LA NEIGE
Sur les faîtes serrés de la ville endormie, La neige doucement, continue et sans bruit, Dispense ses. flocons dans la paix de la nuit. fit, généreuse, met partout son eurythmie. -
Parfois, la voix du Temps, hélas ! voix ennemie. Frappe l'airain vibrant d'une église, s'enfuit Dans l'immensité triste et froide où rien ne luit, Et qu'une vaste main inaperçue émie.
Et la neige, toujours, tombe sur la cité, L'enveloppe d'un fin manteau de pureté, Auréole son front d'un beau rêve de vierge...
Mais que font aux cités le rêve et l'irréel?
Dès demain, comme on souille une blancheur de cierge.
Les hommes flétriront l'àme blanche du ciel.