LA MORT DE CHARLES-LOI ^S PHILIPPE
Non '.non, ce n'était pas la même chose... Cette fois, celui qui disparaît, c'est un vrai. On comptait sur lui ; on s'appuyait sur lui ; on Taimait. Et brusquement il n'est plus là.
Vers Gérilly. J'écris ceci dans le train qui m'emporte — où je cause encore avec lui. 0 confus souvenirs déjà! si je ne les fixais aujourd'hui, demain tout écrasés déjà je les confondrais tous ensemble.
C'est samedi soir qu'un mot de Marguerite Audoux m'apprend que Philippe est malade.
Dimanche matin je cours chez lui, au quai Bourbon ; sa concierge me renvoie à la maison Dubois ; il y est inconnu. J'apprends que trois personnes sont venues le demander la veille, qu'on n'a pvi mieux renseigner que moi. — La carte de M"' Au-
doux ne porte aucune indication... Que faire? — Sans doute Francis Jourdain pourra me donner des nouvelles; je lui écris. La dépêche que je reçois de lui mardi matin m'enlève déjà tout espoir; j'accours à l'adresse qu'il m'indique.
Au fond d'un couloir de la maison de santé Velpeau la porte d'une chambre reste ouverte. Philippe est là. Ah ! qu'importe à présent que la porte-fenêtre de cette chambre ouvre de plainpied sur un grand jardin clair ; c'eût été bon pour sa convalescence ; mais il n'a déjà plus de oonnaissance; il lutte encore, mais n'est déjà plus avec nous.
Je m'approche du lit où il râle ; voici sa mère, un ami que je ne connais point *, et M"' Audoux qui me reconnaît et m'accueille. Je l'emmène un instant dans le parloir.
Philippe est là depuis huit jours. La fièvre typhoiVe semblait d'abord des plus bénignes; et, dans les oremiers temps, de caractère si peu précis, qu'on i^ traitait en simple grippe. Puis, durant quelques joui*?, on a soigné Philippe comme on soigne aujourd hui les typhiques; mais le régime des bains troids est fort peu pratique dans son petit logis du quai Bourbon. Mardi soir on le trans-