‹ Nouveaux mémoires secretChapitre 4 sur 16 · I04 NOUVEAUX · texte numérisé non relu

I04 NOUVEAUX

ment qu'il ne payait pour son propre compte que quatre francs cinquante centimes (i).

, Élection des députés de Paris. .-^^JjesjakS&em^ blées préparatoires tenues à Paris pour cousta-» ter les dfoitd des candidats qui se présentaient au choix ée$ électeurs ], nWaient précédé que de peu de jours l'élection définitive* Les six can*didats dont les noms étaietit sortis de l'urne furéntuoininés députés^ le 2 1 avril, au premier tour de scrutin. C'étaient MM. Mathieu Dumas, De^ marçay^ Eusébe Salverte, Corcelles, Bavoux et Chardel. Ce dernier avait été l'objet d'une infâme calomnie de la Quotidienne accoutumée à manier cette arme. Elle avait accusé M. Char^ del , membre du tribunal de 'première instancei, d'avoir fait une transaction; avec M. Peyrounet,.

(i) Quand on ne pare que 4 ^^- ^^ ^- ^^ lieu dç 1 ,000 francs exige's pour être élu dëpUté , il faut , pour excuser les faux et mensonges faits pour obtenir un tel résultat, il' faut se ctoire doué de talents utiles au pays, et av<nc de plus mie certaine dose de courage* Oa n'a jusqu'à présent décpuyert dans M. de Bully que ce cçu-^ cage. Si Ton songe à tous Içs gens qUi sont dans U confidence , depuis le percepteur des impositions qui^ reçoit les 4 fr. 5o c. jusqu'à la chambre de? députés exclusivement , parce qu'on la trompe , on répète : quef çonrage!:

MÉHOiaXi SEGRKT8. loS

pour en obtenir la croix de la Légion-dHonneui';' mais ce magistrat réFuta victôrreUsement cette' accusation , dont la honte serait retombée sûr l'inventeur^ s'il n'était depuis long-temps familiarisé avec la honte.

Le même jour 21 , p^rut l'ordonnance* relative aux écoles primaires y rendue sur la proposition

de M^ de VatismesniL

^7 aprîL '-^ Cours de M. Cousin. — Çyési' jeudi , 2j aviîli que M. Cousin a recommenèé à la faculté'des lettres sdn'c^urs d'histoire* de W philosophie. Il' n'est pas besoin de dire qu'une' foule ex traordiniEiire àssi^eait l'amphithéâti^.^ La réputation du professeur aurait bulfî'poti^^ produire cette affluence, quand ub ailtrè'iâbtif non moins impérieux ne s'y serait pas joint.

C'était l'interdiction de M. Cousin par lé der--' nier ministère et pendant toute sa durée. '"^'"'

Cette interdiction est un de ces actes d'incapacité qui prouvent le plus indontéstableméiit^ combien MM, Villèle et èompagnie ' étaient' étrangers à l'art de gouverner.

Dans un gouvernement constitutionnel ou la publicité des actes ne saurait être empêchée, Mn ministère, quand il a quelque intérêt à voiler les siens, est trop heureux que quelque. in,oi'< dent auquel il n'a pas songé, vienne détourner

rjUeaU(» et le fair^ ouWier. Avec un peu 4'I^ai)ilel,é, il fçra naitfede^ ineidents de cette espèce, et bien loin .d'ie« ïéduiire le nombre, il:lfi8 piultiplierai pariiculiépément a'ibwmt dç leur nature aussi innocents qu'un Gour8:dephilosopbie. Qvd rapport pem- il exister entre W,yiU^le, Çeyronncti,, Corbière, et l'hii^ toire de la philosophie ? Que leor importe qoè l'on enseigne « que la philosophie est un pro- '5.^^^-?-^9«««ûr6 deîl'esprithumaio, un besoin " ^J»4^^»c^We., ifkb^ent 4 ftotre nature; qoe 'iif^'»ïft^je>é aiîjaajlleu d'w» inonde qui tend «^ï.^iM d^t^ire, P'a contre ce monde que son '[ ffi^efligeoce et sa Uberjté ; qu'avec «on intelsMSfWe il, le comprend,). avec sa liberté il le n r^^i^ (i). à son image et fWUJr se» besoin» ? » jlUta^. donc dellim^rêt du OMûistépe 4'ençoutagerJM. Cousjn ;, de, replacer M. Guizot dans s« ,<jb|ire , et de favoriser tous les pioget» «çje^tifîques ou litfi^rair«»dfl cette espèce. Craignait^il quelque» îaUnfions contre lui? Il avait leoapjen de les foire cesser , çn supposant qu'un professeur ne sentît ni la néc««8i(é de serenfer-

(i) II est cependant bien certain qu'il ne le refera point avec un ministère Villèle ni rien qui lui ressemble; €'ô«t k seule excuse raisonnable que' ce ministère pittiM: darmer de la cl^tmre du eoars de M. Coosîn.

MÉHOJB^$ SECRETS. IO7

mer dap3 le cerpic^ que aou devoir l|ii trace ,. ni le danger d'en sortir

progrès

saisie avec d'autant phis d'çmpress^meiQt que; nous tâchons toi^QU^rs de faire rçs^oritir d^. 1a moin^rç ap^cdote quelque ri^flexiou u4ile,.et de la considérer sous un poiat dqvu^ ph^^o^ phique,

' 28 ayrîL — Note^ ewojée\ ifiix ministre^' r-^

On assure que la notç suivante a 4P& i*puiiser

aux ministres : , . .•)i

« Les gens, sensés, amis de l'ordre, doivent

désirer la durée du ministère aclueL

c< Ce ministère ne p^ ut . trouver mauvaiçr qu'on lui adresse des observations dictéias par l'intérêt qu'on prejid à sa position. .

(c Telle est mon excuse pour les remarqqe^

suivantes. Si elles sont de quelque utilité^jj'aur^ rai payé ma dette en partie*

(( Le précédent ministère avait pour lui. 1?-. pouvoir et le gouvernement occulte ( nom que je donne au comité de conscience) i,o\x Aid mir* nistère actuel n'a ni l'un ni l'autre , ou il a d^ plus , le précédent ministère dont il ne serait pas l'agent.

I08 HOUYEAUX

(I Dans cette hypothèse ^ il n'est , pour me servir du langage des libéraux , qu^une nécessité du moment : il passerait *vite , laissant peu de souvenirs^ parce qu'il n'aurait été que P instrument de Finstrument; et que dans le mal ^ plus encore que dans le bien ^ un ministère doit avoir le mérite de l'invention.

H II est des vérités que LL. EE. les ministres ne peuvent méconnaître :

i^ C'est qu'on ne peut plus gouverner la France^ ni par la religion et son clergé , ni par la noblesse , ni militairement , ni par l'esprit de chevalerie , ni par la police et ses terreurs.

2* (Test que tout le tnonde croît (je ne dis pas qu'il en soit ainsi) que la cour ne pense pas un mot de ce que contient le discours du trône.

5® C'est que tout le monde sent qu'il en doit

être ainsi , et que ceux qui ( comme le Courrier

français) ont donné le plus de louanges à ce

discours seraient fâchés qu'il en fût autrement.

^ 4* C'est en6n qu'on ne peut gouverner avec

sécurité que par la partie forte :

' H Sous la première race elle était 'dans les

seigneurs qui déposaient les rois, ceux-ci

n'ayant ni le talent ni l'adresse de s'en servir;

(V Sous la deuxième race , dans les évéques et le haut clergé ;

MliMOlRES gBCRETSé IO9

ir Squs la tipisième race , tantôt dans la no» blesse (François I^ et Henri IV)» tantôt dans la noblesse et l'église réunies ( Louis XUI et Louis XIV).

K Le problème est de régner plar cette partie forte (au lieu de lutter contre elle), et consé«quemnient de la bien connaître. C'est par elle que les rois de France se sont xîonservés , ont eu de l'éclat ou ont péri.

«c Un roi ne doit jamais heurter l'esprit dominant, de son siècle, quand il peut régner par cet espritavec habileté.

(( Un roi n'est ni prêtre/ ni évèque, ni gen- Ulhomœe, ni peuple. ... Il est roi, et tous les moyens qui maintiennent la forme monarchique; sont ses moyens. Il ne peut aujourd'hui gouverner l'État que par les moyens constitua tiormels (i) ; c'est la partie forte : mais il le peut avec une force et un bonheur proportionnés à l'habileté de ses ministres.

cf Mais il faudrait qu'il le vouUU !

fc Le ministère le plus habile et le plus heureux à la fois sera celui qui^nz vouloir ou qui

iWWH«

(i) Le tour le "^ixs perfide qu*on puisse maintenant jouer aux mécontents y aux ennemis du tr6ne , est d'à-* dopter une marche constitutionnelle.

itO noovEAirx

obtiendra qii^on le laisse âgircomtae si ce vouloir avait lieu.

(c Pour défendre un poste, il ne faut ni prendre les armes avec lesquelles ont été vaincus cevx à qui la défense de ce poste était confiée , ni suivre la même tactique.

f< Le précédent ministère avait un journal à Uii qu'il exploite encore de sa retraite. Il trompait , il en imposait^ • tout se découvrait , le journal ne remédiait à rien; il se faisait même remarquer souvent par la faiblesse de sa logique, parce qu'il est difficile d'en avoir une bonne quand on ne pense pas ce que l'on dit.

u D'où l'on doit conclure qu'il faut être sincâre et mettre de la franchise dans ses actes.

H Les Français sont plus clairvoyants que ne la croient ordinairement les nrinistres, qui sont, eux, à un trop haut point d'élévation pour bien voir I à moins qu'ils n'aient des vedettes intelligentes, fidèles et surtout véridUfues; car ce qu'un ministre connaît le moins, c'est la vérité.

(c J'arrive à la supposition la plus embarras- «inte à dire, la plus triste. ••• et, le dirai-je? la plus probable ....

a C'est celle où le ministère, et le prince seraient d*une opinion diamétralement opposée sur l'état des choses, la situation des esprits et les moyens à employer. ...

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çf Ici la difficulté me |>arait si gi'ande quil faut y pour la résoudre j de la réflexion....

fc Cependant on a obtenu beaucoup : on a donc eu les moyens d'arriver à ce résultat. Ces moyens existent , pourquoi ne pas les employer pour maintenir ce qu'on a obtenu?

cr La situation respective du ministère et des chambres sera l'objet d'une autre note, si celleci est agréée. »

Nous ignorons s'il y a une autre note, ni si celle-ci a été prise en quelque considération.

5o Avril. — Le préfet de Versailles. — Aux avant-dernières élections y M. Destouches était préfet de Seine-et-Oise. C'était (car il est mort en i8ad ) un personnage fort brusque y haut ^ de mauvais ton, partisan du pouvoir. Loin d'être propre à le faire aimer, il n'était disposé qu'à le rendre odieux, soit par ées formes impératives ou dédaigneuses , soit par un penchant naturel à en outrer les mesures. Dévoué à Na-poléon , il le fut aux Bourbons parce que c'était la source du pouvoir. 11 l'aurait été, pour le même motif, au diable, si le diable eût osten-^ siUement gouverné.

Il n'est donc pas étonnant que le sieur Des-* touches allât au devant des désirs de M. de Villèle, Une partie des électeurs de Versailles

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