SUR UB SACRI£ÉGB
M. l'archevêque de Paris ne sembloit pas trop demander en faveur de la religion , qu'il étoit particulièrement obligé de défendre : une simple division de paragraphes suffisoH pour le satisfaire. On ne devine pas pourquoi M. le garde des sceaux s'opposoit à un changement qui n'intéressoit pas le fond des choses y et qu'il reconnoissoit être de simple forme.
Une réclamation plus importante , sur une lacune du projet de loi, s'éleva presque aussitôt; et, pour être juste envers tout le monde, nous rappellerons ici que l'honneur de cette réclamation, qui auroit dû être appuyée plus fortement, appartient à M- Pasquier. Il déclara < qu'on ne pouvoit s'empêcher d'introduilfe ;^dans le projet une disposition répressive du
• sacrilège, indépendant du vol, qu'atteignoit »seul la disposition originaire. Tout en res- •pectant les principes de notre législation pé- »Dale, on conviendra, dit-il, que, dans une loi 9 qui a pour but la répression des crimes com- » mis dans les églises , il est impossible de pas^
• ser sous silence le plus odieux de tous ces cri- »mes, la violation des tabernacles et la profa-
• nation des hosties consacrées. De quelque
• nom que l'on flétrisse un pareil attentat, il
• a besoin d'être prévu, d'être exprimé par une
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• assemblée dont fous les membres» à un petit > nombre d'exceptions près, font profession de »Ia foi catholique. » En conséquence, M. Pasquier TOuloit qu'on insérât dans la loi c le 9 terme de violation ou desit^udion des sainte$
• hosties, ou quelque autre exception pi us cor* ^
«yenable. »
Rien ne paroissoit plus juste et plus simple à la fois; on y vit pourtant des difficultés. La plus grande étoit de rappeler indirectement le ' mot de sacrilégeM.ïéxèiiue d'Herroopolis, avec cet esprit de conciliation qui le caractérise', f consentit à céder à un scrupule dont iJ vaudroit «peut-être mieux s^ffrancbir, dit-il; mais, •gjouta le noble pair, si l'on craint d'employer I ce mot de sacrilège sans une définition qui » en restreigne la latitude 9 au moins faut-il le * » remplacer par quelque chose, 9
{^'assemblée n avoit pas au fond d'éloignéoement pour cet xivis conciliatoiré : l'embarras Qtoit d'ioiaginçr quelque cfiose qui dît et ne dît pas ce qu'on ypuloit et ce qu'on ne youloit pas exprimer* Enfin, après avoir balancé les désirs
« « Un nouvel opinant (^. Civique d'BermopolU) présente une •tèdaction qn^il croit propre à eaneUier toute» lu opinions • ( itwiteur du S.mfti 1834.)
SUR lE SACRILEGE* 479
et les répugnances \ le noble pair « se flatta que > la disposition suivante n'éprouveroit aucune » objection. Il proposa d'ajouter comme article
• additionnel à la suite de l'article :
»Sera puni de la même peine quiconque, » dans un édifice copsacré à la religion catho-
• lique, aura volé , avec ou sans effraction , les 1 vases sacrés renfermés dans le tabernacle.»
Les uns trouvèrent que cette disposition eq effet étoit quelque etwse^ d'autres trouvèrent que ce n'étoit rien , et plusieurs que c'étoit trop. Une longue discussion s'engagea sur les termes de la conciliation. Devoit-on dire les vases déposés ou renfermés ? M. l'archevêque de Paris résolut cette grave difficulté par les règles cano: niques , qui ordonnent que le tabernacle soit toujours fermé.
II se jeta ensuite dans des distinctions un peu subtiles sur les vases sacrés destinés à l' exercice de la religion de l'Etal, et les vases consacrés à la célébration des autres cultes : de sorte qu'à son avis , tandis que les autres cultes et leurs vases n'ctoient que consacrés, la religido de l'État et les vases destinés à son exercice avoient l'avantage d'être sacrés : supériorité inr
> « Prraonae ne veut lainer te taerilége impuni. ~ Si toutefoif • oa y Hp»$n$i ete. • ( àhHÎUur àa 6 mai i(^a40
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contestable, qui ne satisfit cependant pa&M. Tévêque de Troyes , dont le mâle esprit et la ?î?e foi étoîent peut-être peu propres à saisir ces délicatesses grammaticales.
Enfin, pour en venir à quelque chose de décisif sur cette question, M. l'archevêque de Paris fit , en présence de l'Europe , cette déclaration solennelle , que chacun peut lire dans le Montteur, où elle fut consignée le lendemain.
« Le vol des vases employés à la célébration » des autres cultes suppose en effet , dans celui » qui s'en rend coupable , le même principe » d'irréligion que celui de nos vases sacrés , » quelle que soit la distance qui, datis le fait, I sépare les uns des autres , et rien n'empêche » que la loi lui applique la même disposition » pénale. »
Abrégeons : la loi amendée selon ces principes parut anti-chrétienne et anti-sociale à la commission de la Chambre des Députés» Elle s'occupoit d'en rédiger une que des chrétiens pussent adopter, lorsque tout«à-coup le ministère retira son .projet. Il le reproduit aujourd'hui avec des modifications qui ne le rendent pas meilleur, ainsi que nous le montrerons dans un moment , après avqjr présenté quelques observations sur le discours de M. le garde des sceaux.
Llûcohérence et la contradiction des idées, la fausseté dangereuse* des maximes.» Toilà ce qui frappe d>bord dans ce discours. S'excusant de n'avoir offert i la discussion des Chambres, pendant la:derl:)jlère session, qu'un projet de loi incomplet au jugement de tout le monde et de son aveu même insuffisant, le ministre en donne cette raison., qu'il u'avoit pfs cru devoir provoquer des^ dispositions pénales coiitre un crime f u î nous était devenu étranger.
c Quand nous portions , dit-il , nos regards » sur la soelété , nous^ y remarquions plus d'in- «differenee que de haine pour la religion ; plus »de négligence et d'oubli 3 que d'ardeur à la » combattre et à l'outrager ; plus d'impiétés > » commises par des, malheureux dépourvus de
> foi , que de "sacrilèges commia par de fanati-^ » ques adversaires de'notre culte fit de nos croyan- B'ces. Les exemples de ^aeciléges étoient très 1 rares, et pour ainsi dire inconnus : il nous-parut » qu*on pouvoit différer d'instituer des supplices » pour un .crime qui nous était devenu étranger,
> et d'offrir des garantie3 à la soelété contre un » danger auquel elle n'étoit pas exposéç. »
Il est assez» étrange que le premier magistrat du royaume , chargé de la défense des doctrines sociales , choisisse pour nous apprendre
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qu'il y ti p/ua de nigligtufice et df oubli d§ la V#/igion, que d* ardeur à la eombaUre et h l'outrager, le momeût mêipe où» uqù satisfait àt réimprimei^ et de répandre avec ptofasjon^ jusqtte.dansle^canipagDesiles.QUTrages du dernier siècle I dans iesqu^s la religrbn est à chaque page attaquée et outragée^ oaiDdûde enc6re la Frande de litres nouveaux où rimpièlè 'U plus faatdie se joiat aU tynispie le plus révolta tant*.
Mais enfin il est constant» d'après ]ï« le garde des sceaux, que ie sacrilège est ptfrmi nous un crime pouraihêi dire ificannu; que dès -lors il cet iautile d'offrir -à la socijité des gtaranUeê contre un danger auquel elk n'eêî, pat expùUe. Qui croiroit que ce fût là précisément Tun des tno-* tifs sur lesquels Je mifiistro appuie ^an projetée loi f et qu'il vienne dire à 'la Cfaanàbre des Pairs ^ » Messieurs^ le sacrilège est. un crime iqui xi'existe 'point; çn conséquence » je voiis; ^propose de faire une loi conttele sacrilège?»
Il est difficile de ne pas trouver uae .sorte de
• Uo« sevte e«trtprli« de ce genre , U itibilàlkêfuê il» été* neuvième êiècle, deAlioée, fuWenrle Pift/fêçtttu^k paAparet le peuple des campagoes k la léctare de Voltaire et de J.-J. Bout* sèaa ,- mettra sU cent mille volumes d'Impiétés en circulation d«M le cottM d'Mif ^ 4t«i eanéea.
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coDtndictîoD dan» ce langage: ttlendona pourtant; M.' de Peyronneta bien des ressource! dans Tcsprit; citons dncore :
«Qu'est-'ce que le sacrilège? C'est, répond 9 le projet de Ibi , la profanation des choses sa** »crées. En quoi consisteh profanation? A coiA^ i» mettre toiontairement et par haine ou mépris » de la religion , des outrages et des Toies do » fait sur les vases sacrés, ou sur les hosties con<« » sacrées. • ' «
La profanation des choses sacrées , commise par haine ou mépris de la religion , est dono en Fiancé pour ainsi Hire inconnue? Le miois^ tre du moins.nc peut le dire sans abandonner, comme on va le voir, sa doctrine sur le sacrl* léger; car voici ce que nous lisons dahs son discours à la Chambre des Pairs :
«Affligé du graûd nombre de vols êacrilégeê >qui se commettent dans les diverses parties »dti royaurûe , nous pènsiofis qu'il étoit de » notre devoir de proposer des peines pour les » réprimer. » •
Le vol d*une chose sainte est sans doute, se^ Ion ks idées de tous les peuples , une profana-» tioh. Ils n'imaginèrent jamais, à la vérité, que la profanation, pour être sacrilège, dût avoir été commise par haine on mépris de la reli*