‹ Nouveaux mélangesChapitre 98 sur 107 · DU PEOJBT DE LOI · texte numérisé non relu

DU PEOJBT DE LOI

et 81 la haine ou le mépris cooduiaoieDt ce bras i]^ui â plongé 4e ppignard dan» le sein paternel ; car.ôtez le mépris et la haioe, Je parricide dis- . paroîtf

Non seulement rarticlè a rend illusoices les dispositions du titre premier , il est encore absurde en soi 9 puisqu'jil soumet à des peines Bévèrp de& délits impossibles à constater. La loi ne peut atteipdre et ne doit punir que les actions. Qui jamais entendit parler 4'ûne législation pénale contre les sentiments , dSine sentence de mort prononcée à raison de ce qui se pasèe dans le secset du cœur? Et remarquer de plus ici Ténorme contradiction dan# laquelle tombe le ministre. Un «sentiment ,\ quel qu'il soit , considéré séparément de tont» a6te exté- ^ rieur, ne sauroit blesser que Dieu seul, et s'il . ne blessolt pas Dieu, ce ne seroit pas un crime , ce ne seroit pas une faute même légère. L'acte extérieur , selon le projet , ne constitue pas le sacrilège; il faut qu'il ait, en. outre, été commis par keUne ou mépris. G*esl donc la haine ou le mépris qui , selon vous , caractérisent proprement le sacrilège ; c'est la haine pu le mépris que TOUS * punissez du supplice del parri- "cides. Or la haine et le mépris ne peuvent être des crimes qu'autant^ qu'ils blessent Dieu ^ et

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lé ministre nous assure'^^tV n'est en notre puis-sanccy ni de blesêer^ ni de venger tinaltérable dignité de êa nature et de son nom. Donc , ou la peine du .parricide est décernée contre un crime imaginaire , ou le principe qui sert de base au projet de loi n'est qu'une absurdité monstrueuse.

Dès qu'on sort de la vérité j l'erreur naît de l'errenr, et le mal naît du mal. Ltrticle^, , opposé à la justice et au sfens commun , est encore souveraitiement impie > en ce qu'il attribue à la créature folble et ayeugle le jugement

de l'intention , le jugement du cœur, qui a'appartient qu'à Dieu ; et c'est en ce sens qu'il est dit dans l'Eyangile : Ne Jugez points afin que ' vous ne soyez point jugé '. Faire comparoître devant soi l(i conscience de l'homme, prétendre en scruter les secrets, déclarer qu'on a vu avec certitude ce qui se passe dans ses mystérieuses profondeurs , c'est une autre espèce de sacrilège : c'est prendre la place du souverain Être > c'est violes le sanctuaire de sa science incommunicable , infinie.

Nous avons avancé , en second lieu , que le projet de loi était athée dans son ensemble. 11 sera facile de le prouver, mais pour cela il faut

• Kolite jadicarey vt noo jadiioemisi, (Mttîth,, tii» t.)

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d'abordexpllquer c6 ^ue nous enteDdons pur le mot d'athéisme politique où d'athéiêcne légaL Uiï état «st poliiiqdemei>t oa légaienènt athée lorsqne Dieu é«t exclu de. se» lois, lorsque la leligion ne fait'p^s uûe pai:lie essentielle Je sa consfiitutiori, lorsqu'eU^ '^ai également bannie et des institutions politiques et des io9^ titotions civiles : c'est ce que la rèyolation aiait fin Fràiicf, et ce qu'elle «'efforce de coDScrrer. Un état est encore politiquement ou légale* ment atbée^ lorsqu'il professe Tindifféremee de» religions , parceque c'est au foiid n'en reroo^ nottre aucune* Qu'on le remarque Bien, cette indifférence athée, dom dous parions, c^erto-* talemeot distincte, dé la tolérance citile. Ainsiy les juifs sont etfurant toujours civilemebt tolé' rés à Borne ^ quoique aucun état ne jsoit certainement plus éloigné 4e l'indifférence reli-» gieuse; et' pourquoi? parcequ'une seule Religion y est regardée comme Térifable. L'itfdiSirence consiste donc à tenir pour ëgakcxént vraie» toutes les religions , ou plusieurs religions éA^ verses. Or c'est là ce que fait le projet de loi, en appliquant les peines portées contre le sacrilège aux crimes et délits commis dans les éàtfi* ces consacrés aux cultes légdlenient établis en France^,

8VK tS SAGKJliGl. ^gS

Toiit ittcrilége implique Tidée^de la profana-* tiofl d'uûe chose irainte , d'ime clîosa $acrée ( M. le garde des sceaux Tayoue. Il recoanoit doDc comme réelleùient sacrée les objets employés aux cultêêJégaUnieni établis en France t' ianaqvpi |a ioi qui puoiroitde peines plus se»* Tères le vol d^ ce» objets , serolt à la/ois ia}uêté et cruelle^ Mais qqe pé'utrfl y avoii' de sacré dans un culte faux^ dans un culte que Dieu ré« proure? La loi 'svppose donc égafement vrais» également agréables à Dieu,. t9us ki cultei té^ gaiement établis en France. Mais ces ctHtes eon^ tradictoires ne peuveat èti«. également vrais que dans le scfns oir ils scroicqt tous faux ;'le projet de loi les suppose donc faux, , il AiaUit dOflC riiidifférence des teligions » il esi donc athée.

fit de U cette expression étonoaafe de là loi i • Il y a preuve légale de la consécration du > ciboire f de ToMeDSoir^de fa patène et du ca- »Uce employés aux cérémonies de la religion an il moment du crime* «Ainsi le phis saint des mystères , le sacaifice de Dieu même qui s'accomplit invlsfblement .sur l'antél , n'e^t » aux ybux de la loi, quVme cérémonie! Et puis, nous nous vanterons d'être chrétiens ; mais le «ys^ tème entraîne. Ainsi encore ^ oti ^'appellera point la religion chrétienne ^r «on nom» l'on

Aù& •^° viam ta loi

d'abordexpMqoer ce ttue nous eotendon» par le mot d'aibéUme politique ou d'athéisme lég»L

Uû état -est politiquement oa légalement athée lorsque Dieu est excla de.«e»loiB,1ot9que la religion ne fait" pas uûe partie essentielle de sa consfitutiori, lorsqu'elle est égaleteenl bannie et des insHtutions poÙtiqueset des iostitotloQs civiles : c'est ce que la révolution a-fait en Fràocf , et ce qu'elle «'efforce de conserver.

Un état est encore politiquement où légalement athée, lorsqu'il professefifidifféreAoe des religions , parcoque c'est au fond n'en reconnottre aucune. Qu'on le remarque Wa», cette indifférence athée, dont rtous, parlons, e'sWotalemeot distincte de la tolérance civik. Ainsi, les juifs sont et fiirant toujows civaernent toléré* à Borne i quoique aucun 4tat ne soit ccrtoioemcnt plus éloigné de l'indifférence religieuse; et pourquoi? parcequ'une seule religion y wt regardée comme véritable. L'irfdifffcrence consiste rfonc à tenir pour également , vraies toutes les religions , ou plusieurs religions diverses. Or c'est là ce que fait le projet de loi, en appliquant les peines portées contre le saerilége aux erinus et délits commit dan» le» éà^ as consacrés aux cultes légalement établis en France t

SVK 11 SACIlIliGB. 49^

Totit ittciilége implique l'idée^ de la profanation d'une chcMo «ainte , d'irne cliosa adcrée ( M. le garde des sceaux r&TOue* Il reconnott donc comme réelleùient sacrée les objets eta^ ployés uux culm tégaUmeni établis en France t' aanaqyoi )a loi qui punirait de peines plus se»* Tères le yoI de cea objets, serolt à la/ois iofuêté et cruelle^ Mais que péutril y aroir de sacré dans un culte faux » dans un culte que Dieu ré» prouve? La loi ëvppose donc égalaient vrais, également agréables à Dieu, faus^lffi cultei U^ gaiement établU enVtancê. Mais ces cultes eon^ tradictoires ne peuvent èti«. également vrais que dans le S(h3soù ils scroicnt tous faux ; le projet de loi les suppose donc faux , fl établit donc Tilidifféreoce des ^religions , il esi donc athée.

fit delà cette expression étonnante de la loi $ • Il y a preuve légale de la consécration du > ciboire f de l'ostensoir , de ta patèaa et du ca* »lice employés aux cirémonUê de la religion au 4 moment du crime* «Ainsi le phis saint des mystères , le sacsîfice de Dieu même qni s'accomplit invlsiblement sur Vantel ^ n'est , aux yèox de la loi, qu^une cirimonid Et puis nous nous tanterons d'âtre chrétiens f mais le sys^ tème entraîne. Ainsi encore, on n'appellera point la religion chrétienne par son nomil'on

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ne dira poiatla religion, catholique ^ apostolique , romaiAe > mTds la religion de f£ïaîj^ car enfin, qui e£bpeche que TÉtat en adopté une autre? Et cette expression , d^ailleun, marque clairement ce que l'on ne T^t pas qu'on oùbKe I que si Ton reconitoit à la rel^ion qjitbolique quelques d toits » ce n'est pas' à cause d'elle e^de sa férité, mais uniquçment à cjBiuse delà profession que l'État en fait.

Quç si l'oirtrouToit de l'exagéfatîon dans lés conséquences que^ous tirons dutexte de la loi,

' il suffirait I pour justifier tout ce que nous tb^ nous de dîre^tie citer le discours^de M/ le garde des sceaux; car il n'a pas voulu qû'onisè méprit sur le bût qu'il s'est pkoposé.

* «le projet actuel, dit-il» éf^nt divisé en plor B sieurs tttre&f et k premier d'entre èûx ayant »pour objet des croyances ' quen'admettentpas »les cultes dissidents, Ua bienfiillu * reconnoî- »trc"que les dispositions , de ce fître {ktiù'e li premier) étoient ezclusiveinent relatives à-4a

> Geae sont pas det vjlrltésv oe ne tciit p99 àt» dogftes, ce tout des er(fyânceu ÀlUetirs il dît des opinions : Von peut cbofsiiw

• Qal pourroU eu Va$\ vfmîoir à BC dë'PeyjromKtf AMoiément ot n*eit pa»Bft faute ai les <^caiû^t«'ref osent d^dmeltre^Ies âhfyam"

-ce» ou ies ûpinioM do la «-eligîoA àt l'élit. Que oa cr6iént4la ras. peu plus, on se Graoit un deroir et un plaisiç d'étendup ptoportionneUenieot la protectign qu'on leur aecord^

SUR £E SACRILÉ6S. /^gn

• religion de TÉtat \ Dès lors, messieurs , il a » dû paroitré plus simple et plus conyenable de •régler, par un article s|>écial, les diverses ap-

• plications delà loi , et de marquer profondé- » ment , par une disposition isolée , que les

• promesses de la charte ne sont point de yai-

• nés pfomesses , et que l'égalité de protection

• qu'elle garantit à tous les cultes admis dans le «royaume n'a d'autres limites que celles de ee$ *^ cultes mêmes et de leurs doctrines. •

Vous l'entendez ; l'intention de M. le garde des sceaux , dans son projet de loi , a été de protéger également leb cultes les plus opposés, et sans autres limites que celles de ces cultes mêmes et de leurs doctrines. Quelle touchante égalité qui unit dans la même protection la croyance du chrétien qui adore Jésus«Christ, et ]a croyance du juif qui le blasphème; la croyance du catholique qui çeconnoît son Dieu sous les apparen* ces de l'hostie consacrée, et la croyance àa pro-

> \\ refaite de là que , f'il pbitoit demain «hk calWnltte», par exemple, A'Mdmeiin la croyante de la présence réelle dans leor cène, qao7({ue parmi enz il n'existe point de fëritable sacerdoce, et qu'il ne poisse parcqpsénncnty afoir de consécration Talide, la lut derroit punir le vol fait dans leurs temples d'un morceau de pain , du4n£me supplice dodt elle punit la profanation du corps sacré do Saufenr des bommes, l'exécrable piofanatîoD de h Di?inîté elle-mêne.

49^ ^^ PKCMTBT nr lOlt SQB JSÊ «ACRUiOE.

testant pour qui cette hostie n'est qu'un moi^ oeâu de pain! Voilà comment le ministre en* tend la ekarU et la religion de VÉiët; voilà ce qu'il a Youlu man/uerprù fondement. Affligé des nombreux sacrilèges qui épouvantent la France, jl vient, pour y remédier, proposer à ses députés et aux pairs du royaume une dédaratioo d'indifférepee pour toutes les religions légalement établies » uise profession solennelle d'athéisme! Espérons que cette loi funeste sers repoussee avec toule Hadignation , avec. toute l'horreur qu'elle doit inspirer à quiconque croit en Dieu. Grâce au ciel, on s'est trop pressé : la France, quoi qu'on ait fait pour hâter ses progrès» n'est pas encore mûre pour ces doctrines; et de telles lois ne sont proclamées d'ordinaire que U veille de la mort des peuples.

OD PKOjrBT DE LOI

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