SCENE m
^ • FRANÇOIS
Vous ne savez pas commeat tout ça se fait. On rencontre u^ami; il dit : « Ah! v'ià François; il Ta me- payer» à |)oire, » On n'ose pas dire : je ne veux pas. Quand il a bu, il dit: ^Tes un brave, toi, François ; prête-nàoi donc cent sous. » Je ne suis pas content ; mais que faire ? On aurait l'air de ne pas avoir cent sous. • '
MAÎTRESSE GIRAUD
La belle raison pour un homnle de votre âgé !
FRANÇOIS
Cest comme ça. •
MAÎTRESSE GIRAUD
Comment ferez-vous quand vous n'aurez plus rien?
' FRANÇOIS
Ah ! mais dame...
MAÎTRESSE GIRAUD
Voilà ce qu'il y a de désolant.
FRANÇOIS
Je ne sais pas pourquoi ça vous fait plus de peine qu'à moi. N'y prenez pas garde.
^ MAÎTRESSE GIRAUD
N'y prenez pas garde ! Comme s'il était possible de voir queV]u'un qui se perd à plaisii* satis que ça fasse du chagrin. *
%3o LiaSCHîaANT.
FRANÇOIS , on pw ému.
Pauvre petite mère ! je ne vous accuse pas ûon plus; il o'y a pfisde votre faute; biôaaucQUtraire» M'en ayez^ VOUS dîl ! Ma^St il.ne Êiut pas ¥o«ft rewkre malade^ Eat-ce que je le mëi^ite ?
UAÎTfL^ssM aiaA9J>.
Ne dites donc pas qu'il ne faut pas se readre malade. Est-on .maîtresse de ça? Si vous aviez ja^ mais aimé seulement le quart de.....
fAAsrçûis.
Je ne dis rieu , moi ; mais je sais bien que , depuis deux jours 9 je ne suis pas trop à mon aise.
MAÎTRESSE GIRAUp.
Ça devrait pourtant te faire réfléchir, François, ïu serais si heureux si tu voulais.
FRANÇOIS
Il est sur que je ne retrouverai jamais ce que je perds.
MAÎIrBESSE GIRAUD.
Et pour qui le perds-tu ? Là, je te le demande. Pour des misérables qui ne te regarderont pas du moment que tu n'auras plus rien à leur donner.
FRANÇOIS
Ce n'est pas feux ce que vous.éRtes là.
MAÎTRESSE CIRAUi>..
Il ne te reste que oetit quatre^vingt fmoes sur ton héritage.
SCENS m. a3i
FRAJIÇOIS.
Quoi ! eacone tant que ça ?
MAÎTRESSE GIRi^UD.
Ça te mène^'a loin. II n'y ^urapas de quoi épouser toutes les filles à qui tu promets le mariage.
FRANÇOIS , un peu déconcerté.
Je promets le mariage ! Qui est-ce qui vous a fi^it de si beaux contes*?
MAÎTRESSE GlRAtTD.
Ést^e vrai, oui OU non?
FRANÇOIS
Ah ! je promets le mariage !
MAÎTRESSE GIRAUD
Puisque je le sais , conviens-en du moins. Tu vois bien ; tu ne veux pas répondre.
FRANÇOIS
Il parait que vous connaissez des gens qui sont bien aimables pour moi.
MAITRESSE GIRAUD
As-tu promis le mariage, ou ne Tas-tu pas promis?
FRANÇOIS. ''
A qui est-ce que j'ai promis le mariage ?
MAÎTRESSE GIRAVn.
A Thérèse Blondel, par exeniple.
aHa L'INSOUCIANT.
Si je savais ceux qui voiis ont dit ^,.
MAÎTRESSE GIRADl^.
IL ne s'agit pas de savoir £eux qui m'cAt dit ; ont-ils fait un mmsonge?
FRANÇOIS
, Comment voulez-vous qu'on puisse garder votre amitié , si vous écoutez tout le monde ?
MAÎTRESSE GIRAUD
Tu ne réponds pas. C'est toujours ta même manière de rompre les chiens. Tu voudrais faire une querelle aux autres, et tu ne veux ps^ me répondre à moi. Voyons; parle puisque je le sais. Avoue donc quejque chose une fois dans ta vie. Je ne te dirai rien ; je serai contente. Tiens , François, c'est ton entêtement qui me fait plus de peine que tous tes autres défauts.
FRANÇOIS
Il n'y a pas d'entêtement. Que voulez-vous que je vous dise ?
MAÎTRESSE GIRAITDt
Tu avoues donc ?
' / FRANÇOIS
Puisque vous le savez.
MAÎTRESSE GJRAUn.
Eh ! bien, voilà au moins iquelque chose; voilà