‹ Nouveaux récits de voyage [microforme]Chapitre 33 sur 57 · CON · texte numérisé non relu

CON

dat atre nou-

utre

VIS, ment ainte 1SSeS TUE nière ième gra a $0g ou ar le

aMiICrs ntces Mahobeau-

LES RUSSES A KITIVA 171

« Les premiers, réunis l'un à l'autre au moyen de colliers de fer par files de dix à quinze, furent successivement emmenés; les autres attendaient avee une résignation parfaite qu’on exécutàt l'arrêt porté contre eux : en eut dit autant de moutons sous le couteau du boucher. Pendant que plusieurs d’entre eux marchaient soit à la potence, soit au bloc sanglant sur lequel plusieurs têtes étaient tombées, je vis à un signe du bourreau, huit des plus àgés s’étendre à la renverse sur Le sol, On vint ensuite leur garotter les pieds et les mains, puis Pexécuteur s’agenouillant sur leur poitrine, plongeut son pouce sous l’orbite de leurs yeux, dont il détachait avee un couteau les prunelles ainsi mises en saillie. Après chaque opération, il essuyait sa lame ruisselante sur la barbe blanche du supplicié *,

Autrefois, sous le gouvernement des Inakhs, les délits étaient punis par des amendes pécuniaires. Mohammed- Rahim, en s’emparant du pouvoir suprème, établit un tout autre code. Le bourreau devint, dans le pays de Khiva comme dans le royaume africain de Dahomey, l'un des premiers fonctionnaires du souverain.

En vertu des lois du fanatique et frénétique despote, les bénignes amendes furent remplacées par la torture et la peine de mort.

Pour une simple infraction à la loi musulmane, la peine de mort, pour une femme qui, par hasard peutêtre aura seulement soulevé son voile en passant devant un homme, la peine de mort,

Et quelle mort!

Le Christ n’est pas là pour arrêter par un geste divin une foule effrénée en disant : Qui de vous osera lui jeter la première pierre !

{ Voyage d'un faux derviche, p. 150.

La malheureuse est enterrée vivante jusqu’à la ceinture, et comme il n’y a pas de pierres sur le sol, elle est lapidée avec des boules de terre durcie. « À la troisième décharge, dit M. Vambéry, une enveloppe de poussière a rendu méconnaissable cette victime, dont le corps mutilé n’a déjà plus de forme humaine, et on l'abandonne alors aux lentes angoisses de l’agcnie. »

Avee leur furibond fanatisme, Les Khiviens ont quelquefois enterré vivants, dans ies steppes, des diplomates et des négociants étrangers, disant que le sang des infidèles ne doit pas souilier la terre des vrais croyants.

« Durant mon séjour dans le Khanat, je fus, dit M. Mouravief, condamné à ce supplice. »

M. le capitaine Mouraviel n'allait là pourtant que dans le but d'accomplir une pacifique mission.

IL était délégué par le gouverneur général de la Georgie pour essayer d'établir des relations amicales entre les Russes et Les Khiviens.

Au commencement de septembre 1879, une corvette russe le conduisait sur la côte orientale de la mer Caspienne. De là, il partait avee des guides, un interprète, vingt chameaux, pour s'en aller avec ses honnétes intentions, vers lantre du on, vers la demeure du terrible despote Mohammed-Rahinn.

Sa relation de voyage, très-simplement écrite, avec un évident accent de sincérité, nous donne d’intéressantes notions sur la géographie, Fhistoire et les mœurs du pays qu'il a traversé.

Il est entré dans les kibitkas des farcomans, et il

signale en termes précis les traits cœnetéristiques de ces tribus aventureuses; leur éloismement pour le

travail agricole, leurs habitudes de brigandage, leur ardente cupidité, et leur ferveur mahométane avec la

ET

einelle A la Dppe ime, une, ’agG-

quelnates des ants.

. dit que

de Ja icales

“vette mer nterhonieure

avec intet les

et il 4 de r le leur ce la

Rare 54

LES RUSSES A KITIVA 175

plus complète ignorance, ou le plus profond oubli des lois de charité inscrites dans le Coran.

En cheminant de l'ouest à l’est, 1l a reconnu le lit desséché de l’ancien Oxus qui, dit-on, s'épanchait dans la mer Caspienne, et ses investigations donnent licu de croire que, jadis la mer Caspienne était jointe au lac Aral, peut-être même au Pont-Euxin et au Palus Méotide.

M. Mouravief a traversé le vaste espace qui s'étend entre les rives de la mer Caspienne et les canaux de la Khivie, et il raconte d’une façon touchante ses privations et ses souffrances. Seize jours de marche à dos de chameau, avec de méchants compagnons, sur un sol aride où rien ne verdoie, où nulle source rafraichissante ne s’épanche, où l’on n'entend pas le chant d’un oiseau, pas même le léger bruissement d'un insecte, où, de quelque côté que l’on se tourne, on ne voit que le sable soulevé par le vent, embrasé par le soleil, cà et là seulement quelques chétifs arbustes, et cà et là auprès du puits d’eau saumâtre, quelques tentes habitées par des esclaves et des bandits.

Après ce pénible trajet, M. Mouravief arrive enfin près de la ville où 11 est envoyé. IT hâte sa marche, heureux de penser que bientôt sa tâche sera finie, mais Mahonmed-Rahim n'est pas si pressé de le recevoir. À quelques lieues de Khiva, le jeune capitaine est arrêté par des agents officiels qui linvitent poliment à se rendre dans la maison d'un fonctionnaire, nommé At- Tchapar, pour y attendre les ordres du souverain,

Cette maison était fortifiée, Bientôt, malgré les égards qu'ou lui témoigmait encore, M. Mouravief reconnait qu'il est captif. Des soldats qu'il avait d'abord pris pour une garde d'honneur veillaient à sa porte, le suivaient dans ses promenades au jardin, ne le perdaient pas de

vue, et il apprit que son hôte, un esclave affranchi, était selon les instructions qu'il recevrait, tout aussi disposé à l’étrangler qu'à le traiter avec respect.

Mohammed avait dès le commencement de son règne institué un conseil d'administration qui lui rendait de greds services. Il n’y faisait entrer que ses favoris. Nul d’entre eux n’osait le contredire, et toutes les sentences arbitraires, les arrêts cruels de son absolutisme leur étaient attribués.

Le voyage de M. Mouravief inquiétait le Khan. Les fidèles conseillers furent appelés à délibérer sur ce grave évènement. Il s'agissait de savoir pourquoi ce Russe était envoyé de si loin dans le Khanat. Que voulait-1l ? Qui était-11?

Ses compagnons de voyage furent interrogés, et leurs rapports lui donnaient un caractère sinistre.

Un soir, la lune disparut subitement. Toute la caravane élait fort alarmée de cette éclipse, lui seul Ja regardait sans émotion et prétendait l'expliquer.

Signe évident de sorceilerie.

Ïl savait lire, et souvent dans sa tente lisait un livre d'un aspect étrange.

Autre signe de sorcellerie.

Il mesurait la profondeur des puits, el notait sur un cahier la longueur des marches, la distance des stations.

Ouvre certaine d'espionnage.

J se lavait parfois les mains et le visage, mais il ne faisait point les ablutions régulières prescrites par le Coran.

Que fallaitil de plus pour résoudre une st importante question ?

À l'unanimité des voix, la sage musulmane assemblée

chi, USSI

son lui » S6S utes olu-

Les r ce 1 ce vou leurs >arä-

il Ja

Page 1