‹ Nouveaux proverbes dramatiquesChapitre 213 sur 248 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

I voit pourtant ben quand je parle à mamzelle Tharèse.

MATHURINB.

II est plus jaloux de sa fille que de sa femme. Si j'avais été coquette , j'aurais pu avoir des amoureux à foison; ça lui aurait été ben égal. ( A part. ) Que je voudrais voir la mine qu'il fait!

GERVAIS

Ne croyez pas ça. Quand vous avez votre beau juste garni de velours noir, il est ben fîar, allez.

MATHURINE

Et toi, comment me trouves-tu avec mon juste de velours noir?

GERVAIS

Je suis presque aussi fiar que maître Mathurin.

MATHURINE

Ça ne m^étonne pas ; car riea ne me fait plus de plaisir à moi que quand je te vois ben mis. Je veux te donner un diapeau neuf; ça te manque. Et puis j'ai acheté une cravate pour Mathurin ; je ne lui en ai pas encore parlé ; ça sera pour toi. Si on te demande d'où ça te viant^ tu diras que tu les as gagnés à la loterie*.

• GERVAIS

Ah ! madame Mathurine, gn'y a queuque chose

que j'aimerais ben mieux que la cravate et le chapeau.

MATHURINE

Et queu que c'est donc? T'as qu'à parler.

GERYAIS.

C'est mamzelle Thàrèse.

BfATUUKINE , à part.

Pauvre garçon ! ( Haut. ) Pourquoi que t'as tant d'envie de te marier?

GERVAIS

Vous devez ben le savoir, dame Mathurine.

MATHURIHE.

T'es si jeune, Thérèse aussi. M'est avis que vous pourriez ben encore attendre un an ou deux.

GERVAIS

Un an ou deux !

Mathurin ne veut pas que not' Thérèse se marie plus tôt. Mais laisse faire ; tu ne t'ennuieras pas pendant ce tepips-là. Je t'enverrai à toutes les fêtes avec le gousset bien garni ; je tç prêterai la bourrique pour que tu ne te fatigues pas^ et que tu puisses danser tout à ton aise.

GERYAIS.

Un an ou deux ! Ah ! pauvre Gervais ! ah ! pauvre mamzelle Tharèse ! Un an ou deux !

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