‹ Nouveaux poèmes de l'AnjouChapitre 62 sur 92 · MIDI · texte numérisé non relu

MIDI

A Madame Lucilc NOBERT

du théâtre des Variétés'

Midi! de l'or au ciel et de l'or sur la terre : L'or igné du soleil, l'or si doux des moissons ! L'air seulement troublé par de rares frissons : Vols musicaux de guêpe ou de coléoptère.

Le firmament n'est plus qu'un immense saphir : Huis et volets sont clos, rien ne bouge au village Nul vent, nul souffle frais n'agite le feuillage; Dans les vergers les fruits semblent las de mûrir

AL' HASAFU DE LA RML'TK

Les bœufs rêvent, couchés, sur la paille des crèches, Attendant, patients, l'heure exquise du soir Où, sous l'œil vif du chien, penchés à l'abreuvoir, Ils éteindront le feu de leurs poitrines sèches.

La route qui s'en va toute blanche parmi Les guérets éblouit. Les maisons éblouissent. Seuls, les oiseaux tapis dans les arbres, jouissent Du bonheur que leur verse à flots l'ombrage ami.

La vipère, soudain, montre sa tête infâme: Le lézard va et vient à la paroi du roc : Un astre à ras du sol, luit au loin : c'est un soc Sur lequel le soleil darde ses traits de flamme.

— Avant que ne brillât l'âpre midi vainqueur Dont les rayons mordants aflriteraient des marbres, Un bruit sec et rhvthmé montait d'un bouquet d'arbres, Comme d'un sein ardent monte le bruit du cœur.

Des moissonneurs, en cercle, endurcis et superbes, La poitrine et les bras à l'air, le front hàlé, De leurs fléaux battaient en cadence le blé, Cependant que près d'eux on dénouait les gerbes.

Et le grain ruisselait, nombreux, en tas dorés ; Et graves, ils donnaient le meilleur de leurs forces: Et la sueur perlait sur les fronts, sur les torses, Et les fléaux frappaient joyeux et mesurés...

Maintenant le silence enveloppe les choses: Les durs soldats de la charrue et de la faux. Ont cessé, haletants, leurs pénibles travaux; Les fleurs ont refermé leurs pétales moroses.

Mais, malgré le brasier des rayons accablants,

La nature reçoit, résignée et ravie,

Ce baiser de Midi qui, suspendant sa vie,

Fait quand même gronder la sève dans ses flancs.

SORGES

Sorges est droit comme tout '.

Il cultive dame grenouille,

Au fond d'un beau lac? qu'elle brouille.

Parmi les joncs, enfin partout.

Comme un joueur aime un atout.

Sa voix vaseuse le chatouille. Sorges est drôle comme tout !

Il cultive dame «renouille.

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