CLOCHERS
Clochers pleins de mystère et de rêve et de voix: Clochers dont la musique est l'unique compagne : Sveltes clochers chanteurs que la brise accompagne: Clochers moussus, plus hauts que la cime des bois.
Gais clochers surmontés d'un coq et d'une croix ; Clochers brumeux perdus au loin dans la campagne Clochers qui dispensez sur la terre, ce bagne, Les cantiques d'espoir enclos en vos parois.
Je vous aime, clochers des paisibles villages, Clochers humbles, clochers voilés de verts feuillages, Enveloppés de paix, rutilants de soleil :
Surtout, quand cette paix dorée et familière, Descend sur vous tout droit de l'azur sans pareil. Qui verse sur i'Anjou sa joie et sa lumière !
i&Xï
LA MEIGNANNE
T'en souviens tu ? c'était un jour d'été :
Nous devisions en toute liberté,
Faisant, dispos, la route paysanne
Qui mène au bourg feuillu de la Meignanne,
Que nul poète encore n'a chanté.
Halliers et champs offraient tant de beauté, Que je redis, songeant à la gaîté Des fleurs ornant la branche et la liane : T'en souviens-tu ?
Et dans ce bourg où Thomme avait lutté. Farouche et grand en sa simplicité, Pour repousser la nouvelle Ariane, Nous revivions la bataille « chouanne », Tout en goûtant le repos souhaité...
T'en souviens-tu ?