ACTE II, SCÈNE VI
LE COLONEL
Quelle lettre?
EMMA
Elle me fut remise par mon bien&iteur avec ordre de ne l'ouvrir que dans le cas où j'aurais à me plaindre des procédés de son neveu. N'ayant point à me plaindre, cette lettre ne m'appartient plus , la voici.
LE COLONEL, prenant la lettre.
Je ne croyais pas avoir mérité une précaution aussi injurieuse. J'aurais voulu, du moins que la preuve m*en eût été épargnée.
EMMA
J'hésitais , et je suis affligée maintenant de vous avoir déplu. Vous m'avez demandé de la confiance, j'ai pensé qu'il aurait toujours fallu vous le dire plus tard.
LE COLONEL
Quel amoiir-propre révolté ne serait pas apaisé par des paroles aussi douces? Emma, donnez-moi votre main comme à un frère, et pardonnez-moi.
EMMA
De tout mou cœur si le tort est de votre côté.
LE COLONEL
Oui, oui, mille fois de mon côté; et pour m'en punir je veux subir entièrement l'humiliation à
326 L*ORPHEUNE,
laquelle mon oncle m'a exposé. ( H ouvre la lettre et m. ) « .Ceci est mon codicille. :»
M. DUFLOS
Un codicille ! Voulez-vous bien , monsieur le colonel y que je vous épargne la peine de le lire? Cela rentre dans mes attributions.
LE COLOI^EL, lui remet le papier^
Tenez, Monsieur.
If. DUFLOS, lûàiit.
<c Dans le cas prévu par mon testament ^ oii c Charles^Hippolyte Sinclair, mon neveu et Théa ritier de tous m^ biens, ne réglerait pas dans a les vingt-quatre heures les intérêts de ma bien- « aimée Emma dé Ca^telbon , de manière à ce a qu'elle se déclaré satisfaite, j'entends, et ma vo- <c Ion té expresse est que ma t«rre de Langel ap- « partienne en propre, avec tout ce qu'ellç comr (c porte, à ma bien-atmée Thérèse-Emma, pour ce l'acquit de ma conscience , ne me croyant pas ce injuste envers celui qui aur^t manqué de jusce tice. »
LE COLOÎfFX.
Quelles expressions ! et par quelle ^tion de ma^ vie ai-je pu les mériter ?
MADAl^E dVvARI.
Calmez- vous, monsieur le. colonel. I^§ vici^