EN MARGE DU PÉNELON DE JULES LEMAITRE
Tout de même que Barrés à chanter Bruges, Venise ou Tolède les mortes, et à louer les « métèques » illustres Chénier, Moréas ou Heredia, — Jules Lemaître se repose d'une attitude un peu contrainte et concertée à portraiturer quelque grande figure bien inquiète et compliquée : Racine, Fénelon ou Jean-Jacques, dont il peut critiquer, condamner même l'inquiétude, mais non sans avoir porté sur leur déconcertante diversité la plus intelligente lumière. Naturellement, c'est par où Fénelon lui ressemble le plus qu'il comprend celui-ci le mieux et l'explique le plus habilement ; mais non pour l'excuser toujours ; car souvent il se plaît (et sans doute en ressent-il quelque renfort) à chapitrer son faible chez cet autre. Les doctrines autoritaires n'ont pas plus véhéments défenseurs que ceux qui ont eu quelque mal à obtenir l'unanimité en eux-mêmes.
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Cr*r^aîns pnssfï^ps (\c ce îîvtp *rf»sonî^vr»TiM*ancîennes polômiifues. Jules Leniaître reproche âprement au pr^toslantisme d'avoir disloqué, désunifié 1 1 Fi'MTi'^e.Rn le lisant, certains ont regimbé; mais rarcns-ition est plus subtile qu'il ne leur a p-iru d*abord;et M. Lemaître a soin de n'assumer point, ainsi que Ton va voir, la complète responsa- j bilité d'une thèse qu'il insinue plutôt qu'il ne l'expose nettement. Citons le passage .
L'Église était devenue pour les peuples une vieille maison hospitalière et commode ; les savants et les philosophes commençaient à s'en arranger; le dogme lui-même s'assouplissait Le mouvement débonnaire au''ait continué Sans doute, il y avait des abus : simonie, vente d'indulgences (comme il y a, dans les gouvernementslaïques,des Panamas et des trafics de décorations '.Mais un bon pape aurait suffi à redresser ces incorrections regrettables. En se soulevant, non contre ces abus, mais contre l'Église môme, le moine Luther et le prêtre Cahin, homme affreux, nous ont donné leur triste Réforme, laquelle nous a valu l'ordre des Jésuites, le rétrécissement du doo^me, et pendant longtemps une intolérance ratho'ique égale à celle des réformés. C'est bien fâcheux. Sans cela il y aurait encore une« chrétienté »; toute 1" Europe aurait aujourd'hui une même religion sjmnlpment traditionnelle et rituelle, qui pounait ÔLre délicieuse. >