‹ Nouveaux récits de voyage [microforme]Chapitre 35 sur 57 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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ratifs du commandant d'Or‘nbourg, n’avait pas un instant songé à s’en aller à la rencontre de l’ennemi. Non. Il restait à Khiva, mais pas inactif. De là, il faisait partir des bandes d'hommes armés pour piller les tribus des Kirghises soumises à la Russie, et d'habiles émissaires pour exciter la méfiance et l’anir:sité religieuse des Khirghises, qui se mettaient à la solde des Russes.

Ces manœuvres eurent un funeste effet. Les Kirghises ne livrèrent à l'armée d’Orenbourg que des bètes de somme affaiblies, décrépites, incapables de supporter une longue fatigue, et ils entreprirent leur tâche de conducteurs avec un mauvais vouloir manifeste, das un état d’insubordination voisin de la révolte.

Ea face des divers dangers qui le menaçaient, M. Péroffsky se mit résolüment en route, comptant sur la fermeté et la force physique de ses soldats.

Au bout de quelques jours de marche, des chameaux tombèrent pour ne plus se relever, Quelques jours après on en perdit encore un plus grand nombre, et il fallait laisser sur le sol Les vivres ou les combustibles dont ils étaient chargés.

La rigueur du froid s’accroissait sans cesse. Elle gelait tous les vêtements, toutes Les provisions, jusqu’au vin qui se changeait en une matière aqueuse, jusqu’à l’eau-de-vie, qui résiste aux plus boréales températures, et dans cette -calamité pas une ville, pas un village, pas une forêt, nul autre abri que la tente sur la terre glacée. Les hommes les plus robustes, les cosaques sibériens, qui avaient bravé tant de rudes hivers, ne pouvaient endurer celui-ci. En s’efforçant encore de marcher, ils tormbaient raidis par le froid ; ense couchant au bivouac, ils s’endormaient du dernier sommeil. À chaque instant le linceul de neige enveloppait une nouvelle victine, et

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l'on n’était encore qu'à moitié chemin de Khiva, et l’on avait tout un long espace à traverser sur le mème sol, dans la même implacable atmosphère, une partie des approvisionnements perdus, une quantité de chevaux anéan!is, la plupart des hommes malades ou démcralisés.

Il n’était pas possible de continuer cette lamentable expédition. M. Péroffsky qui, dès le premier Jour, avait donné à ses soldats l'exemple du courage et de la patience, ordonna la retraite avec une douloureuse résignation et la dirigea avec une admirable fermeté.

Malgré sa vigilance et ses soins assidus, il ne ramenait à Orenbourg qu'un tiers de son armée. Le reste avait péri dans les neiges du désert.

Et Alla-Kouli triomphait de ce désastre dans son repaire de Khiva.

Pendant de longues années, les Russes n’entreprirent plus aucune expédition. Cependant, ils n’oubliaient point leur grave devoir.

Pour protéger leur commerce avec l’Asie, pour donner un moyen de défense et un refuge aux caravanes, ils construisirent des forts sur la côte orientale de la mer Caspienne et sur les rives du Syr-Daria. Ils lançaient des bateaux à vapeur sur le lac Aral. Au nord, à l’est, à lorient, ils braquaient ainsi leurs canons sur la Khivie, et pendant quelque temps la Khivie sembla s’adoucir.

Mais un nouveau khan, un autre Mohammed, la ramena à sa passion de vol et de brigandage, à ses anciennes entreprises contre les Russes. Des bandes de Khiviens et de Turcomans s’en allaient de nouveau avec leurs fusils à mèches et leurs grandes lances, sur la route d’Astrakan et de Bukhara, épier les voyageurs et les marchands pour les soumettre à de rudes exactions, les dévaliser et parfois les amener en esclavage.

Le khan appelait à lui les chefs des diverses peuplades kirghises, leur préchait la guerre contre les infidèles et faisait avec eux un traité d'alliance.

Contre ces actes d’hostilité, la Russie vivement proteste. Le khan n’en continue pas moins ses rapines et ses tentatives d'embauchages.

M. Kaufmann, aide de camp de l’empereur, gouverneur général du Turkestan, le somme par écrit de relâcher immédiatement tous les prisonniers russes, et de cesser tous ses complots avec les Kirghises.

Mohammed ne daigne pas même répondre.

Il falluten finir. Les Russes se trouvaient, à l'égard du khan tartare, dans une situation à peu près semblable à celle de la France en 1830, à l'égard de Hussein- Pacha.

Eu 1850, malgré les hostiles démonstrations de l’Angleterre, notre auguste roi Charles X ordonna l’expédition d'Alger. En 1873, malgré les agissements de la diplomatie britannique, le Tzar ordonna l’expédition de Khiva.

Des colonnes d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie partent de divers points pour converger en même temps vers la capitale du Khanat et se réunir sous le commandement du général Kaufmann. L'armée entière se compose de 14 000 hommes, 20 000 chameaux sont chargés de ses bagages.

Cette campagne des Russes à travers les périls des steppes dans le repaire des Khiviens a été racontée dans un grand nombre de livres et de journaux.

Entre ces narrations, il en est une qui nous a semblé particulièrement intéressante. C’est celle d’un officier allemand, M. Stumm, qui accompagnait en qualité d'attaché militaire le détachement de-Mangyschlack, commandé par le colonel Lamakin. Nous voulons la

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A la fin d'avril, M. Stumm sst parti des rives de la mer Caspienne, avec quatre chameaux pour porter ses provisions, deux chevaux pour lui et son interprète, un cheval de bagage et deux cosaques pour l’escorter.

Le 5 mai, il écrit de sa première station : « Nous subissons ici chaque jour la rigueur des éléments, tantôt le

vent du sud-est, qui produit une chaleur accablante, .

tantôt la brise orageuse enlevant des flots de sable, des tourbillons d'une poussière impalpable qui pénètre à travers les vêtements, entre dans les yeux et dans la gorge, aveugle et sufloque, puis l'épreuve de l'eau. Ce qu'on appelle ici une bonne eau, c’est celle qui n’est pas tout à fait noire, nientièrement fétide, et qu’on peut avaler en y faisant infuser du thé, comme un enfant avale une médecine nauséabonde. »

Cette eau noire, cette eau infecte, un jour vient où l’on se désole de ne plus la trouver. Un jour le détachement de Mangyselack arrive altéré, abattu, à un puits auquel de loin chacun songeait, et de ce puits, malgré tous les efforts, impossible de rien tirer. Pas la moindre goutte d’eau, ni là, ni près de là. En avant, en arrière, de tout côté, le sable aride, le sable brülant. Pas une plante. Pas un insecte. Hommes et chevaux s’affaissent sur le sol. Parmi ceux qui se tiennent encore debout, plusieurs songent que, sans un prompt secours, 1ls doivent dire adieu à la vie.

Ce secours providentiel, tout à coup il est annoncé par des cris joyeux, par deux vigoureux cosaques qui ont été envoyés à la découverte et qui ont trouvé à quelques lieues de distance l'indice d’un autre puits.

À cette heureuse nouvelle, on fait un suprême effort, on se relève et l’on a le bonheur d'atteindre la source

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saumàtre qui apaise enfin les mortelles tortures de la soif.

Plus loin, autre péril. Les puits ne sont pas desséchés, ni encombrés par les sables, mais les Turcomans les ont empoisonnés en y jetant des cadavres d'animaux putréfiés.

À travers tous ses dangers, la valeureuse colonne continue sa marche par des étapes de cinq à six lieues, L’excessive chaleur l’oblige à de longues haltes. Ses chevaux sont faibles, n'étant que très chétivement nourris et abreuvés une fois par jour. Les chameaux n'ont pas les mêmes besoins. S'il faut en croire M, Mouravief, les chameaux de cette contrée peuvent rester, en été vingt jours sans boire,

Sur la route des Russes, l’ennemi n'apparaît pas encore. Il espère que le désert anéantira ces chiens d'infidèles.

Cependant peu à peu les chiens d’infidèles franchissent les dernières lignes de la redoutable région. Les voilà dans l'Oasis de Khivie. Ils ont la joie de contempler la verte terre et de savourer l’eau limpide. Les détachements partis de différents côtés se rapprochent. La division du colonel Lamakin se rejoint à celle du général Verefkin.Toutes deux entrent dans l'enceinte de Koungrad, une importante cité khivienne. Ses habitants, épouvantés par une si incroyable invasion se sont enfuis.

Quelques jours après, le général et le colonel entrent dans une autre ville arrosée par les eaux de l’Amou- Daria, entourée de champs féconds et de jardins superbes.

Pour conquérir ces deux cités, 1l n’avaient eu à soutenir aucun sérieux combat, seulement quelques fusillades de grérillas et quelques escarmouches.

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Plus loin, les Turcomans sont réunis en grand nombre. Ils ont des fusils et des canons, et ils s’élancent au combat avec fureur. Mais ils ne connaissent point la tactique des troupes diciplinées. Leurs armes sont en mauvais état et leurs tirailleurs fort inhabiles. La légion russe, malgré sa faiblesse numérique, oppose à leur impétueuse atlaque une inébranlable résistance. Sa fusillade jette le désordre dans leurs rangs. Son artillerie les foudroye. Bientôt, ils fuient de tous côtés, puis se rejoignent à quelque distance, reforment avec. des renforts un nouveau corps d'armée et engagent une nouvelle bataille où ils sont encore complètement vaincus.

Les Russes sont sur la route de Khiva. Nul escadron ne s'oppose à leur passage.

Le Khan pourrait encore les arrèter en rompant quelques digues autour de sa capitale, et en faisant sauter quelques ponts des canaux larges et profonds. Il n’eut pas cette pensée décisive. La ruse lui était plus naturelle et plus aisée.

Il écrivit au général une lettre enthousiaste dans laquelle il demandait instamment qu’on ne le confondit point avec les Turcomans, ces voleurs, disait-il, qui étaient ses ennemis et qui avaient osé attaquer les Russes. [l aimait et honorait profondément les Russes. Il se réjouissait de les recevoir dans sa résidence et pour leur préparer une réception digne d'eux, il demandait un armistice de quelques jours.

L’honnète Mahmoud espérait gagr : par ces belles paroles, le temps nécessaire pour rallier ses troupes ct fortifier ses remparts.

Le général Vereffkin continua sa marche et alla camper en face de la capitale. Le 8 juin, il disposait ses batteries pour la bombarder; le 9, il la réduisait à

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toute extrémité. Le Khan s'était enfui. Un de ses oncles à qui il avait remis ses pouvoirs, demanda à capituler. Ce jour-là arrivait par le désert de l’est le général Kauffmann. Il entra solennellement dans les murs de Khiva, prit possession du palais, de la citadelle, des édifices publics, délivra immédiatement de leur servitude les captifs', et conclut le traité de paix.

En vertu de ce traité, tout le territoire khivien situé sur la rive droite de l’Amou-Daria, et le territoire situé entre l'embouchure de cette rivière et l’ancien lit de l'Oxus sont cédés à la Russie, avec la faculté de construire des ponts et des ‘jelées sur la rive gauche de l’'Amou-Daria et de prendre les terrains nécessaires pour ces constructions.

Le commerce des Russes avec le Khanat est exempt de tout impôt et leurs navires ont seuls le droit de naviguer sur l’'Amou.

Le khan s'engage à payer à la Russie pour les frais de la guerre, en plusieurs annuités, la somme de cinq millions de francs.

Enfin le khan de Khiva renonce à toute alliance avec d’autres khans ou d’autres souverains et se place entièrement sous le protectorat de la Russie, et nul voyageur, nul marchand, quelle que soit sa nationalité, nulle personne venant de la Russie ne pourra entrer dans le Khanat, sans une permission spéciale du gouvernement russe.

« Le long de l’Amou-Daria, jusqu'à cinq lieues de distance de Khiva, dit un journal officiel de Moscou, nous aurons des forteresses et des garnisons pour maintenir l'effet de ce traité. Sans cette précaution,

{Il y avait là 15 000 esclaves persens qui n’aspiraient qu'à retourner dans leur pays. Ils furent attaqués, chemin faisant, par les Turcomans, et un grand nombre d’entre eux massacrés,

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tout contrat avec les Asiatiques n’est qu’une vaine formalité. »

Nous devons à M. Fred Burnaby la plus récente description de Khiva. M. Burnaby est un de ces Anglais hardis et tenaces que rien n'arrête dans leurs projets de voyages, dans leurs idées d'exploration ou de curiosité,

Un jour, au bord du Nil, en lisant par hasard un article sur l'Asie centrale, il dit :

« J'irai à Khiva. »

On lui réplique : « C'est bien loin.

— J'ai déjà été plus loin.

— Le chemin qui y conduit est très périlleux.

— J'aurais honte de m'en effrayer.

— Nul étranger ne peut entrer à Khiva sans l’autorisation du gouvernement russe.

— J'aurai cette autorisation ou je m'en passerai. »

Capitaine aux guides à cheval, M. Burnaby obtient un congé de trois mois en plein hiver. Il emploiera ces trois mois à faire son voyage. Il traversera le nord de la Russie dans la saison où le thermomètre descend parfois à 40 degrés au-dessous de zéro, où les gens même du pays se calfeutrent dans leurs demeures et n'osent sortir.

Au mois de décembre il part pour Pétersbourg, de là pour la Sibérie et 1l raconte tantôt avec un joyeux humour, tantôt très simplement, ses petites mésaventures et ses réelles souffrances, les mauvais chemins, les sombres gites, les friponneries des aubergistes et des valets, les rigueurs du climat, la neige et le froid.

Pour se préserver du froid, il s'était fait faire à Londres des vêtements extraordinaires. À Pétersbourg, il a dû en prendre d’autres plus efficaces, et en Sibérie d’autres encore.

En quittant Orenbourg il portait quatre paires de bas de feutre, une autre paire de bas en peau de mouton, le poil en dedans, deux pantalons et une pelisse façconnés de même avec ces mêmes toisons. C’est, dit-il, ce qu'il y a de plus chaud.

Avec tout cela, sans le secours de ses compagnons, une nuit il aurait été complètement gelé dans son traineau.

Une autre fois, il avait oublié, en partant, de mettre ses gants fourrés. Il s’endormit. Ses deux mains glissèrent hors de sa pelisse. Tout à coup il se réveilla avec une douleur aiguë, ses ongles étaient bleus, ainsi que le creux de ses mains; le poignet et l’avant-bras ressemblaient à de la cire. Son domestique aussitôt le frotta vigoureusement. Inutiles efforts. Le mal, au lieu de diminuer, s’accroissait.

« Je me suis demandé en ce moment, dit-il, si la souffrance que j'éprouvais était moindre que l’agonie morale sur le giber.

«Il me tardait d'atteindre la station voisine, chaque kilomètre me semblait une lieue, et chaque lieue un voyage de vingt-quatre heures. Enfin nous arrivimes. Je me rendis aussitôt dans la salle d'attente. Trois cosaques étaient là qui me conduisirent dans une pièce voisine, dégagèrent mes bras de tout vêtement, et les plongèrent à nu jusqu’à l’épaule dans un bassin d’eau glacée. Je n'en éprouvai aucune sensation. Mes bras restaient bleus et violacés, inertes dans cette eau.

« Le plus âgé des cosaques me dit en secouant la tôte :

« Mauvaise affaire, frère, vous perdrez les mains.

— Oui, dit un autre, elles tomberont si nous ne parvenons pas à rétablir la circulation. N'auriez-vous pas de l'alcool.»

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« Le domestique alla chercher un flacon d'étain rempli d'esprit de vin. Les cosaques, avec leurs mains calleuses, se mirent à me frictionner le bras de telle sorte qu'ils m’enlevèrent l'épiderme. L'esprit de vin me causa une vive douleur en pénétrant sous la peau, puis un élancement aigu à la jointure du coude. Je tressaillais.

« Cela vous fait mal, dit un des cosaques.

— Oui.

— Tant mieux, et se retournant vers ses camarades, continuons, cria-t-il, continuons, frottons, frottons toujours. »

« Ils continuèrent cette friction jusqu’à m’écorcher, puis de nouveau plongèrent mes bras dans de l’eau glacée, ce qui me fit une douloureuse impression. »

« Très bien, dirent-ils, plus vous souffrirez et plus « vous aurez de chances de guérison. »

« Enfin le plus âgé s’écria : « Vous avez du bonheur. « Sans l'esprit de vin, vos mains se seraient détachées « de vos poignets, et vous auriez peut-être même perdu « les bras. »

« Ces pauvres soldats avaient sous leur rude écorce le cœur bon. Lorsque je voulus offrir à leur chef pour lui et pour ses compagnons un témoignage de ma reconnaissance, il me répondit avec une noble simplicité : «Ne sommes-nous pas frères dans l’infortune ? «Ne nous auriez-vous pas également secourus si vous « nous aviez vus affligés d’une même peine ? »

«Je lui serrai cordialement la main etrevins dans la salle d'attente, où j'avais hâte de m'étendre sur un sopha. Les secousses que je venais de subir m’avaient jeté dans un état complet de prostration. Je souffrais cruellement de l’action de l'esprit de vin, qui avait pénétré dans mes bras, et pendant plusieurs

semaines encore je ressentis les suites de ma négligence et de mon étourderie. »

Dans cette région d'Asie, si cruelle pour l’homme, la saison d'hiver est plus cruelle encore pour les animaux, ces patients serviteurs de l’homme. Dans les jours de froid les plus rigoureux, le kirghise ne donne pas une couverture à son cheval. Il ne lui donne même ni graines, ni fourrages. Les bonnes bêtes abandonnées à elles-mêmes doivent, comme les valeureux poneys que nous avons vus en Islande, chercher sous la neige la petite broussaille, l'herbe menue, leur unique nourriture. Mais quelquefois le maître est puni de sa barbare insouciance. Quelquefois, par un soudain changement de température, la neige molle se transforme en un dur verglas, que les petits chevaux ne peuvent briser. Alors il meurent de faim, et le kirghise perd une partie de son bien le plus précieux. Car, ils sont comme ceux d'Islande, d’une race excellente, ces petits chevaux si maltraités. Dès que le printemps leur a rendu l'herbe nutritive, si amaigris et décharnés qu'ils soient par l'hiver, on les voit reprendre rapidement leurs forces, et 1] en est qui peuvent faire jusqu’à cent vingt et cent quarante kilomètres en un jour.

Ni les périls et les souffrances de la congélation ni d’autres n’ont pu décourager M. Burnaby. Il à traversé intrépidement les steppes d'Orenbourg. Le voilà sur le territoire khivien nouvellement annexé à la Russie, à Karsalinsk, une ville de 5000 âmes où il se fait un commerce de transit assez important. Les Russes y ont bâti un fort et y entretiennent une garnison qui, au besoin, serait soutenue par les canons et les équipages des steamers flottant près de là sur l'Aral.

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