DANSE D'AMES
Lorsqu'au lever du jour j'entrouvris mon auvent. Le sol disparaissait sous la neige tombée. L'âpre bise d'hiver hurlait sa mélopée. Quelques feuilles fuyaient, fuyaient au gré du vent.
Elles tourbillonnaient en arrière, en avant, Sur le mince tapis de neii:e immaculée; Et, chacune semblait être une âme envolJe Du ?rand arbre voisin, créant toujours vivant.
Comme des oiselets secoués par l'orage, Toutes elles valsaient, tournoyaient avec rage, S'entrechoquaient, mêlant leurs squelettes glacés.
Et ma pensée allait, rêveuse, à d'autres âmes, Aux esprits que le vent de la Mort a chassés, Pleurant à tout jamais leurs anciennes flammes.