LIEU DE NAISSANCE DE J. DU BELLW
A Maurice COUAILLIER
Je suis allé chez toi par un chemin de fleurs, Tout le long de ta Loire aimée et familière. Et quand je découvris ta vieille Turmellière, J'étais grisé de brise, ébloui de couleurs : J'avais marché tout le matin parmi les rieurs.
Alors ton Ombre amie, impalpable et muette, M'accueillit à ton seuil de lierre et de granit. Et bientôt j'explorai les débris de ton nid, J'admirai ton asile en ruine, ô Poète, Guidé par ta grande Ombre amicale et muette
AU IIAsARD DE I A ROUTE
Mais, dès que près de Toi j'aperçus ton pays, Objet sacré de tes « Regrets » et de tes larmes, Devant tant de douceur angevine et de charmes. Mes yeux aussi, de pleurs se virent envahis : Ce qui fut ton berceau n'est-il pas mon pavs !
Je disais : Voilà donc cette terre chérie Que son cœur attristé revoyait en exil, Cette terre où rayonne un éternel avril ! Et je savourais mieux, ici, dans ta patrie. Les vers où tu chantas ta province chérie.
Je savourais tes vers radieusement purs : Oh l purs comme cette eau que l'on nomme la Loire. Qui miroite là-bas, dans son cadre de gloire ! Tes vers pleins de clartés, de nuances, d'azurs. Tes vers qui resteront immuablement purs!
Car le Temps qui décime et ronge ta demeure. La recouvre de mousse et la peuple d'oiseaux. Le Temps qui dispersa la cendre de tes os. Ne peut rien sur tes chants, leur musique demeure Le ciel sans tin, le ciel immense est leur demeure.
Aussi, quand je quittai les débris de ton nid. Le front dans les parfums que floréal charrie, Tout en suivant le cours de ma route fleurie, Je murmurais : Heureux le poète béni Qui laissa de tels vers, vécut dans un tel nid :