‹ Nouveaux poèmes de l'AnjouChapitre 78 sur 92 · CHANTS DE LYRES DANS LE SOIR · texte numérisé non relu

CHANTS DE LYRES DANS LE SOIR

Sur le flanc vert de sa colline.

Tourne, vire plus d'un moulin, Dessous la brise qui câline.

Souventes fois, chanson divine, Son clocher lance un gai drelin Sur le flanc vert de sa colline.

Sa vigne opulente s'incline, Semblablement le blé, le lin.

Dessous la brise qui câline.

L'oiseau volète, puis lutine Son oiselle qui fuit en vain Sur le flanc vert de sa colline.

Sa Loire coule, cristalline, Claire comme une eau de ravin, Dessous la brise qui câline.

Filles et gars qu'amour taquine, Dévalent, joyeux, l'oeil malin.

Sur le flanc vert de sa colline.

Tous ils s'en vont sur l'herbe fine (Chaque couple au baiser enclin Dessous la brise qui câline,

Tandis que rêvasse et chemine Maint lent troupeau gorgé de thym, Sur le flanc vert de sa cclline;

Soudain, fleuris d'une églantine, Ils dansent au son d'un crin-crin, Dessous la brise qui câline.

Mais, là-bas fument la chaumine

Et le logis du châtelain

Sur le flanc vert de sa colline ;

Et le fermier à sa voisine Redit souvent en bon voisin Dessous la brise qui câline,

La légende bien angevine De saint René, vieil angevin, Né sur le flanc de sa colline.

On voit encor, presque en ruine, Parmi le lierre et le jasmin Dessous la brise qui câline,

Dans un parc sombre où Mélusine Eut trouvé riant son destin, Sur le flanc vert de sa colline,

L'antique chapelle ivoirine Dédiée au bon saint lointain Dessous la brise qui câline :

Là, l'humble femme s'achemine, Dès que poind le rose matin Sur le flanc vert de sa colline ;

Jeunette ou vieille elle rumine Une pàtenôtre en latin, Dessous la brise qui câline;

Puis, de sa douce âme angevine, Invoque le doux Angevin, Sur le flanc vert de sa colline, Dessous la brise qui câline.

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