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V. Joncières

La Liberté du i5 juillet 1878.

L'opinion de M. Joncières est bien la nôtre, sous cette réserve toutefois que la ressemblance signalée par lui nous semble bien lointaine.

Parmi les œuvres instrumentales viennent ensuite les pièces composées pour divers instruments, avec accompagnement de piano. Ce ne sont pas les joyaux les moins précieux de la couronne de René deBoisdeffre. Nous citerons surtout les six pièces pour violoncelle (op. 15), que nous avons entendu interpréter par l'archet magistral de M. Richard Loys, auquel elles sont dédiées ; puis les deux Suites poétiques et romantiques (op. 19 et 24) pour violon, la première dédiée à Marsick, la seconde à Mme Jeanne Meyer, qui ne contiennent pas moins de douze numéros, portant tous un titre. Ces mélodies n'ont pas conquis peut-être l'estime qu'obtiennent celles de Joachim Raff, et cependant elles nous semblent supérieures à ces dernières et appelées à un succès plus durable.

Citons encore les trois pièces pour clarinette (op. 20) dédiées à Grisez, ce grand artiste qui fut si longtemps attaché au concert Pasdeloup et qui, par son interprétation merveilleuse, leur donna tant de relief; ainsi que la romance et canzonetta pour violon, avec accompagnement d'orchestre (op. 21), et enfin les Suites (op. 26, 31 et 40) pour hautbois, flûte et clarinette, dédiées aux célèbres virtuoses, MM. Gillet, Taffanel et Turban.

Une certaine singularité distingue le deuxième quintette (op. 25) dédié à Louis Diémer; elle consiste dans la suppression de la partie du deuxième violon, qui est remplacé par la contrebasse. Nous connaissons peu d'exemples de cette particularité; elle existe toutefois

dans le quintette bien connu de Schubert intitulé : La Truite. Aussi l'emploi ainsi combiné du quatuor instrumental adjoint au piano donne-t-il à tout le quintette une sonorité et une couleur spéciales. Les quatre parties, à l'exception de la première, portent un titre : Intermezzo, Marche, Pastorale. L'auteur a donc bien indiqué le but qu'il .avait poursuivi en faisant pour ainsi dire des tableaux séparés et descriptifs. Nous avons remarqué, dans l'allégro con brio, une facture peut-être plus serrée que dans les œuvres précédentes. La péroraison, avec la combinaison des rythmes à 6/4 et à 12/8, les arpèges de piano à la main droite et les accords arpégés à la gauche avec effet de cloches, clôt brillamment cette première partie.

\J Intermezzo débute par un accompagnement syncopé au piano ; le motif principal confié à l'alto nous rappelle la jolie cantilène portant le numéro 3 de la Suite romantique pour violon, avec accompagnement de piano.

Le troisième morceau est une Marche d'un caractère triste, que vient interrompre à la lettre D un chant en majeur, accompagné par des batteries au piano en triples croches, que nous retrouvons, comme conclusion, avec l'emploi de la sourdine pour les instruments, ce qui lui donne une transparence pour ainsi dire aérienne.

Quant au final, qui porte le nom de Pastorale, il a beaucoup de vie et de chaleur.

Avec le deuxième trio en sol mineur pour piano, violon et violoncelle (op. 32), nous arrivons à un ouvrage couronné par la Société des Compositeurs en 1884. Après un prélude peu développé d'un style sévère où on ne retrouve plus la division habituelle en deux parties,

se présente un scherzo vif et léger, où on remarque un charmant motif tenant lieu de trio et bien caractéristique par l'emploi d'une pédale constante au piano.

Les premières mesures de Yandante nous rappellent d'une façon lointaine l'andante du trio de Beethoven (op. 10); mais la similitude s'arrête là. Le développement mélodique est en somme plutôt romantique que classique.

Le début du final :

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