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relevées (r); ces distinctions s'étaient évanouies, mais on ne paraissait à la cour^ jusqu'à la fin du règne de Louis XY , que richement habillé. Sous Louis XVI , la négligence de la parure fut telle ^ que plusieurs courtisans s'y montraient habituellement en habit noir.
Le roi s'en plaignit, mais seulement à cause du tort que cette simplicité faisait aux manufactures; ce qui fit remarquer, à cette occasion, qu'il existait, dans une foule d'usages indiffé* rents en apparence, des rapports presque imperceptibles avec le gouvernement. Il est aussi dans la manière et le genre de vie , des changements qui peuvent faire découvrir à l'observateur attentif la tendance des peuples vers de nouvelles idées.
A la fin de son règne , Louis XIV attrista la nation qu'il avait jadis associée à sa gloire comme à ses plaisirs; ce n'était plus qu'un vieillard ordinaire , soumis à une vieille gouvernante et à
(i) Encore anjourd'hni , le velours, et certaines étofifes de soie ne sont point portées par les grisettes , les marchandes; non qu'elles leur soient défendaes, mais parce qu'elles seraient montrées au doigt dans la classe à laquelle elles appartiennent.' C'est pour la coiffure en cheveux qu'il n'y a pas de nuances , depuis la fenune de chambre jusqu'à la fille d'une princesse.
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un confesseur intolérant. Le régent présenta l'image d'un jeune débauché , rendit le vice aimable^ et démoralisa la nation. Par l'élévation de Dubois , il montra son mépris pour l'opinion publique.
Louis XV, timide, sans volonté, craignit toujours d'abuser du sens droit qu'il avait reçu de la nature ; i^ se concentra d'abord dans les plaisirs du mariage et delà chasse. Sous le ministère du cardinal de Fleury , les maximes de Louis XIY furent observées , les finances ménagées, et l'on respecta l'autorité royale. Il donna trop d'importance à de pitoyables querelles religieuses , et laissa tomber la marine. Ce ministère dura dix-huit ans : la dévotion de Marie LeczinsLa rendit les femmes plus réservées.
Mais à la mort du cardinal , tout changea de face à la cour. Le maréchal de Richelieu réveilla dans le prince le goût des plaisirs et le droit de s'y livrer sans scrupule et sans honte. Quand on vit l'indifférence de Louis XV pour les affaires, on chercha plus à lui faire la cour qu'à se distinguer par des services; la considération pour le roi diminua bientôt, et l'opposition devint plus marquée lorsqu'on crut n'avoir à combattre que des ministres qui abusaient de leur pouvoir.
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hes maitresses de Louis XIY étaient^ soit par leur naissance^ soit par le rapg de leurs maris, appelées à vivre à la cour; Louis leur rendait des soins , leur donnait des fêtes. Les courtisans, à l'instar de leur mattre, furent galants, magnifiques et décents dans leurs manières : son successeur, à l'exception de la duchesse de Cbâteauroux et de ses sœurs, dont le règne n'eut qu'une courte durée (i), n'eut pour maitresses publiques que deux femmes dont l'origine de l'une était obscure , et l'autre
ignoble (2) ; ce qui dut paraître d'autant plus bizarre, que l'on venait d'exiger, pour entrer à la cour, quatre cents ans de noblesse.
(i) La duchesse fut empoisonnée , parce qu'avec de belles qualités , elle voulait n'user de son influence que pour rendre Louis XY aux affaires de l'État. Les cinq filles du marquis de Nesle étaient toutes d'une beauté remarquable : la présidente Duportail , la plus jeune, fut présentée à Louis XV pour succéder aux quatre sœurs; mais quoiqu'elle fut belle, elle ne plut point â ee roi. Voulant s'en faire aimer, elle poursuivit au bal un homme masqué qui lui ressemblait : c'était un garde du corps, qui profita de l'occasion, et puis se démasqua.
(2) Pompadour et du Barry. Louis XV allait souper chez cette dernière , en partie fine , avec des courtisans. '
Le goût ^ des filles publiques entraîna la jeunesse de la cour ( à l'exemple du prince ) , et la facilité de leur commerce diminua l'empressé- , ment des hommes pour les femmes de bonne compagnie; l'amour d'une vie libre prévalut sur des liaisons qui exigeaient de la gène et des assiduités.
Ce goût, et les dépenses énormes qui en furent la suite, ruinèrent un grand nombre de fa-* milles, et les fortunes immenses rapidement acquises par le système de Law, s'écroulèrent en aussi peu de temps.
Les dérèglements de la cour n'eurent pas d'influence sur les mœurs de la bourgeoisie f elles n'étaient ni sévères ni corrompues. Dans aucun pays, la sociabilité , l'art du sawHr-vivre^ n'avait fait autant de progrès qu'à Paris; l'or^ gueil de la naissance ou des dignités disparaissait entièrement dans la société privée. Une liberté décente y régnait; on jouissait des agi^ ments de la vie, sans être déterminé par la vanité.
Le nombre des hommes à bonnes fortunes avait diminué, mais il en resta toujours pour donner le ton à la cour. Les deux portraits suivants peuvent donner une idée du genre (i)
(i) L'application de ce mot, dans le sens où il
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(c'est le mot) adopté par les jeunes courtisans à cette époque. Le peintre (i) et les modèles sont connus.
« M. de Duras y fils du maréchal de ce nom (et depuis, maréchal de France lui-même), était venu dans un temps où la fatuité était fort à la mode; Paris n'était plein que des bonnes fortunes qu'il avait. Comme la haute société était uniquement tournée de ce côté, le rôle qu'on» y jouait dépendait de s'y faire remarquer dans ces différents genres. M. de Duras ne manquait pas d'esprit, mais il outrait tout; bon homme dans le fond , et serviable , il exagérait encore ces qualités, et devenait trop officieux par le désir de se mêler. Fixé à la cour par la charge de premier gentilhomme dé la chambre, il
employé ici , s'e^t conservée , et doit l'être par nécessité; car à chaque chose nouvelle, il faut un nouveau mot* La prétention au genre s'étant prolonge'e et ne paraissant pas être à sa fin, elle ne peut que survivre à l'expression qui la désigne. Cette expression n'est d'ailleurs que la traduction de celle dont on se sert en latin; sui generis, pour indiquer ce qui sort de la règle commime.
(i) M. de Bezenvaly ou le vicomte de Ségur, s'il est vrai que les Mémoires qui portent le nom du premier soient du second, pour lequel il avait la tendresse d'un jfère.
voulut s'immiscer dans beaucoup d'affaires; mais son caractère et trop d'indiscrétion l'éloignérént et des gens et des choses.
cf M. le duc de Nivernois (i), né avec infiniment d'esprit, et de celui dont la finesse , la délicatesse et la douceur, plaisent et séduisent, avait débuté dans le monde en même temp»
que M. de Dura$, dont il a toujours été l'ami. Adoptant le genre du siècle, il avait ajouté les grâces à ses moyens; mais d'une structure trop frêle, et d'une santé trop délicate, il avait été obligé de renoncer de. bonnç heure à oe genre. Riche , esclave de sa santé , il abandonna tout pour se borner à l'existence d'un grand seigneur qui ne voylait rien que vivre tranquille. »
Ainsi celui-là devint sage par nécessité , les soins qu'exigeait sa conservation le forçant à interrompre ses débuts dans le genre du siècle, c'est-à-dire dans la carrière des bonnes fortunes.
La physionomie de la cour ne changeait pas toujours avec le règne ; mais elle s'effaçait alors
(i) MM. de Duras et de Nivernois étaient nés, le premier en i7i5, et le second en 1716. Àinsji ils entrèrent à la cour vers 1736, l'un pour y rester^ et l'autre pour s'en retirer, et seulement la fréc^ueiiter ensuite.