'autres hommes , ni intimider par les
revers , ni déconcerter par Jes obstacles que
la violence ou la ruse ne ^esse de'leur opposer. Quand viendra *ié jour du triomphe , ils ne seront plus peut-être ; mais qu'importe? Vaincre , ce n'est pas ce que' Dieu leur commande; leur devoir est de com|>attre, voilà tout. Malheur à ceux qui, las de ce sacré com- ][)at9 transigçnt'avec le mal, ou dont les lâches désirs sont satîs^its pleinement par quelques heures de repos ! Malheur à ceux qui disent : la paix, la paix, lorsquUn'y a point de paix '. Et n'est-ce pas là ce que nous entendons? Cette parole de mensonge ne frappe-t-elle pas à chaque instant notre oreille? La France, îi y a peu d^'ann^s^, retentissoit d'un. autre cri; de toutes parts s'élevoicnt des voix courageuses pour signaler le vices des. institutions , les
* A mioinio usqu^ad maximpin , X)nincs avaritUm sequuatur: à propbetft itt<^uc ad saccrdotem , cuntiti faciont mendacium. Et Moabanicoiilfitloacin fiKae popvlimei ad igaomîoiam drceati!» pax I pas , cùm non r^el pas. (/Jr^i. , tiu, lu fMt.}
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abu8tlu goufernement, et pour en demandfe la réforme. Des lioznmes du plus haut rftng, et revêtts des' plus hautes fonctions , ne crureut point s'abaisser en défendant la cause de la leUgion et de la société dans les feuilles* pijK biiques, seule tribune d*où l'on puisse, dans • Këtat actuel des mœurs > imprimer aux esgrits Un grand mouvement. En éclairant TEuiope» en ranimant < le courage presque^ éteint det royalistes , en concentrant leurs forces, le Can^ s^rvâ/eurprouTa combien estpuissânt/;e moyen d'action. On lit peu les livres aujourd'hui, leur influence est très circonscritt ; maïs fet Journaux pénètrent jusque .dans les cbaumiè^* res : ils y portent Terrettr ou la vérité '» et et sont eux qui , en fbrmant, en dirij^eant Topi* nion des peuples , et même leurs passons, disposent des destinées du monde, fimpiéfé s'en bit une arme , et la religion s'eu aide. Soûs ce rapport, ils ne sont pas seulement une tt^une » ils sont encore une chaire , et \l n'est aû-de»^ sous de personne d*y monter.
Aussi, quand nous écrivions. dans le Cùnnr^ tateur et dans le Défenseur, quelqu'un eut-il la pensée de nous en faire un sujet de blâme? ^e fûmes-nous pas, au contraire, encouragés par le suffrage uûiversel des gens de bien 7 Or»
DANS m KW» AGTUBLS. 4^3 '
depuis , que s'est-il passé qui pluiss^ justifier un jogement divers, et j^ofxi dispenser de ce qu'alors od coosidéroit comme un devoir ? jj.es journaux sont ce qu'ils étoient, et rien mal? . heureusement ù'a changé non plus dans le système du gouvernement. Quelques hoounes ont cédé leurs places à d'autres hommes, et ceux-ci ont, dit 9 tout est bien, voilà la xé^ vcriiution finie.
Il étoit, nous le croyons,, permis aux royar listes de ne pas entièrement partager une coiH fiance si prompte , et d'être moins enivrés d'un premier succè^. Les portefeuilles, c'étoil quelque chose, mais ce n'ëtôit pas tout pour tout le monde , et l'en pouvoit encore d^irer quel* que chose de plus. Voyons si les royalistes» ep^ exprimant leurs vœux, ont dépassé les bofpes dcsconvenanccs et de la raison.
La première chose qu'ils demandèrent , ce fut que la Fçance s'armât centre la révolution d'Espagne , afin de saciver l'Europe des nou« veaux désastres qui la menaçoicnt. On se rappelle avec quelle chaleur et quelle obstination les pninisires résistèrent à ce conseil de la sa*^ gesse, et, on peut le dire aujourd'hui , à cet ordre de la nécessité. Il leur fallut céder pour* tant à l'opittion publique 9 aux événements qui
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se pressoipDt j>our justifier les préiroyances de ceux que leuf s agei^s jsrppelt^ient Jes fanfltit/ues. » CoQsidé^z^maiziteQant les résultats de la guerre* . eutreprise aVec tant de répugoance par le ministère > çt jugez entre lui et ces fanuUques si injuriés. C'Espagpe leur a dû âoa r^î , sa religion, le retour de Vordre et de la^paîx, et l'Europe sa sécurité. ^
Qu*oiit'*i)sdemandé encore? Que le royanmç très, chrétien ces^&t d'^re régi par de$ loi$ tptpies. Tous les membres de la droite ont éàojacé le même vœu* : o&eroit-on le taxer, d'exagéra* tion ? f'aijdroit-'îl absolument , pour complaire aux ministres, être satisTait d'une. fêgif^tion déclarée ii9pie par les député», de la JPrancel Et seroit-il pos^bfe qu'il3 se crussent attaqués personnellement toutes lès fois qu'i)n réclame, en faveur de la religion et des dtoits.dte Dieu?
.Nous aimons à penser. qu'au» moins on ne leur est pas importun lorsqu'on,ri^>pelle ki^ut souvenir d'illustres infortunes, qu'ont parU* gées' plusieurs d'entre eux. Il y a iWf ans que la fidélité , dépouillée de tout, attend un morceau de pain. Ce n'est pas trop» ce seml^le, quand on a donné son sang: Paisse lemiais-^ tèreen juger ainsi!
Mais, s'il ne. s'est point jusqu'à présent ex-