SCENE X
pas si heureuse , moi , mon petit Gervais ; car^ à coup sûr, tu ne lùe dis pas tout.
GERVAIS
Oh ! ma fine, si fait.
Je gagerais que non.
GERVAIS
Vous perdriais , not' maîtresse.
MATHURINK.
Tu m'aimes donc ben ?
GERVAIS
Si je vous aime! Vous ne saurez jamais comben je vous aime. Je voudrais tant seulement que vous me disiais de me jeter au feu pour vous.
MATHURINE
Au feu ! mon pauvre Gervais ; et qu'est-ce que je deviendrais sans toi, mon enfant?
GERVAIS
Vous êtes là reine des femmes.*
MATHURINE
Si tu m'avais vue à seize ans; j'étais la plus jolie fille de tout le pays.
GERVAIS
Margoi ! gn'y en a encore guère qui vous dëgotent.
MATHURUTE.
Mathurin, dans ce temps-là, passait des jour^ nées entières à me regarder. Dame! c'est vrai que je n'ai plus la taille si fine; on voit que je suis une maman.
GERVAiS.
Ça n'empêche pas que l'autre jour , à la fête , on vous prenait pour la sœur de mamzelle Tharèse.
MATjOURINE, lui donnant un petit soufflet.
Taisez-vous, menteur.
GERYAIS.
Vrai , madame Mathurine , je ne badine pas.
Mais j'ai ben soin de dire aux gens qui vous trouvent belle : « Vous voyez ben , elle est encore plus bonne. »
MATHURINE
J'aime quand tu me parles comme ça. Mathurin ne m'a jamais rien dit de si gentil. Ce n'est pas étonnant ; il ùe prend garde à rian cet homme-là ; il ne voit rian.
MATHURIN , toujours dans le fond.
Hom!
MATHURmE.
Tu as beau faire hom ! ce que je dis est la vérité.