SCENE V
plus ne voudra pas demeurer avec nous. De toutes façons^ nous n'aurons plus d'enfant. Au bout d'un au , nous serons des étrangers pour elle ; elle ne viendra plus nous voir que par visites, et tious vieillirons, Mathurin et moi, sans que ça nous ait servi à rien d'avoir une fille. Dites donc comme moi, voisin.
~ MA.THUJim.
N'est-ce pas qu'elle dëgoisé joliment not' femme?
MATHURmE.
Choisissons Gervais. C'est un brave garçon, qu'est franc, gai, travailleur, qui nous respecte, qui nous aime» et qui sera reconnaissant de ce que je ferons pour lui. Nous prendrons avec nous sa pauvre mère, et nous ne ferons tous qu'une fapnille. Thérèse ne brillera pas tant ; eh ben, elle ne brillera pas tant; ce n'est pas une nécessité. Mais comme elle sera heureuse, en récompense! Elle n'aura autour d'elle que dçs gens qui 1 aimeront, qui la chériront; et puis vois donc, moii homme, queulle joie pour nous ! Tous les ans , un petit garçon ou une petite fille. '^
MATHUnm.
Ëntendez^-vous , voisin , ma femme à qui il Êiul un petit garçon ou une petite fille tous les ans?
35o LA MÉCHANTE LANGUE.
HATHURIirÉ.
Si on pouvait dire : « Y a un autre mari pour elle dans le village. » Mais n y en a pas. Ainsi faudra donc la quitter, nous en séparer! Pensestu à ça ^ Mathurin?
MATHURIN
Comment ! n'y a pas d'autre mari que Gervais dans le village?
MATHURINE
Non y et tu le sais tout aussi ben que moi»
MATHURIN
Cherchons donc.
MATHURIlfE.
Nous avons assez cherché , qu'i me semble^
MATHuniir.
Et le voisin Thomas , tu ne le comptes pour rien.
MATHUamE , riant aux édktpi
Ahl àb! ah! ah! c'est. ben trouvé. Lui qui a déjà manqué de m'épouser dans le temps. Faut le garder pour une des filles à Thérèse.
THOMAS
Tous êtes toujours plaiss^nte*, dame Mathurine.
MATHURINE
Vous ne voyez pas que c'est une malice de mon mari pour ne pas me répondre.