SCENE IX
MADAM£f CARRÉ.
Gela' n^empéche pas que je voudrais que tout le monde vous ressemblât ; la Ij^rance serait bien plus tranquille.
M. DU ROGNAT.
Jevois que nous allons tomber dans la politiq'ue.
MADAME CARRl5:
Non^ monsieur du Rosnay; mais je ne puis pas vous cacher que je suis contrariée de tout ce qui se passe ici. Ma petite Victorine , que Ton ëblpijiit comnie un pauvre oiseau qu'on veut faire tomber dans un filet; sa mère, qui devrait avoir plus d'expérience et qui se tivrç elle-même avec un abandon inconcevable; ce mariage que je vois s'avancer, s'avancer.... «
sgènetx. .
MADAME CARRÉ , M. DU ROSNAY, AaCTORINÈ.
VICTORINE accourt 4'uu air très-^mu et remet une Içllre à madifiD'e' Carré.
Bonne maman, une lettre qu'on vient de me donner delà part de M. Edouard. C'est la première que je reçois de lui, je n'ai pas osé l'ouvrir, ef je vous l'apporte.
igS LA BOÇffîE MAMAN.
MAD4lffS CAHRJÉ.
. Bob té divine I comme tiç VQil4> mOP ^pfept! CaliBertai donc, Que crois^tq qu'il y ait dan;» ççtte lettre?
VICTORÏNE. ,
le n'en ssais rien , l>onr|e pi^m^n; mai^ y;at\ p^ur qu'il ne se doute de tpqte& no9 folies.
( EII^ s*assied en pleurant. ) MADAME GARRi.
Np pleurp pas; nous allons yoijr. Tu l'aimes donc encore?
^ vïcraRiNE.
Oh! ma b9nne^laman, délivrez-moi de M- de, Bretignaçf c'est tout ce que jedçmpnd^*
MADAME CARRÉ
Pourquoi né t'es-tu pas expliquée tantôt ?
VIGTQRIHE.
c'est vrai. M. Edouard doit être bien mécontent. ,
MAPA^P CARRÉ.
S'il faut être témoin que tu n'as jamais hésité entre lui et M- de Bretigpac , j'en suis témoin.
VICTORINE, rembrîrssam.
Ma bonne man^an ^ qnQ vous êtçs indulgente !
MABA^^ CARRÉ.
Pourvu que tu ne changes plus.
SÇÈNB X. 199
Vofis ^*avçï^ pirs d'inquwitude à ayoir^ iws ré- Qexion$ sont trçp Jbfen faites» J'ai prpfité d'un insU^nt où iU m'ont laissée libre ^ pour m'asseoir seule dai^s i|n coin du saloo^ là , j'^i fermé les yeux^ et je pe suji^ vue comtesse ayec m ïtêbît de cour, beaucoup de rouge , des diamans; j'étais nommée quêteuse } un duc me doiiuait la main ; mon nom éjtait mis dans les JQurnaus^. Tous^cas messieurs et toutes ces dame; que M. de Bretignac et madame de Crédicourt nous o^t an^enéif^ m'accablaient de ces complimens à bout portant dont ils m'ont donné ce soir un échantillon , et cependant je pleurais. .
MA.9AME c^aRÉ.
Tu pleurais !
yiCTOKINE.
Je pensais que tout cela n'était que de la yaiiilc; qu'il faudrait pour ainsi dire renoncer à vous, à maman....
^ • MADAME CARRÉE
Et puis à M. Edouard.
VJOTORINK.
Et puis à M. Edouard. Que des complimens , des flatteries n'étaient pas de Tamitié, de la confiauce ; que ma vie n allait plus dater ^ue du jour
de mon mamge;^ue tous nos parens , q[ui ont toujours élë si bons pour moî, que M. dîrRosnay surtout , ne m^ regarderaient peut-êti^ que comme une idiote qui s'était laissé prendre à uii sot orgueil, et qui méritait d*én être punie; qîie si j'étais mattieurense persodne ne me plaindrait... "'
MADAME CARRIÈ.
Tais-toi donc, tais-toi donc. Personne ne te plaindrait!... ' , -.
U\ hV ROSNÀY. '
Et cette lettré que vous tenez, vou^ ne voulez donc pas la lire?"
' ' . MAbAMÈ CÀRRjê.
Il n'oublie rien , ce bon monsieur du Rosuay.
( Elle lui' présente ta lettre.' y TcnCZ ,' l'a Voici , OUVreZ-la. M. DU ROSNAY.
Je ne puis pas ouvrir une lettre qui est adressée à mademoiselle Victorine.
MADAME CARRE
C'est que je n'ai pas mes lunettes.
M. DU ROSKAY. : ;
Voulez-vous lesmi^ines?
(Il lui donne ses lupeltes. ) VICTORINE.
Comme le cœur me bat !