‹ Nouveaux récits de voyage [microforme]Chapitre 28 sur 57 · LP RO A ES ESS CEE · texte numérisé non relu

LP RO A ES ESS CEE

LES RUSSES EN SIBÉRIE 147 monieuses missives, 1} est convenu que les conférences auront lieu à Nertschinsk, la ville sibérienne, fameuse entre toutes, par ses mines de plomb et d'argent.

Au mois de juillet 1689, les plénipotentiaires chincis arrivent devant cette ville avec trois mille hommes d’infanterie et de cavalerie, une multitude de valets, des milliers de chevaux et de chameaux. L'un des chefs de la mission a pour lui seul trois cents chevaux, cinq cents chameaux, cent domestiques.

En 4796, lorsque le duc de Richelieu fit son entrée

à Vienne en qualité d’ambassadeur de France, il avait soixante et onze carrosses à six chevaux, dont six d'une magnificence extraordinaire, six coureurs habillés de velours rouge galonné d'argent, cinquante valets de pieds en grande livrée, galons de soie et argent, clapeaux brodés garnis de plumes blanches, épée d'argent, douze héiduques, douze pages à cheval avec leur gouverneur, leur sous-gouverneur, puis des écuyers, des suisses et vingt-quatre palefreniers tenant des chevaux de main.

Les gouvernements parlementaires, plus habiles que les royautés, triplent en deux ou trais révolutions les budgets et ne permettent plus un tel luxe.

Golovin, en route depuis près de trois ans, arrive le 48 juillet, avec tout un régiment de strélitz qui laccompagne depuis Moscou. :

Entre les murs de la ville et Les bords de la Nertcha, on élève alors une vaste tente, divisée en deux comparüiments, l’une pour les Russes, Pautre pour les Chinois, ctles diplomates entrent en conférences.

D'abord Colovin exprime le désir que l'Amour soit désormais la limite des deux empires. Les Chinois répliquent que par de là la rive septentrionale de ce fleuve, il y a des peuplades qui leur payent un tribut régulier

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; n | | 148 NOUVEAUX RÉCITS DE VOYAGE LE bi | | en fines fourrures. [ls ne peuvent renoncer à cette posses- D | sion et demandent au contraire que la Russie leur cède 0 trois villes : Albazin, Sélinguinsk, Nertschinsk, et tout le pays, dit Muller, jusqu'au lac Baïkal, appuyant leurs prétentions sur ce que toutes ces contrées avaient appartenu aux Tartares occidentaux, c’est-à-dire aux Mongols, De possesseurs anciens de la Chine.

De | Golovin réplique d’un ton acerbe qu’il ne peut pas 1 même discuter cette proposition.

Lt Le lendemain, malgré une concession des Chinois, la Due question s’envenime de telle sorte que plus personne n’y veut revenir. Les négociations sont rompues, et de nouveau le cri de guerre retentit. Les ambassadeurs

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chinois, qui ont amené avec eux une nombreuse milice, ne espèrent encore y adjoindre des Mongols et des Tongouses, : h ù EE bloquer Nertschinsk et réduire Albazin à la dernière h AUS extrémité, Golovin se prépare à la lutte sans pouvoir se f D dissimuler l’infériorité de ses forces. À cette heure de ; oi eri 2 entre les mandataires de l'empire moscovite et i L de ls de l’empire chinois, la paix est rétablie par un Français, ; En : le père Gerbillon, un de ces savants jésuites que L EE Le Louis XIV envoyait en Chine pour étudier la langue, F * l'histoire, les mœurs et les productions de ce pays LES si peu connu alors en Europe. 5 F Le Ces études des jésuites, recueillies, publiées au dix- l Le de | huitième siècle par le savant du Halde sont la base de | DURS toutes celles qui ont été faites depuis cette époque. Il k ni : nest pas un sinologue de nos jours qui ne leur doive : HE à les meilleurs notions. :

Ù Avec une ferme et religieuse pensée, le père Gerbil- : 1 lon avait quitté son doux foyer de Verdun, son vénéré 5 nt ollège de Nancy, son cher pays de France, et dans le | D lointain Orient, il gagnait l'affection de Khang-hi en ’ D | lui donnant des leçons de mathématiques, et si vite 1l

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