‹ Nouveaux portraits parisiensChapitre 11 sur 17 · CLAVAROCHE · texte numérisé non relu

CLAVAROCHE

Grand, beau, riche, un Antinous bête, d'une tenue irréprochable, commandeur des ordres les plus inattendus. Il a du monde, affecte volon-

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tiers un silence plein de réserve, s'explique à demi-mot et par sous-entendus. Il assure luimême qu'il a des idées arrêtées sur toute chose, et semble porter, à huis clos, tout un monde dans sa tête ; mais comme il ne se commet point dans la discussion et qu'il a de la tenue, il faut un peu de temps et quelque perspicacité pour s'apercevoir que Clavaroche est une armoire vide fermée à clef.

Vaniteux sans excuse, désœuvré sans compensation, il fascine les femmes par des regards profonds et semble bien fait pour donner le bras à une merveilleuse à son entrée dans un salon. Les personnes d'esprit qui l'ont deviné, assurent qu'il faut l'avoir, pour la cheminée, un jour de réception ; et, de fait, il parle toujours à la plus belle, à la plus noble, à la plus riche : il est partout et toujours en évidence, mais dans l'intimité du boudoir un jour de visite, il devient inutile et jamais dangereux. On s'en pare aux

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jours de gala, on le met dans un vase de Chine sur le guéridon, en plein salon. — « C lavaroche a tout ce qu'on voit des femmes et rien de ce qu'on en désire. »

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