SCÈNE I. 3i
MADAME LAROCHE
Est-ce que tu as quelqu'un qui te parle ?
NAWETTE.
Tîon, Madame. Pourquoi ça?
MADAME LAROCHE
C'est que tu sais' bien des choses.
NANETTE
Est-ce qu'on n'a pas des yeux ? Chaque voyage que fait M. S*-Utsunt^ il s'jen va toujours les mains pleines. Ç est parce qu'il trouvait que madame dépensait trop à Paris , qu'il l'a fait revenir ici ; il s'imaginait qu'il resterait davantage à madame pour lui donner. Que c'est bête! quand on ne dépense son argent qu'en charités, on trouve à le placer partout.
MAIXAME LAROCHE.
Je ne reviens pas de cette petite Nanette*
NAÉÏETTE*
C'est bien à madame de lie paâ avoir rougi de s'établir dans un adroit ôà toUt le monde sait que ses parens n'étaient que de pauvres paysans. Nous aimons ça, nous autres. Quoiqu'elle ait à celte heure la plus belle maison du pays , elle a conservé leur cabane; elle y va souvent, et ça nous fait ben autrement d'effet que des fiertés.
3a LE SÉMINARISTE.
MADAME LABOCHE.
Vous avez raison, mes enfans.
NANETTE
On dit que c'est sa douceur encore plus que sa beauté qui lui a valu le riche mariage qu'elle a fait. C'est ben possible si elle était restée à Paris, tout en regrettant le' défunt, que sa douceur lui eût attiré un second mari; car Paris, c'est le pays des épouseux, à ce qu'il paraît. Madame est encore si belle et si fraîche ! Mettons qu'elle se soit remariée , les recettes de M. S*-Utsunt auraient ben pu diminuer , oui dà.
MADAME LAKGCHE.
Qui est-ce qui croirait jamais qu'une petite paysanne en sait si long?
WANETTE.
Tenez , madame Laroche , il y a une vérité :
quand on aime ben ses maîtres, on finit toujours par savoir ce qui les regardé.
MADAME LAROCHE
C'est comme quand on ne les aime pas.