‹ Nouveaux mélanges philosophiquesChapitre 2 sur 19 · Voir les Quelques mots sur M, Jo%tlfroy · texte numérisé non relu

Voir les Quelques mots sur M, Jo%tlfroy

Ojgitized by

FRÉFÂGE DE L'ÉDITEUR

pidement lesquisse des trois premiers chapitres dont elle devrait se composer.

Le projet resta sans eiéeation, il n'en sortit du moins pas

nn livre; mais ce qui en sortit évidemment, ce fut, repris avec de nouveaux développements , un nouveau degré de maturité, de force et de précision, renseignement qu'il avait déjà donné an Collège Bourbon et à TÉcole normale, avec cette différence que cette fois il fut recueilli dans des rédactions qui le rendaient et le faisaient revivre, non pas sans doute avec tous les mérites de style et de pensée de celui dont il émanait, maïs du moins avec assez de fidélité , de suite et de diligence, pour qu'on pût bien les deviner. Plusieurs de ses élèves, M. Duchâtel en particulier, excellaient tellement dans ce studieux travail, que M. Jouffroy tint à conserver et garda comme dans ses -archives les cours de psychologie, de morale et d'esthétique, rédigés tout entiers de leurs mains. Si à ces trois grands corps de leçons on joint un cours de la philosophie de lliibLoire, dont il ne reste de cette époque que des notes assez rares , mais qui plus tard fut r^ris et sténographié au Collège de France, on aura niie idée à peu près complète, non pas sans doute de tous les travaux (car il y en a d'autres et de très-divers dont je dirai plus tard un mot), mais de tous les travaux d'enseignement qui remplirent cette période de la vie de M. Jouffroy^ et qui durèrent par conséquent, de 1822 à 1828.

A cette époque, graco \\ l'inlluence du ministère réparateur de MM. de Martignac el Portails, et par Tintervention bienveillante de M. de Yatimesnil , il put reprendre publiquement la parole dans une chaire de l'État. Je dirai tout à rheure ce qu'il y fit; mais avant, et pour Tordre deis temps, j'ai besoin de rappeler d'autres souvenirs. Ainsi, il publiait en 1826 sa traduction des i^5guis«6« de liugald-Stewart, et la pré/oee qui est en tète; il entreprenait en 1828 la traduction des œuvres de Reid, et composait vers le même temps * et donnait dans lù Globe ou dans d'autres recueils nombre d'articles ou de morceaux plus ou moins étendus, dont il a

PRÉFACE DE L'ÉDITEUR

en grande partie composé ses premiers Mélanges. Aussi nul moment de sa vie ne fut plus laborieusement occupé et ne le fut plus largement par la pure philosophie. Plus tard« il eut d'autres soins, et la politique, sinon comme objet de préfi'rence du moins de devoir on de nécessité, lui devint une distraction qui l'enleva trop souvent aux doux et sérieux loisirs de la pensée spéculative. Ge n'est pas, encore une fois, qu'il aimât mieux ailleurs, qu'il aimât même beaucoup ailleurs ; mais enfin , sans être au fond ni moins fervent ni moins fidèle h la philosophie, il lui rendit, faute de temps et aussi de santé^ un culte moins assidu ; tandis que, dans ces belles années dont les circonstances lui faisaient comme une retraite pour la science, tous ses jours lui appartenaient pour Tétude et la méditation. Heureux jours, quoique sous d'autres rapports ils fussent diificiles et durs,, qui furent comme son printemps, sa saison de fraîcheur^ durant laquelle son intelligence, riche de jeunesse et d'espérance , produisait par jets nombreux toutes les fécondes idées diul elle portait les germes en elle ! Ces jours ne revinrent plus pour lui, ou^ s'ils revinrent, ce fut moins sereins et trop souvent troublés par les mau« vaises et tristes heures de* la politique et des affaires.

En 1828, ainsi que je viens de le dire , M. Joullroy avait été appelé comme suppléant h une des chaires de philosophie de la Faculté des lettres. Il y traita d'abord de la circonscription et de la division de la psychologie ; puis, de 1 829 à 1830, des fonctions delà sensibiÛté et de la raison. H avait consacré à ces divers sujets un assez grand nuinhre de leçons ; mais, à Texception de son discours d'ouverture, et de la leçon qui le suivit, recueillie par le sténographe , il ne reste de tout cet enseignement que des notes très-abrégées : ce qui serait plus h regretter si, par la nature môme des matières qu'il entreprit de traiter, il ne paraissait que tout peut s'en retrouver , soit dans les cours rédigés dont j'ai parlé plus haut, soit dans les Mémoires, de l'auteur qui ont été ou seront publiés.

En 1830, M. JoulTroy , nommé professeur- adjoint à la

VUI PRÉFACE DE L'ÉDITEUR

chaire d'histoire de la philosophie moderne, diangea de titre sans changer de sujet ; et^ continuant son cours de psychologie, il passa de la psychologie intellectuelle à la psychologie morale. J'en trouve la preuve, non dans une collection suivie de rédactions, mais dans quelques leçons éparses recueillies par le sténographe, la troisième entre autres, à la date du 29 décembre 1830, que je remarque, parce qu'elle est, à quelques modifications près, son mémoire sur la Légitimité de la distinction de la psychologie et de la physiologie, La suite et la fin de ce cours, avec les développements qu'il entraîna, durent remplir les années 1831 et 1832 ; je le suppose, car il n'y a pas dans les papiers que j*ai entre les mains trace d'un autre enseignement jusqu'en 1833, époque k laquelle il entreprit son Cours de droit naturel , auquel il consacra cette année et les deux années qui suivirent.

Cependant il avait été rappelé* à PÉcole normale, comme maître de conférences de la seconde et de la troisième années de philosophie. Des notes et des ma^riaux rassemblés par lui ou sous sa direction sur l'époque antésocratique et sur l'époque socratique, des notes diverses, des extraits et des analyses de Bacon et de Descartes, sont les seules pièces qui, jointes à quelques rédactions d'élèves, constatent et rappellent ce retour, qui dura trop peu de temps. Nommé en effet , en 1832, professeur au Collège de France, il donna sa démission de maître de conférences, alin de pouvoir mieux concilier ses nouvelles fondions .ivec celles qu'il avait à remplir à la Faculté des lettres ; et il iesconciliaen effet; car, pendant que d'un côté il professait le droit naturelf de Tautre, il donnait, comme introduction à l'histoire de la philosophie ancienne, une suite de leçons, qu'on pourrait comprendre sous le titre do philosophie de l'histoire, et qui me paraissent devoir être la reproduction de son premier cours sur cette matière; il y en a un bon nombre de recueillies par la sténo^^rapliie.

Tant de travaux, et je ne parle encore que de ceux du professeur, ayaient, vers 1836, porté une atteinte fort grave

PUÉFACE DE L^ÉDITEUR

à sa sauté ; une maladie dont il âvait déjà éprouvé plus d*une fois les tristes symptômes, et qui était celle à laquelle plus tard il devait succomber, le força à chercher un peu de repos et de vie en Italie, à Pise, oii il passa sept à huit mois. A peine y ent-il recouvré un peu de forces, qu'il composa sa Préface de la traduction de Reid*; il y écrivit aussi de bien longues et de bien douces lettres sur les hommes et sur les choses qu'il avait sous les'yeuz, et on peut juger de ce que cette intelligence, si riche d'idëes et d'imagination, dut y répandre de charme sérieux, eu s'y dévelnj)pant avec toute la liberté et Teffusign de l'amitié, en même temps qu'avec cette originalité» cette justesse et cette portée de vues qui la caractérisaient. Ceux de ses amis auxquels il les adressa, et surtout auxquels il les envoya, car il ne les envoyait pas toujours, pourraient en dire tout le prix.

Ce voyage, ce séjour, lui firent assez de bien pour qu'en 1838 il pût reprendre son cours à la Faculté (il avait renoncé h celui du Collège de France, et en avait donné sa démission). Il y traita, de courtes notes Tindiquent, des prolégomènes de la psychologie. Il y insista particulièrement sur les questions de méthode. £n 1839, il voulut reprendre la suite de ces considérations. Je me souviens qu^il était fort content de lui après sa première leçon; je veux dire qu'il se félicitait de l'avoir faite sans trop de fatigue; mais bientôt après il s*inquiéta, il craignit, il en avait de trop justes raisons, et, à son grand regret, il se condamna au silence. Depuis, quoiqu'il le voulût, il ne reprit pas, il ne put repren* drela parole.

Tels fjirent, je ne dis pas la vie, mais les actes extérieurs de la vie philosophique de M. Jouffroy. Quant à cette vie elle>méme, quant h tout ce cpi'elle eut d'intime *et de caché, quant aux doutes qui la travaillèrent, quant aux difficultés

1. Onelque temps auparavant il avait composé pour cette préface un morceau qu'il jugea devoir trop s'étendre pour convenir à cette destination; il le f^arda et en lit sou mémoire sus V Organisation de^ sciences }}hilùsoif}iiques.

PRÉFACE DE L'ÉDITEUR

qui l'assiégèreut, qtmit aux rediercbes qui la remplirent et qui n'eurent souvent que Dieu et sa conscience pour témoins, je n'en parlerai pas; j'en laisserai parler, dans ce

qu'il lui a convenu d*en révéler, celui-là seul qui pouvait raconter et décrire tous ces secrets de son âme : la deuxième partie du mémoire sur VOrganisation des sciences philosophiques est, sous ce rapport, comme une confession dont on lira, je l'espère , avec autant criutérêLqac de respect, le récit, ou, si l'on aime mieux, le tableau et le drame. On y verra ce que de son vivant il ne confiait et ne disait guère, même dans son commerce le plus familier: car il était de ces âmes profondes et recueillies qui ne trahissent pas ce qu'elles font et ce qu'elles souffrent })uur grandir et s'élever. Je renvoie donc pour cette biographie, d*un ordie à part et toute personnelle, dont l'auteur seul était capable, à cette deuxième partie, qui en renferme tout ce que demandait et permet» tait à. la fois la nalure du morceau. Tout au plus me permettrai-je quelques réflexions, que je présenterai plus tard en finissant.

Cependant M. Joufiroy ne philosophait pas seulement, il

se livrait aussi à d'autres études, ou plutôt de la philosophie il rayonnait vers d'autres études, car dans tontes il partait les qualités de son esprit. Ainsi il aimait et cultivait la cri* tique et l'histoire; il s'essayait aux œuvres d'imagination et môme à la poésie ; et il y a de lui, îl est vrai rares et souvent à l'état d'ébauches, des ai ticles sur plusieurs auteurs, W'alter bcott, Gooper, et M. Thierry par exemple ; des recherches et quelques morceaux sur la Grèce» sur le Pérou, le Chili, la Russie et l'Algérie ; quelques délassements, je me permets de donner ce nom h certains opuscules inachevés, sous forme de romans, de nouvelles, de drames, de comédies et de pièces de vers; le tout, on le pense bien, laissé aussitôt que commencé et comme des distractions auxquelles il ne se prêtait qu'un moment.

Enfin M. Jouffroy fit aussi sa part à la politique, qui lui dut surtout sur les aliaires extérieures des discours et des

PRÉFACE DE L'ÉDITEUR

rapports remarquables par les rechercbes qu'ils attestaient ■ et les vues qu'ils présentaient.

Encore nue fois, je le rcpMe, qu'on juge si cette vie fui pleine; et cependant, on me rendra cette justice, on pourrait même m'en faire le reproche» que je ne Tai pas célébrée, que je l'ai à peine racontée, que j'en ai présenté les faits comme en une sorte d'inventaire : inventaire mortuaire, il est vrai, et auquel a dû par là même se mêler quelque chose de tristement attachant ; mais enliu je n'ai été ni panégyriste ni historien, je n'ai été et voulu être qu'un fidèle chroniqueur*

On n'aura duiic ici qu'à prononcer sur des faits ; qu'on prononce, et qu'on dise ce que valut cette vie^ à l'estimer, non pas même au prix de la gloire qui l'illustra, mais à celui de la peine et du travail qu'elle coûta h l'homme dont elle fut l'honneur.

On a bien saisi, je l'espère, le caractère de cette prélace : c'est tout au plus un récit, c'est souvent presque un catalogue. On n'y cherchera donc pas une analyse ni une appréciation des doctrines de M. Jouffroy.

Cependant ne dois-je pas dire un mot des discussions, ou plutôt des attaques peu mesurées dont, dans ces derniers temps et avec une bien fftcheuse coïncidence, elles ont été l'objet ? Sa tombe était à peine fermée que, non pas sans doute, je le suppose, pour insulter à sa mémoire, mais pour le hesoin d'une cause qui à mon avis a été hien mai plaidée, on est venu mêler son nom, sans discernement et sans charité, à des débats qui n'avaient rien ^u fond de scientifique et de philosophique. Certaines personnes voulaient la liberté d'enseignement, telle que vraisemblablement elles ne l'ont pas toujours voulue, telle qu'elles ne la voulurent sans doute pas sous le régime de la restauration, car alors certainement elles eussent eu crédit pour l'obtenir; elles la voulaient comme si, de leur propre main, elles l'eussent stipulée dans la charte, le lendemain de la victoire, et pour prix d'une révolution qu'elles auraient faite, et non subie. Toutefois,

xu

PRÉFACE DE L'ÉDITEUR

ce vœu en Im-même n'avait rien que de légitime^ et il pouvait être appuyé de bonnes et droites raisons.

Mais il n'en fut point ainsi, à en jii^'"er |);ir les a [laques qu'on dirigea contre TUniversité, contre les professeurs de philosophie de TUniversité, et, parmi ces professeurs^ contre • un des plus éminents, M. Jouffroy. Pour ne parler ici que de lui, on le comprit, on le jugea si mal, qu'au faraud élonnement de tous ceux qui l'avaient lu ou entendu, mais lu ^ ou entendu pour recueillir et bien prendre l'esprit même de ses doctrines, et non pas pour en saisir çà et là quelques expressions imparfaites, au grand étonnement même, cela dut être, de quelque^ prélats éclairés, il fut accusé de quoi? de matérialisme. Lui matérialiste ! quand de notre temps les matérialistes eurent peu d'adversaires plus nets et plus rigoureux! quand M. Broussais lui-même, épuisé par le mal, tenait si fort à honneur de laisser une réponse au Mémoire sur la distinction de la psychologie et de la physiologie, que sur son lit de douleur, il l'achevait tout mourant 1 Lui matérialiste ! quand le plus clair de sa gloire est d'avoir démontré, décrit et explique Famé avec tant d'amour et de science, et une foi si communicative^ qu'il a certainement gagné plus d'intelligences h la cause du spiritualisme qu'aucun de ceux qui se sont avisés de son prétendu matérialisme.

Quel matérialisme que celui qu'on trouve dans des paroles telles que celles-ci: « L'unité et la simplicité du principe des phénomènes psychologiques, et par conséquent Timpossi* bilité que ces phénomènes dérivent du corps, ni d'aucun des organes du corps, sont des points constants et ({u'on ne saurait disputer » Et encore dans celles-ci: « L'esprit est-il la collection des parties corporelles, inertes, étendues, figurées, solides, lui qui se sent simple, lui qui se sent un, lui qui se sent actif; lui qui ne se sent ni figuré, ni étendu, ni solide; lui qui ne soupçonnerait pas qu'il y eût des molécu-

1. Mémoires sur la distinction de la psycholoyie ift de la physio^ logie.

PllKKAGE DE l/ÉDITEUK. XIII

les matérielles, qu'il y eût de^Tétendue, de la solidité, s'il

ne sortait de la contemjjlatioii de lui-même pour ref^^arder hors de lui? De quel droit les matérialistes veuiont-ils le faii*e à rimage des corps, quand il proteste contre cette imagina^ tîon et se sent autre chose' ? » Quel matérialisme que celui du discours sur la destinée humaine, et de cet autre discours moins connu, mais plus beau peut-être encore, quoique plus court, dont je citerai plus loin quelques passages, et qu'on pourrait presque regarder comme son testament spirituel, tant le ton en est à la fois religieux, triste et funèbre! Quel contre-sens que cette accusation ! Quel autre contre-sens que celle-ci, que j'adoucis cependant dans la forme: qu'il n'aurait pas reconnu ou qu'il aurait mis en doute les principes de la morale! Ce que prouveraient peut-être, qu'on me permette de le demander, ces propositions et d'autres semblables: « Lorsqu'un paysan regarde avec un œil de convoitise les fruits superbes qui pendent aux arbres de son opulent voisin, il a beau se rassurer par l'absence de tout témoin, calculer le peu de tort que causerait son action, et, comparant la douce vie du riche aux fatigues du pauvre, et la détresse de Tun à Taisance de l'autre, pressentir tout ce qu'a dit Rousseau sur rin('galité des conditions et l'excellence de la loi agraire; toute cette conspiration de passions et de sophismes échoue en lui contre quelque chose d'incorruptible qui persiste à appeler l'action par son nom, et à juger qu'il est mal de la faire. Qu'il résiste ou qu'il cède à la tentation, peu importe: s'il cède, il sait qu'il fait mal; s'il résiste, qu'il fait bien . Dans le premier cas, sa conscience prendra parti pour le tribunal correctionnel; dans le second, elle attendra du Ciel la récompense que les hommes laissent à Dieu le soin de payer à la vertu* » C'est ce qiie prouverait peut-être aussi ce passage remarquable: « L'accomplissement du devoir, tel est le véritable but de la vie, et le véri-

1 . Article Swr h matérialitme et le spiriiualUme dans les jpremierd

Mélanges.

2» Premiers mélanges.

Oigitized by

XIV PRÉFACE DE L'ÉDITEUR

table bien. Vous le reconnaissez à ce signe qu'il dépend uniquement de votre volonté de TaUeindre, et à cet autre qu'il est également à la portée de tous, du pauvre comme, du ncke, de Tignorant comme du savant, et qu'il permet à Dieu de nous jeter tous tant que nous sommes dans la même balance, et de nous peser avec les mêmes poids. C'est k sa 8uite que se produit dans Fâme le seul vrai bonheur de ce monde, le contentement de soi-même. Ainsi tout est juste, tout est conséquent, tout est bien ordonné dans la vie, quand on la comprend comme Dieu l'a faite, quand on lui restitue sa vraie destination ^ » Ce que prouverait encore delà même façon tout son Cours de droit naturel? Quels contre-eens, je le répète^ que de pareilles interprétations, et à quoi peuvent-elles mener? à faire croire que la philosophie enseignée par l'Université est trompeuse et dangereuse ? Mais à qui le persuadera-t-on quand on en d<»mera de telles raisons? £t dans quel intérêt si pressant s'est^on ainsi précipité? Dans celui d'un droit, je le reconnais; d'un droit certain, je raccorde, mais aussi, il faut le dire, d'un droit dont, par avance, nul ne jouit au fond dans TJËtat plus largement que le clergé. Car nVt-il pas toute liberté d'enseigner ce qu'a* vant tout il a lui^sion d'enseigner, la religion, et avec la religion tout ce qui s'y rapporte et y concourt? N a-t-il pas ses Facultés, ses grands et ses petits séminaires, ses écoles primaires, dans lesquels, sans contrôle, et non point par toléraiiLO, mais par la loi qui le lui permet,, il peut distribuer, à tous les degrés cette instruction dont il a le dépôt, et qu'il peut étendre à tout, parce qu'elle porte sur les vérités les plus générales et les plus profondes? N'a*t-il pas ses églises, où peuvent se produire sous toutes les formes, sous celle du catéchisme comme sons celle du sermon, sous celle de la conférence familière comme sous celle de la dissertation, sous celles du panégyrique , de l'oraison funèbre, etc., en mille occasions et sur mille textes, toutes les doc-

Page 1