‹ Nouveaux récits de voyage [microforme]Chapitre 29 sur 57 · RÉ NIG D ORNE" DR RER LT END ERA 4 SN STONES EPA EE APS NES EEE TT · texte numérisé non relu

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apprenait l’idiome du bienveillant empereur qu'il fut choisi pour assister les diplomates chinois dans leur difficile mission en Sibérie.

Grâce à sa bienveillante intervention, les colères des diplomates s’apaisèrent et les conditions du traité fureui finalement réglées.

Par ce traité la Russie conservait les deux villes et le territoire que les plénipotentiaires de Pékin avaient d’abord si impérieusement demandés. Mais elle abandonnait Albazin et se résignait à une rigide délimitation, bien loin des terrains conquis par Khabaroff !. De plus la navigation de l'Amour lui était interdite. C'était là le point le plus grave du traité de Nertschinsk, l’article rigoureux si difficile à maintenir qui tôt ou tard devait être aboli.

Il a cependant subsisté, sauf quelques années, pendant près de deux siècles. On peut dire qu’en cette affaire la Russie a mis de la patience. La vérité est que pendant cet espace de temps, elle était occupée à d’autres guerres et d’autres conquêtes en d’autres pays : conquêtes de la Baltique sous le règne de Pierre le Grand, conquête de la Pologne et de la Crimée sous le règne de Catherine, guerres contre Napoléon et prise de possession de la Finlande sous le règne d’Alexandre, guerres du Caucäse sous le règne de Nicolas.

Un jour enfin dans les hautes sphères administratives de Pétersbourg, on se mit à songer au traité de Nests-

1 L'un des affluents de l'Amour est la Gorbitza issue d’une chaîne de montagnes qui, d’un côté, touchent à la rive septentrionale du fleuve et de l’autre à l'océan Oriental. Cette rivière et cette chaîne de montagnes devaient servir de limites aux'deux empires. A l’est et au sud de cette barrière, le domaine de la Chine. À l’ouest et au nord celui de la Russie jusqu’au Kamtschatka, jusqu'à l'extrémité septentrionale de l'Asie. Mulder, Histoire du fleuve Amour, p. 172.

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chinsk, et à la nécessité d’en adoucir, sinon d’en supprimer les rudes conditions. Pour ses désirs de colonisation, pour le développement de lagriculture et du commerce dans une immense région, pour ses projets du côté de l’océan Pacifique, il fallait nécessairement à la Russie une grande voie nautique. Elle l'avait le long de sa frontière sur un espace de près de cinq cents ieues et ne pouvait en user. Un ambassadeur fut envoyé à Pékin pour demander la libre navigation de Amour, ou tout au moins l'autorisation de transporter par ce fleuve les denrées nécessaires au Kamtschatka et à divers autres établissements.

L'ambassadeur échoua dans sa mission, Mais cette nouvelle rigueur de la Chine ne pouvait plus être de longue durée. Bientôt on vit apparaître dans les publications périodiques, dans Îles journaux officiels de létersbourg et de Moscou, des scènes de voyages, des récits d'aventures destinés à aitirer l'attention du public vers la région silonnée par l'Amour. Un savant distineué, M, Middendorf, explora eette région dans toute son étendue,

Puis, voici venir l'homme qui devait terminer par son intelligence et son activité la grande entreprise. M. le comte Muravieff était nommé en 1847 gouverneur général de la Sibérie orientalé, et lun de ses premicrs actes fut de confier à un officier d'élite le som de reconnaitre dans toute sa longueur le cours de l'Amour. Cet oflicier, qui avait été Le compagnon de M. Middendorf, partit avec quatre Cosaques pour descendre le fleuve jusqu'à son embouchure, et de lui, et des soldats qui l’accompagnaient, jamais on n’a eu la moindre nouvelle,

M. le comte Muravieff ordonna une autre expédi-

tion dans le golfe de Tartarie et sur la côte de la mer:

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