EMMA, LE COLONEL, MADEMOISELLE MODESTE
(Au momept où ofàti-e Eduna, le coloiiei s'aranee^ lai prend la mam. ppur ramener Siit la scène, après aVoil' indiqué à mademoîseile Modeste de s'asseoir sur^un fonteuil près, dé la porte.)
tB COLOWELé
Si: mes afFaires m'avaient permis de venir ici du vivant «ie mon oncle, nous ne serioàs pas étrangers l'un à l'autre ; je ne serais pas réduit à vous demander pardon des efforts que j'ai faits pour obtenir que vous yeuillez bien, m'accorder un moment d'entretien. Notre position est vraiment singulière.
ÈMHk.
Très^BguIière.
LS dOLOllEiL. .
Je n'en parle pas sous le rapport qiii a pu mêler nos intérêts. J'espèpe, Mademoiselle , que vous n'avez jamais douté de mon équité.
•E M ,fl IA >
Jamais, Monsieur. / '
I^ COLDlf EL .
De toute autre personne, cette réponse ne se*
3i8 L'ORPHELINE,
rait qu'une justice; de votre ^art, je la regarde comme une génërosité à laquelle j'attache le plus grand prix. Vous ne saurez jamais combien je tiens à mériter votre estime ; sans doute j'ai beaucoup de préventions à combattre... Vous gardez le silence; vous craignez de vous livrer à cette franchise qu'on vous a reprochée tantôt devant moi. N'est-il pas vrai que je suis mal dans votre esprit ?
EMMA
Si vous m'eussiez fait cette question du vivant de votre oncle, j'aurais répondu ouiy sans hésiter.
LÉ COLONEL.'
£t maintenant ?
EMMA
Maintenant, j^ai appris à ne pas croire sur la foi des autres, et six mois écoulés depuis que nous l'avons perdu ont été pour moi un temps de révélation.
LB COLOIfEL.
Expliquez-vous , de grâce.
EMMA
On dit que je suis légère parce qu'il m'est plus fachle d'accepter un malheur que de le redouter ; mais croyeî^, je vous prie, que je ne manque pas