‹ Nouveaux proverbes dramatiquesChapitre 184 sur 248 · ACTE II, SCÈNE VJ · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VJ

qu'il eût auprès de lui le plus proche de ses parens. On ne résisté que de loin aux volontés d'un vieillard. Si vous eussiez été ici , il vous aurait aimé.

tE COLONEL.^

Ah! Mademoiselle, vdilà mon crime; je ne me le pardonnertai jamais. Si j^eusse rempK mes devoirs envers lui , rions aurions été ies ènfans ; vous me reg$irderiez comme un frère , et j'aurais acquis le droit de vous protéger. A votre âge, avecim esprit qui étonne, mais qui ne peut devancer l'expérience ; avec une franchise dobt le charme ne doit durer que pour celui qui obtiendra toute votre confiance; avec une figure qui s'embellit encore de toutes vos qualités, que deviendrez- vous dans un monde oîi chacun ne pense qu'à $oi, ne veut, n'estime rien que pour soi ; où le bien même s'interprète à mal ; où les premiers mouvemens, souvent bons, ont moins de durée que quand ils sont mauvais? Madame d'Yvari, par exemple, croyezvous qu'elle vous aime? moi, je n'en crois rien. Je ne l'aime pas, et je souffre de vous voir aller dans cette maison.

EMMA

Si le testaknent de votre ohcle ne m'avait pas obligée de vous attendre ici , de vous y recevoir, vin. Il

3tà^ L'OftPHELINE.

je n'aurais pas été conduite à accepter la bienveil*lance qu'elle m'a montrée et dont j'ai l'intention de ne pas abuser longrtemps.

LE COLOBTEL.

Que deviendrez-vous ?

Ettlf A.

Que serais-je devenue sans les boutes de vptré oncle? La fortune que je lui dois suffit pour me permettre de choisir le seul asile qui convienne à ma situation.

LE OOtONEt.

Sans y prendre d'engageiœnt?

EMMA

Que sais-je? l'avenir est si longl

LE COLONEL

Ah ! n^y pensez jamais sans me consulter

comme vous consulteriez un frère. Y consentezvous ?

Oui. Je consens à vous écrire. Vous me proté-* gérez par respect pour sa mémoire.

LE GOLOlTELi

Par respect pour tout ce qu'il. d^rissait en vous. Je serai le tuteur de votre fortune ; elle restera hypothéquée sur cette terse ; vous y tiendrez au moins par quelque chose. Vous étiez si bien ici que je

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