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iiominage , vint à sa rencontre. Remîz y monte, et le cortège se dirige versja ville. C'était une marche triomphale ; mais bientôt la voiture est cernée par les janissaires , qui couchent en joue ce malheureux visir; il expira sous une grêle de balles.
Mahmoud avait choisi, pour exécuter ses or-> dres, ces mêmes janissaires dont Remiz avait apaisé la révolte. Il était sûr d^étre obéi.
Une des actions les plus remarquables du règne de Mahmoud est incontestablement la suppression des janissaires , milice créée par Amurat , milice à la puissance de laquelle concouraient et la religion et une institution bien calculée; mais il fallait empêcher qu'elle ne pût se mettre au-dessus de celle dont elle dé-pendait, et dont elle devait recevoir les ordres et suivre la directioué On manqua de force ou d'habileté ; et les janissaires devinrent plus puissants à certaines époques que le pbis puissant des despotes. Us annonçaient leur révolte d'une singulière manière : ils commençaient par renverser leurs marmites; c'était toujours le signal précurseur des incendies et des assassinats , à moins qu'on ne leur accordât ce qu'ils deman- . daient.
Malgré la leçon qu'ils avaient reçue en 1808, ils prenaient quelquefois une attitude hostile.
Le muphti leur représenta plusieurs fois qu'ils devaient ne rien faire qui pût alarmer la tranquillité publique. Fatigués de ses sermons, les janissaires lui firent des menaceâ, ce Sachez , leur dit le muphti , que la loi a ses défenseurs et ses guerriers. >^
Il permit aussitôt au softa de s'armer. ( C'est le nom que portent les étudiants à Constantino* pie. ) Ils sont extrêmement nombreux et atta«chés aux grandes mosquées; ils s'organisèrent par troupes, et, parcourant tous les jours la ville y ils se montrèrent partout , et, parleur présence, empêchèrent les janissaires de se soulever. Il ne fallait pas leur donner le temps de combiner leurs mesures contre ce nouvel ennemi. Aussi Mahmoud, profitant de la cir«constance, et ne se dissimulant pas le danger de son entreprise, eut recours au moyen rare, mais toujours efficace jusqu'à présent , de sortir le sandjak - shérif . C'était l'étendard sacré (i), qui, d'après une tradition plutôt reçue que prouvée, ou même probable , fut donné par le prophète à ses soldats. Conservé précieusement dans le trésor de l'intérieur du palais, il n'en est tiré que dans les guerres où l'Etat est en
(i) Cet étendard est une étofie de soie verte.