‹ Nouveaux proverbes dramatiquesChapitre 104 sur 248 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

M»« DUBREUIL, âf""^ DE CRÉDICOimT, M. DE BRETIGNAC, VICTORINE.

M. DE BRETIGNAC , à maJame Dubreuil. *

Madame votre mère ne me voit pas d'un œil favorable.

MADAME DUBREUIL

Que cela ne vous efîfaroucïie pas ^ monsieur lè comte.

MADAME DE G&IÉDlGOÙR'r. »

Elle nous a quittés êm^ ddtfte ^^fttt al^r jDOnsulter son oracle. Cet ascendant de M. du Rosnày sur elle me parait une chose bien singulière. (BarinM.) Si Victorine n^'étaâ pas là, je vous ferais une question.

i82 LA BONNE MAMAN.

BIADAME DUBREUIL,: trè8r«érieaseiiieou

Ma mère a transporté à M. du Rosnay. tout, le respect qu'efle avait pour mon père, dont il était le meilleur et le plus ancien ami.

MADitUB DE GRiDIGOURT.

Prenez donc garde que je ne blâme jamais rien. D'ailleurs, à Tâge qu'ils ont! Mais M. du Rosnay a été militaire puisqu'il a servi en Russie , pourquoi n'est-il pas employé quelque part? ça ferait encore un excellent lieutenant de roi.

M. DE BRETtGITAC.

Il est certain qu'après les espérances flatteuses que madame a bien voulu me permettre, il est cruel de voir mon bonheur k la merci d'une influence étrangère. Je suis dans une -position fort délica;te. Les ménagemens que demandent les convenances vis-à-vis de madame Carré, pour les personnes qui ne me connaisjsent pas, auront l'air d'être dictés par l'intérêt.

^ IfADABiE DE CRÉDICOURT.

Qu^Ue. folie! qui esit-ce qui pourrait penser cela? ; , ^ ; .

M. DE BRETlGIfAC.

Je puis affirmer cependant . que si, en renonçant à tout ce qu'elle aurait l'intention de faire

SGÈNE VIL i83

pour mademoiselle Victor ine, j'étais sûr d'obtenir son consentement.....

' MAWf^Mt' DUBREIJIL.

Mais non, mais non. Ma mère ne permettra jamais qu'on marie sa petite-filte sans lui faire des avantages ; M. du Rosnay serait le premier à s'y opposer. Elle s'était accoutumée à d'autres idées; il faut lui laisser le temps d'en adopter de nouvelles; elle les adoptera. •

M. DE BRETIGNAG.

Vous sentez bien , Madame , que, h'ayaqt pas de fortune positive, je dois craindre toutes les interprétations. A peine osé-je parler des sentimens que m'a inspirés mademoiselle votre fille. Je ne me fais pas meilleur qu'un autre. Pei^t-êtr^ si j'apprenais qu'un officier qui n'a qu'un nom et son grade recherche en mariage une jeune personne d'une famille riche, et qu'on me dît qu'il ne la recherche que parce qu'il la trouve adorable, je ne pourrais pas m'empêcher de sourire. Pourquoi ne craitidraîs-je pas que le monde eût la même pensée à mon égard ? , ,

MADAME DE CRÉpiCOURT.

Vous êtes d'une ingénuité puérile, mon cher comte. Il ne faut pajs jouer son bonheur sur ce qu'on dira ou ce qu'en ne dira pas.

j84 la bonne maman.

m. de bretignag.

Je le sais l)ien , et pourtant cela m'a toujours gêné dans le peu de conversi^ons que j^ai eues avec mademoiselle Victorine. ]ËRé »e peut pas se douter du charme <[ueie trouve eu elle; elle a pu croire que je nç rendais pas asse^ de justice au nar turel et à la délicatesse de son e^rit ; que sa beaut4 me paraissait vulgaire. Pourquoi? parce qu'^^e maudite I]#rrière d'argent se trouvait entre 1101,1s deux.

MADAME DE CRÉDICOORT.

Que ce tangage est vrai !

M. DE BRETIGNAG.

Je suppose même que mademoiselle Victorine ne m'eût pas inspit*é des sentimens aussi vifs que ceux que j'éprouve pour elle, je vous demande pardon, Mademoiselle, de parler ainsi devant vous (c^est la première fois); ne serait-ce pas encore le comble de la félicité pour moi que de devenir le fils d'une personne aussi distinguée que madame Dubreuil? Je n'ai jamais eu de famille; c*est tout au plus si j'ai connu ma mère..*, et j'en retrouverais une telle que mon cœur l'a rêvée tant de fois

' MADAME DUMEUIL , avec aKecOon.

Monsieur de Bretigtiac, il &ut que vous alliez pai'ler vous-même à M. du Rosnay.

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